2.1.3 - Le développement des entreprises transnationales engendre le développement d'échanges internationaux.
- Page mise à jour le : 13-01-2009
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Les FTN accroissent les flux d'échanges internationaux, principalement parce qu'elles pratiquent un commerce international intra-firme : elles s'échangent, entre filiales de la même transnationale, des produits en cours de fabrication. Ceci augmente considérablement les flux d'import export entre nation. Pour autant, ce développement du commerce international sort en grande partie de la logique marchande : les prix pratiqués au sein des FTN ne correspondent pas toujours à un arbitrage de marché, mais découlent des stratégies des entreprises pour optimiser la rentabilité du siège ou d'une filiale particulière de manière un peu artificielle.
- L'existence des entreprises transnationales génère du commerce intra firme : celui ci représente l'ensemble des échanges de biens internes à une FTN entre la maison mère et ses filiales ou entre ses filiales. Par exemple, Renault assemble des Modus et des Clio à Valladolid en Espagne. Les châssis viennent de France, de même que certains moteurs; l'entreprise les exporte donc pour les monter en Espagne. Elle importe ensuite les Clio et Modus pour satisfaire le marché français. Le châssis passe donc deux fois la frontière, ce qui donne lieu à chaque fois à une comptabilité dans les flux d'échange. Certains composants peuvent passer ainsi 4 ou 5 fois des frontières avant que le produit ne soit finalement vendu. Il est malheureusement très difficile de calculer la part des échanges intra-firme dans l'ensemble des flux commerciaux internationaux. Des estimations indiquent qu'ils représentent désormais entre 30 et 40% du total des échanges. Pour la Chine, on estime même que 50% de ses exportations mondiales sont en réalité le fait d'un commerce intra-firme. On voit donc clairement que l'activité des firmes transnationales "gonfle" le volume du commerce mondial.
- Ce commerce intra-firme ne correspond pas strictement à une logique de marché : la tarification des échanges ne repose pas sur des prix nés d'une mise en concurrence par le marché mais sur un arbitrage comptable interne à la firme. En effet, rien n'oblige la firme à respecter une tarification conforme ne serait-ce qu'au coût de production : le prix d'échange résulte de calculs d'optimisation au niveau de la firme globale. Ces firmes auraient ainsi la possibilité d'annuler en particulier l'effet des charges fiscales. Par exemple, si l'imposition sur les sociétés en France est comparativement plus importante que celle d'un autre pays avec qui une FTN pratique un commerce intra-firme, cette FTN peut minimiser la valeur, donc le prix, des productions fabriquées en France et exportées, et augmenter conjointement la valeur des productions importées en France. L'intérêt serait de réaliser son profit dans l'autre pays plutôt qu'en France (grâce au prix des importations et exportations), pour bénéficier de l'impôt sur les bénéfices le plus faible. Du fait de ces manipulations possibles, on ne sait pas très bien quelle signification donner aux flux résultant de ces échanges intra-firme : leurs valeurs ne peuvent pas être considérées comme extrêmement significatives.
- Il y aurait aujourd'hui 80 000 FTN dans le monde, disposant de 900 000 filiales. Un tiers au moins des échanges mondiaux lierait les FTN à leurs sous-traitants. Si on ajoute aux échanges intra-firme les échanges où l'un au moins des co-contractants est une firme transnationale, ce sont 92% des échanges mondiaux qui sont concernés. On voit que la mondialisation ne saurait se passer des firmes transnationales ! Le processus est loin d'être achevé : on voit aujourd'hui se développer des accords d'alliance/coopération entre firmes transnationales sur des produits particuliers ou des segments de marché comme entre PSA Peugeot-Citroën et Fiat (production de Peugeot Boxer, de Citroën Jumper et de Fiat Ducato) . On observe également le développement de réseaux d'entreprises : les firmes transnationales, au lieu de continuer à augmenter le nombre de leurs filiales en rachetant ou en créant des entreprises à l'étranger, se contentent de conclure des contrats commerciaux avec des entreprises partenaires à l'étranger, contrats prévoyant par exemple la fourniture de tel ou tel produit avec des caractéristiques bien précises dictées par la firme transnationale comme le fait Nike avec des sous-traitant dans diverses régions du monde. L'avantage est la souplesse qui en résulte pour la transnationale : un contrat commercial peut être rompu ou non reconduit extrêmement facilement alors qu'une participation dans le capital d'une entreprise est beaucoup plus difficile à liquider.
Conclusion : Les entreprises transnationales participent à la mondialisation des échanges en accentuant la division internationale du travail par la DIPP, dans le but de bénéficier des avantages comparatifs propres aux pays d'implantation. Leur développement s'observe statistiquement par la progression très rapide depuis vingt ans des IDE. Ceci conduit naturellement à accélérer les échanges internationaux, notamment parce que l'on observe un commerce intra-firme de plus en plus développé.