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en Sciences Economiques et Sociales
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Une monnaie unique empêche les crise de change, les dévaluations compétitives, attire les capitaux et favorise une faible inflation.
Prenons un exemple précis pour montrer ce premier aspect. En 1992-93, une phase de récession importante se développait en Europe et notamment en France. En toute logique, il aurait fallu une baisse des taux d'intérêt pour relancer l'activité économique. Mais, en même temps, la réunification allemande se traduisait par une forte augmentation de la demande intérieure qui risquait de dégénérer en forte inflation. Les autorités monétaires allemandes ont donc décidé une hausse des taux d'intérêt qui a attiré des capitaux (rémunération plus forte des placements en Allemagne). Ces derniers ont fuit de nombreux pays européens d'où une baisse des taux de change de diverses monnaies comme la lire, la peseta et la livre (dévaluation de ces monnaies ou sortie du SME, système de change qui limitait les fluctuations de change entre des marges officielles ± 2,25% entre les monnaies jusqu'en 1993 : voir la notion "taux de change"), d'où aussi la nécessité d'augmenter les taux d'intérêt dans les autres pays pour éviter cette fuite de capitaux. Une politique monétaire unique, qui tienne compte de la situation de l'ensemble des pays européens aurait pu être plus efficace : les taux d'intérêt aurait sans doute moins augmenté et la France n'aurait peut-être pas connu la plus forte récession d'après guerre.
Le deuxième aspect est évident car avec une monnaie unique il n'existe pas de taux de change entre les monnaies et les politiques de dévaluation compétitive ne sont plus possibles. Or, par nature, ce genre de politique se fait au détriment des pays ayant des relations commerciales avec le pays qui dévalue (voir là aussi la notion "taux de change").
Enfin, la monnaie unique a été créée dans un cadre qui impose à la BCE de lutter contre l'inflation ce qu'elle s'efforce de faire. Il semble que cette politique ait été efficace puisque l'inflation est restée relativement faible malgré la forte hausse du prix des matières premières et du pétrole depuis le début des années 2000 même si d'autres facteurs peuvent l'expliquer comme la forte concurrence internationale qui freine la hausse des prix.
Mais si les conjonctures nationales divergent, alors une politique monétaire unique n'est pas adaptée.
En effet, avec une monnaie unique et une politique monétaire commune, chacun des pays abandonne son autonomie dans la conduite de sa politique monétaire. L'inconvénient, vous le comprenez bien, est grand quand un pays connaît une situation économique différente de celle des autres pays européens. Quelques mots quand même pour préciser cela. Supposons que dans l'Union européenne il existe un risque d'accélération de l'inflation. Supposons en même temps que dans un des pays, à l'inverse, ce risque d'inflation soit moins ressenti alors que la croissance est faible et le chômage élevé. Cette situation pousse la BCE à augmenter les taux d'intérêt ce qui est néfaste au pays qui connaît déjà une faible croissance : la hausse des taux d'intérêt réduit la demande et donc la croissance économique.