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en Sciences Economiques et Sociales
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En effet, les cultures sont encore loin d'être partout les mêmes et le mouvement de transformation d'une culture, du fait de la rencontre avec une autre culture, a toujours existé. On peut également observer que se développe aujourd'hui un mouvement de revendication de la différence, qui montre que la mondialisation ne débouchera pas obligatoirement sur l'uniformisation culturelle.
Une culture n'existe pas en tant que telle, isolée des autres cultures. Même dans les temps plus anciens où les transports, et donc les échanges, demandaient plus de temps, il y a toujours eu des contacts entre cultures. Et ce sont ces contacts qui contribuaient à transformer, et donc à construire, la culture. C'est bien ainsi que se sont construites les langues, par exemple, et l'on sait l'importance de la langue pour la culture. Il y a donc d'abord des emprunts réciproques, même quand une culture est dominante et impose certains de ses éléments. Les échanges ne sont jamais à sens unique. Ainsi les Italiens ont-ils réussi à imposer aux Etats-Unis la pizza (alors qu'ils étaient loin d'y être dominants) Mais, et l'exemple de la pizza peut très bien le montrer, ces emprunts à une autre culture sont réinterprétés en fonction des habitudes, des normes et des valeurs caractéristiques de la culture qui importe l'élément (la pizza américaine n'a plus grand chose à voir avec la vraie pizza italienne). Ces réinterprétations finissent par intégrer la nouveauté à la culture, de manière à ce qu'elle ne soit plus une nouveauté, c'est à dire qu'elle fasse partie intégrante de la culture commune. Si la mondialisation contribue bien à la diffusion de la culture occidentale, on peut donc penser que les autres cultures vont petit à petit "acclimater" ces nouvelles caractéristiques culturelles en les transformant, de manière à ce qu'elles fassent système avec leur propre culture sans que celle-ci disparaisse réellement.
Il faut donc se méfier d'une analyse trop rapide de l'évolution de la consommation comme uniformisation. Parfois, l'emprunt à une autre société peut avoir un sens revendicatif ou alors la consommation peut avoir une signification sociale différente d'une société à une autre. Ainsi, le port du jean pour une femme n'a sans doute pas le même sens en France qu'en Iran aujourd'hui, de même, d'ailleurs, que le voile islamique.
Malgré tout, la mondialisation économique et culturelle est une réalité qui a pu déboucher sur un rejet des valeurs qui se diffusent, par exemple les valeurs occidentales. Cela peut être une interprétation de la révolution iranienne de 1979 qui a vu triompher l'ayatollah Khomeini et ses partisans face à l'occidentalisation forcée du régime précédent.
En conclusion, si l'on voit bien qu'il y aujourd'hui une tendance à la mondialisation culturelle, on peut dire que celle-ci n'est pas forcément synonyme d'uniformisation. Le poids des pays occidentaux, et des Etats-Unis en particulier, peut laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Mais il ne faut pas négliger le fait que les cultures ont toujours su intégrer des éléments d'autres cultures et que, parce qu'elles sont le ciment de la société, elles ont une force qui leur permet de résister à certains changements. Cependant, la montée de la contestation de la mondialisation et des conflits à son propos montre bien la nécessité d'une régulation qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes. C'est ce que nous allons voir maintenant.