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en Sciences Economiques et Sociales
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La gestion de la monnaie unique est naturellement une prérogative européenne. La monnaie unique européenne, l'euro, a consolidé les avantages de l'intégration économique (voir l'activité "les effets de la création de l'euro"), mais la conduite de la politique monétaire demeure un exercice très difficile.
Il est en effet indispensable d'avoir une politique monétaire commune pour asseoir la "crédibilité" de la monnaie - c'est à dire la capacité à convaincre les agents économiques que les objectifs monétaires annoncés seront effectivement atteint -, et ce alors que les situations économiques des Etats membres sont parfois très diverses. A titre d'exemple, l'inflation en Irlande est en moyenne deux fois plus forte que dans la zone Euro sur la période 2002-2008, du fait d'une croissance plus forte. La politique monétaire commune doit donc permettre de développer à la fois la croissance de la zone Euro dans son ensemble, et ne pas altérer les conditions économiques d'un Etat en particulier. La Banque Centrale Européenne est chargée de conduire cette politique monétaire commune, de manière totalement indépendante des pouvoirs politiques. Cette indépendance est la garantie que la politique menée ne sera pas influencée par un ou des Etats membres à leur seul avantage. Ainsi le président de la BCE, une fois désigné, est totalement libre des décisions qu'il prend dans le cadre des missions de la banque centrale. Il allait de soi lors de la constitution de l'euro que les décisions monétaires seraient du ressort d'une banque centrale indépendante, mais qu'un organe de concertation serait maintenu: c'est l'Eurogroupe qui rassemble les ministres de l'économie et des Finances des pays de la zone euro, auxquels s'ajoutent le président de la BCE et un représentant de la Commission.
La mission principale de la BCE est de défendre la stabilité des prix, et donc d'éviter la propagation de l'inflation dans la zone euro. Elle a notamment pour mandat de réagir à l'évolution de l'indice des prix de l'ensemble de la zone euro (indice des prix à la consommation harmonisé construit par EUROSTAT). En fonction de l'évolution de ces prix, la BCE agit avec deux instruments principaux : le contrôle de la masse monétaire et les taux d'intérêt. En particulier, en maintenant des taux d'intérêt relativement plus élevés qu'ailleurs, la BCE peut limiter l'accès au crédit et la création monétaire (souvenez vous de vos cours de Première sur la monnaie). La création monétaire est en effet une des sources importantes de l'inflation. Certains estiment cependant que la politique monétaire commune privilégie davantage la lutte contre l'inflation que la croissance économique de la zone (voir la question du pacte de stabilité et regardez bien la partie 212).
Le niveau de taux de change n'est pas un objectif particulier de la BCE. Cependant le niveau de l'euro face au dollar a notamment des effets sur l'inflation, via la variation des prix des produits importés. L'Europe a donc implicitement intérêt à s'accorder sur un taux de change qui serait "acceptable" pour l'économie européenne. Ainsi, si l'euro s'apprécie face au dollar, les produits étrangers achetés en dollar paraissent après conversion en euro relativement moins chers : l'inflation importée diminue. C'est en particulier intéressant pour les prix pétroliers.
Certaines politiques communes sont donc la contrepartie directe de l'intégration économique, quand d'autres sont le résultat mécanique de la mise en place de la monnaie unique. Ces politiques communes montrent par ailleurs clairement, par leur existence même, que l'Union Européenne est bien plus qu'une simple zone de libre-échange. Peut-on pour autant parler d'union politique?