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en Sciences Economiques et Sociales
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A long terme, depuis le début du XIXe siècle, il semble que les niveaux de vie des différents pays aient augmenté de manière très différente (voir § 2.1.3. du chapitre introductif). Les inégalités se sont donc accrues entre les pays.
Mais le caractère destructeur du commerce international pour la croissance de certains pays peut être invoqué aussi! En effet, l'efficacité des entreprises des pays ayant connu la révolution industrielle a pu faire disparaître les entreprises industrielles des autres pays : ces dernières n'ont pu se développer ce qui a bloqué la croissance économique et donc accru les inégalités de niveau de vie entre pays. L'exemple type est bien sûr les évolutions inverses de croissance économique et d'augmentation de niveau de vie de l'Angleterre et de l'Inde du fait notamment de la disparition des industries textiles en Inde.
Pourquoi la Chine (notamment) a vu son niveau de vie se rapprocher un peu de celui des pays développés ? Comment encore une fois expliquer la différence de croissance économique ? Quel lien faire avec le commerce international ? La croissance de la Chine a été depuis le début des années 80 supérieure à 9%, celle de l'Inde se rapproche de celle de la Chine alors que celle des pays développés est restée inférieure à 3%.En dehors des facteurs que vous connaissez comme l'importance des facteurs de production (importante main d'œuvre disponible en Chine comme en Inde, transferts de population active vers des secteurs à forte productivité, etc.) ou comme les gains de productivité, il se peut que l'ouverture extérieure ait pu jouer un rôle positif. La Chine, non seulement a abandonné un système économique planifié pour une économie de marché, mais s'est intégrée au marché mondial en jouant sur le très faible coût de sa main d'œuvre : c'est la base de sa stratégie de croissance qui a été une réussite : elle est devenue un des " ateliers du monde ". De ce point de vue la mondialisation a pu réduire les inégalités entre la Chine et les pays développés et, eu égard à la taille de la Chine, réduire les inégalités mondiales. D'autres exemples pourraient être rappelés notamment celui de la Corée du Sud pour appuyer cette analyse. (Relisez le paragraphe 133)
Cependant, et vous le savez déjà , une spécialisation sans avenir peut se révéler désastreuse pour l'économie d'un pays comme dans le cas des matières premières agricoles dans de nombreux pays en développement. Tout dépend dans ce cas de l'évolution des termes de l'échange : favorable dans les années 70 pour les pays en développement, défavorable par la suite jusqu'à récemment.
Et, de manière plus générale, les gains à l'échange (si gains il y a) ne vont pas automatiquement , de toute évidence, aux pays les plus pauvres.
Conclusion : l'insertion dans les échanges internationaux a été pour certains pays un levier réel pour accéder au développement. Mais on l'a vu, il ne s'agit pas de simplement ouvrir le pays aux échanges. Il faut une réelle volonté politique, collective, de construire son propre développement. Les écueils sont donc nombreux et pour bon nombre de pays, le développement semble encore bien lointain. L'insertion en elle-même n'est pas forcément source de développement. Elle peut même engendrer des effets très négatifs sur le développement.
Le libre-échange a une utilité qui n'est plus contestée pour la croissance, il n'en reste pas moins que les dangers auxquels il expose l'ensemble des acteurs économiques justifient sans doute qu'il soit encadré. Le libre-échange oui, mais pas un libre-échange sauvage, un libre-échange qui prenne en compte les inégalités de développement et les effets sociaux de la concurrence internationale exacerbée, bref ce que certains appellent un libre-échange soutenable. Cela suppose que le libre-échange soit réglementé et, pour cela, qu'il y ait une autorité politique mondiale capable d'imposer cette réglementation. Nous reparlerons de cette question dans la dernière partie de ce chapitre. Auparavant, nous allons voir comment les entreprises ont joué un rôle moteur dans le processus de mondialisation.