1.3.1 - Le commerce international s'est développé depuis la seconde guerre mondiale grâce au choix du libre-échange ; de fait, il a surtout bénéficié aux PDEM.
- Page mise à jour le : 04-05-2011
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Les pays industrialisés ont fait le choix du libre-échange après 1945, ce qui a été un des facteurs du développement des échanges internationaux. Ce choix s'est fait dans le cadre du GATT, qui s'est transformé en OMC en 1995, mais aussi notamment pour la France dans le cadre de la C.E.E. devenue Union Européenne.
C'est durant la seconde guerre mondiale que les Etats-Unis projetaient de créer des institutions internationales capables de sécuriser les relations internationales. Pour ce qui nous concerne ici, les échanges internationaux, il s'agissait d'établir un cadre favorisant ces échanges et permettant d'éviter notamment les dérives protectionnistes des années 30 qui visaient à protéger les producteurs nationaux de la concurrence internationale mais ont eu pour conséquence de fermer les débouchés de chacun des pays, accentuant ainsi la crise économique (mais aussi les tensions nationalistes). Ainsi, des négociations eurent lieu qui aboutirent à la création du GATT(ou A.G.E.T.A.C. en français) entre les 23 pays signataires (dont la France).
- Un commerce international encadré par des institutions et des accords régionaux
- Des institutions, le GATT et l'OMC : du provisoire à l'origine qui a duré jusqu'à nos jours !
Des règles fondamentales découlèrent de la situation de l'époque. Tout d'abord, un système de garanties juridiques permettant le commerce entre pays fut décidé ; ensuite des forums de négociation, les "rounds" (voir pour en savoir plus n°1), durant lesquels se négocient, par exemple, l'abaissement des tarifs douaniers ou la disparition des quotas ont été organisés. Vous devez donc bien voir deux choses : d'une part, avec le GATT, il n'y a pas de libre-échange immédiat et total (les tarifs douaniers existent toujours) ; d'autre part, le GATT est un accord entre États : ce sont les politiques commerciales des États qui sont l'objet de négociations et non les pratiques des entreprises .
En quoi consistent ces garanties juridiques, ce code de bonne conduite ? Il s'agit de la célèbre "clause de la nation la plus favorisée" qui permet un abaissement multilatéral des barrières douanières mais aussi l'interdiction du dumping et des barrières non tarifaires (voir pour en savoir plus 2)
L'OMC (voir notion) qui a remplacé le GATT (voir pour en savoir plus 3 pour connaître leurs différences) est restée fidèle aux principes élaborés par le GATT et donc, au total, le libre-échange s'est développé au cours des 50 ans écoulés et est devenu la règle presque générale des échanges, sur la planète entière. Ce sont donc les États qui ont concouru à son établissement, le libre-échange ne s'est pas installé spontanément. Mais cela ne signifie pas que le protectionnisme ou les tentations protectionnistes aient disparu, au contraire.
- Des accords régionaux
L'existence d'accords régionaux (par exemple celui qui a créé l'Union européenne) a pu engendrer la crainte d'établissement de blocs régionaux fermés au reste du monde. Qu'en est-il en fait ?
Ces accords régionaux sont une exception à la clause de la nation la plus favorisée mais sont acceptés dans la mesure où ils aboutissent à une plus grande libéralisation des échanges au sein de la zone sans pour autant accroître les restrictions aux échanges vis-à -vis des pays hors de la zone. Ainsi un commerce supplémentaire serait créé entre les pays de la zone, conforme aux avantages supposés du libre-échange. Mais ces accords ne risquent-ils pas aussi d'aboutir au fait que les pays de la zone privilégiant les échanges entre eux échangent moins avec les pays extérieurs ? N'y a-t-il donc pas ce que l'on appelle un détournement de commerce : les entreprises sur le territoire français ne vont-elles pas acheter plus de biens d'équipement ou d'automobiles à l'Allemagne qu'au Japon, les droits de douane n'existant plus pour l'importation de produits allemands alors qu'ils restent les mêmes vis-à -vis des produits japonais ?
L'exemple européen montre que le fait que les échanges de l'Union européenne se soient développés très rapidement entre pays membres n'a pas empêché un développement encore plus rapide des échanges avec les pays hors Union européenne.
- Le développement des échanges depuis 1945 se fait surtout entre les pays industrialisés mais ces échanges se transforment.
- Le commerce international est essentiellement un commerce entre pays développés et ceci n'a pas vraiment changé depuis la seconde guerre mondiale. En effet, en 1948 comme en 2003, le commerce international des PDEM représentait un peu moins de 70% du commerce mondial.
- Cette permanence est d'autant plus remarquable que la croissance du commerce mondial a été particulièrement forte durant cette période. En effet, depuis 1950, le commerce mondial a toujours augmenté plus vite que la production mondiale. Cela signifie que les économies nationales sont de plus en plus " ouvertes ", c'est-à -dire que leur degré d'ouverture augmente : une part croissante de la production nationale est vendue à l'étranger et, parallèlement, une part croissante de la demande du pays est satisfaite par des produits venant de l'étranger. Cela s'accompagne d'une interdépendance de plus en plus grande entre pays (en terme de demande) et cela d'autant plus que les marchés financiers sont reliés aussi entre eux (c'est la globalisation financière : voir pour en savoir plus).
- Cette croissance du commerce international s'est faite selon un rythme différent selon les produits : elle est beaucoup plus rapide pour les produits manufacturés que pour les produits primaires entre 1950 et 2005 . On pourrait penser que ce développement rapide des échanges de produits industriels avantage les pays déjà développés qui les produisent. Et cela a bien été le cas jusqu'au début des années 1970. Mais depuis, les choses ont bien changé. Vous connaissez l'exemple de la Chine mais on pourrait l'élargir à d'autres pays comme les NPI d'Asie : ceux-ci tendent à devenir "l'atelier du monde" comme il est souvent dit. Et la part des produits manufacturés dans le total des exportations des pays en développement (PED) est passé de 7% en en 1960 à environ 70% aujourd'hui ! C'est donc un changement majeur du commerce mondial : des concurrents de poids viennent bousculer les PDEM. La Chine qui était le 21ème exportateur mondial de marchandises en 1973 est devenu le 4ème en 2003. Autres exemples : la Corée du Sud est passée du 38ème rang au 12ème, la Malaisie du 40ème au 20ème, la Thaïlande du 51ème au 24ème !
- Quant aux échanges de services, leur croissance est plus récente mais très rapide. Résultat : la part des services dans les échanges internationaux s'accroît rapidement, elle est de l'ordre de 20% en 2002 alors qu'elle n'était que de 15% en 1980. Cependant une part importante des services reste relativement difficilement exportable : services non marchands comme l'enseignement (même si BRISES est utilisée dans le monde entier !), services aux personnes comme la santé, par exemple car ils sont non stockables et leur consommation est souvent liée à des habitudes culturelles. Ils constituent ce que l'on appelle le " secteur abrité ", c'est-à -dire abrité de la concurrence internationale. Ce secteur abrité peut être considéré comme un gisement d'emplois pour lesquels le coût salarial a peu d'importance puisqu'il n'y a pas de concurrence venant d'autres pays.
Conclusion : les pays développés à économie de marché continuent de réaliser la part la plus importante des échanges mondiaux (plus des deux tiers) mais ils sont de plus en plus concurrencés sur les produits industriels par de nouveaux concurrents (Inde, Chine, par exemple). Le développement des échanges de services est très rapide depuis le début des années 1980. Comme les échanges internationaux se développent plus rapidement que la production, les économies sont de plus en plus ouvertes et interdépendantes.