2.2.1 - L'internationalisation des entreprises leur permet d'augmenter leur compétitivité.
- Page mise à jour le : 13-01-2009
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La compétitivité, c'est la capacité à résister à la concurrence. Cette compétitivité se construit sur deux plans : la compétitivité-prix (les entreprises cherchent alors à agir sur leurs prix de manière à avoir un prix inférieur à celui de leurs concurrents, espérant ainsi que les consommateurs achèteront leur production de préférence à celle de leurs concurrents) et la compétitivité structurelle ou hors-prix (ou même compétitivité produit), les entreprises cherchent alors à agir sur les caractéristiques du produit, caractéristiques capables de le faire vendre malgré un prix relativement plus élevé que celui des concurrents. Ces caractéristiques, cela peut être par exemple l'image de marque, la fiabilité, le réseau de service après-vente, etc. La compétitivité structurelle peut dépendre aussi de la qualité de la main d'œuvre, de la qualité des infrastructures collectives. [Pour plus de détails sur la compétitivité, voir la notion]
- L'internationalisation permet d'augmenter la compétitivité-prix en profitant des différences internationales des coûts des facteurs de production et en permettant de contourner les barrières protectionnistes.
Les firmes transnationales vont avoir une stratégie de localisation de la production en fonction des caractéristiques propres de chaque espace national de manière à maximiser leurs profits. La division du processus de production entre des pays différents exploite les différences de conditions de production entre les pays : dans certains pays, les matières premières sont peu chères, dans d'autres ce sont les impôts ou le coût du travail. Les firmes transnationales vont chercher à profiter de tous ces avantages à la fois. Comment ? En investissant (par des IDE) dans les pays où les conditions de production les intéressent. Par exemple, si la confection de vêtements est moins coûteuse en Corée du Sud du fait du très bas niveau des salaires qu'en France, une FTN va implanter son usine de confection là -bas. Cependant, la firme peut considérer que ce pays d'accueil ne dispose pas de stylistes de qualité et va donc installer son unité de conception des vêtements en France. Elle divise donc le processus productif et localise sa production là où cela lui coûtera globalement le moins cher, tout en bénéficiant des avantages de chacun des pays.
La FTN peut également améliorer sa compétitivité-prix en contournant des barrières protectionnistes : une barrière protectionniste, c'est soit des droits de douane, soit des contraintes pour les produits entrants dans le pays ; dans les deux cas, elle coûte cher et donc augmente le prix du produit. En fabriquant le produit dans le pays, on évite ces coûts, donc on améliore la compétitivité-prix du produit.
- L'internationalisation permet d'augmenter la compétitivité structurelle en poussant les FTN à différencier leurs produits.
La différenciation des produits permet à l'entreprise d'apparaître comme la seule fabriquant ce produit, de détenir donc un monopole, limité certes (à un produit très précis et sur une période probablement courte) mais un monopole quand même, qui permet donc à l'entreprise d'engranger des profits substantiels. La stratégie de différenciation des produits impose des investissements en recherche-développement importants : il faut innover, autant sur le plan des caractéristiques techniques des produits que sur les méthodes de commercialisation et de présentation des produits.
La différenciation des produits s'accompagne, sur le plan technique, de la nécessité d'une grande souplesse des outils de production et des circuits de distribution, de manière à être le plus réactif(s) possible(s) aux transformations du marché (effets de mode, par exemple). Elle répond aux désirs des consommateurs de se différencier des autres consommateurs. Elle permet d'apporter une réponse aux impératifs de la compétitivité en déplaçant le problème : si l'on fabrique un produit différent de ceux fabriqués par les autres producteurs, on échappe (souvent très momentanément) aux impératifs de la compétitivité.
Cette différenciation permet aussi de mieux prendre en compte les spécificités culturelles des consommateurs : ainsi par exemple, alors que dans beaucoup de pays européens, on consomme des œufs à coquille complètement blanche, l'introduction de ces œufs en France s'est révélé un échec commercial. En effet, les Français sont attachés à une coquille d'œuf colorée, gage de qualité et de naturel, pensons-nous… Une entreprise qui veut produire pour un marché mondial ne peut pas ne pas tenir compte de ces spécificités.
Le choix stratégique entre compétitivité-prix et compétitivité hors-prix dépend d'abord de la nature du produit : quand on produit des chaussettes, par exemple, le prix est un argument de vente essentiel ; quand on vend des machines outils pour la production industrielle, la fiabilité est essentielle pour le client ; quand on vend des chaînes hi-fi, on doit choisir entre une stratégie relativement bas de gamme fondée sur des prix compétitifs ou une stratégie haut de gamme fondée sur la qualité et les innovations technologiques. La localisation de la production est une conséquence de cette décision stratégique