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Banque de Ressources Interactives
en Sciences Economiques et Sociales
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Chercher à améliorer sa compétitivité a toujours été un objectif pour une entreprise. Mais aujourd'hui, ce qui distingue les firmes transnationales des autres entreprises, c'est que leur stratégie est mondiale et qu'elles mettent donc en concurrence des espaces nationaux. Et elles le font d'autant plus que les firmes transnationales peuvent se livrer, entre elles, une concurrence féroce. On pourrait penser que cette concurrence va profiter à tous (par la baisse des prix qu'elle occasionne, en particulier) mais, dans la réalité, les choses ne sont pas si simples et ces stratégies, qui sont au cœur de la mondialisation de l'économie, posent des questions aux Etats Nations qui restent le mode d'organisation politique du monde, aujourd'hui. Ce sont donc ces questions que nous allons maintenant aborder.
Les conséquences sur la qualification des emplois et la montée des inégalités dans les pays développés. Les stratégies des firmes transnationales face à la mondialisation ont des effets sur la qualification des emplois proposés dans les pays développés. Dans le cas de la différenciation des produits, les produits deviennent de plus en plus complexes, incorporant de plus en plus de technologies et les incorporant de plus en plus rapidement. Cela nécessite une main d'œuvre de plus en plus qualifiée, excluant ainsi les travailleurs les moins qualifiés de l'emploi dans les firmes transnationales mais aussi dans leurs sous-traitants qui ont les mêmes exigences au niveau de la qualité. Les délocalisations aboutissent à peu près au même résultat : en transférant les emplois les moins qualifiés dans d'autres pays, se développent dans le pays d'origine des emplois de gestion, de contrôle, etc., tous emplois nécessitant des qualifications élevées.
Quels sont les effets de ces transformations des emplois sur les inégalités ? Au même titre que le progrès technique, la mondialisation supprime dans les pays développés les emplois les moins qualifiés. Les emplois qu'elle développe sont d'une part des emplois qualifiés soit en amont du processus productif lui-même soit pour gérer la complexité de la répartition des tâches entre les pays, et d'autre part des emplois nécessitant une grande flexibilité pour permettre d'adapter l'offre aux variations de la demande.
Résultat : les travailleurs ne pouvant présenter des qualités sur un de ces deux plans ne trouvent plus d'emploi. Cela accroît donc les inégalités puisque un travailleur peu qualifié, désavantagé sur le plan du salaire, sera de plus menacé sur le plan de l'emploi, avec peu de perspective de sortir du chômage s'il a été licencié. Ces travailleurs vont donc constituer le noyau dur du chômage.
Enfin, la recherche de la compétitivité à tout prix débouche sur une remise en cause de tout ce qui peut contribuer à élever le coût du travail (protection sociale, en particulier) et/ou de tout ce qui peut limiter sa flexibilité (réglementation du travail, par exemple). Elle augmente aussi le stress au travail, donc sa pénibilité, comme le montrent toutes les études statistiques sur le sujet. Sur tous ces plans, la mondialisation accroît la pression sur les travailleurs les plus fragiles et contribue donc à l'augmentation des inégalités.