1.2.1 - Le protectionnisme éducateur : l'Etat protège les entreprises nationales jusqu'à ce qu'elles soient en mesure d'affronter la concurrence internationale.
- Page mise à jour le : 13-01-2009
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Cette idée de la nécessité de protéger certaines industries du pays de la concurrence internationale n'est pas récente, nous allons le montrer en exposant la théorie de F. List, qui date du 19ème siècle.
- Le protectionnisme éducateur de Friedrich List : cet économiste allemand a pris position au milieu du 19ème siècle contre le libre-échange généralisé pour les pays non encore industrialisés. Son raisonnement était le suivant : comme toutes les spécialisations ne se valent pas, comme il vaut mieux fabriquer des produits manufacturés modernes que des produits primaires, le pays doit fermer ses frontières à ces produits modernes pour permettre la naissance et le développement des jeunes industries (ou " industries dans l'enfance ", comme disait List). En effet, si on n'établissait pas de protectionnisme, les produits étrangers modernes arriveraient en masse dans le pays, à un prix bas du fait de l'expérience et des économies d'échelle réalisées par les entreprises étrangères. Résultat : les entreprises du pays ne pourraient pas rivaliser et devenir compétitives car, au début du processus de production (lorsqu'un nouveau bien est produit), les coûts sont toujours élevés. Finalement, les entreprises modernes ne se développeraient jamais dans le pays. Pour List, le libre-échange est donc une machine de guerre aux mains des pays les plus avancés, à son époque surtout le Royaume-Uni, berceau de la première révolution industrielle. Les pays moins en avance à l'époque (l'Allemagne, par exemple) n'ont donc intérêt à mettre en oeuvre le libre-échange que dans les branches où ils n'ont pas d'industries naissantes à protéger. Mais List a souligné que le protectionnisme devait n'être que partiel (certaines branches seulement) et temporaire car il favorise les prix élevés au contraire du libre-échange qui accroît la concurrence et fait donc pression à la baisse sur les prix.
- Aujourd'hui, si la plupart des Etats sont d'accord, au moins officiellement, pour reconnaître le bien-fondé du libre-échange, un certain nombre font cependant observer que si le libre-échange génère bien des gains, ceux-ci ne sont pas forcément partagés également, d'où l'intérêt pour un Etat d'essayer de peser pour profiter au maximum de ces gains. Dans ce contexte, l'Etat peut alors avoir intérêt à encourager ou à défendre certaines activités qui permettent de gagner davantage au libre-échange.
On le voit, ici, les Etats ne contestent pas l'intérêt du libre-échange dans son principe. Ils sont protectionnistes car ils pensent que le libre-échange peut être temporairement dangereux pour leur pays.