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en Sciences Economiques et Sociales
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Le mot toyotisme vient de la marque automobile Toyota. Ce mode d'organisation a donc d'abord été mis en place dans cette entreprise, puis au Japon en général. Dans un contexte de saturation progressive des marchés à la fin des années soixante, l'entreprise Toyota comprend avant les autres que pour conquérir des clients il faudra désormais leur proposer un plus grand choix de produit et des produits de meilleure qualité. L'organisation du travail qui va se mettre en place dans cette entreprise va répondre à ce double objectif.
Dans le système fordiste qui produit en grande série, on ne peut satisfaire une demande de diversification qu'en acceptant des stocks importants. Par exemple, si on veut pouvoir offrir le choix de la couleur de la voiture, il faut produire beaucoup de voitures rouges, bleues, blanches, … dans la mesure où on ne sait pas à l'avance ce que choisira le consommateur. Cela génère des stocks très importants : les couleurs les moins choisies attendent plus longtemps avant d'être vendues, et cela coûte très cher.
Toyota a donc développé le principe du juste-à -temps : il faut produire ce que veut le consommateur, quand il le veut. La production, et donc le travail, sont donc organisés pour répondre le plus vite possible aux variations de la demande. Concrètement, cela signifie que l'on demande une plus grande flexibilité aux travailleurs comme aux machines, qui doivent pouvoir "passer" d'une production à l'autre. Les fournisseurs doivent aussi pouvoir répondre dans les temps aux besoins de l'entreprise. Par exemple, on ne commandera les sièges à l'équipementier que lorsque l'on démarrera la production de la voiture. Tout cela suppose une mise en réseau très délicate de toutes les étapes de la production qui doivent réagir très rapidement les unes vis-à -vis des autres, donc un système de décision dans l'entreprise moins centralisé et moins hiérarchisé.
Les entreprises organisées selon le système fordiste avaient un gros problème de qualité : plus les cadences s'accéléraient, et plus les erreurs se multipliaient, quand il ne s'agissait pas d'actions de négligence volontaire d'ouvriers en conflit avec l'entreprise ou l'encadrement. Le système de direction très centralisé ne permettait pas de résoudre ce problème aisément : toute initiative des exécutants étant proscrite, il n'était pas possible de réparer les défauts sur le champ.
Le système toyotiste va surmonter cette difficulté en revenant partiellement sur la division verticale du travail. On va redonner plus d'autonomie aux salariés en leur confiant par exemple le contrôle de la qualité et l'initiative de réaliser les réparations ou encore les corrections ou ajustements nécessaires dans la production. Cette évolution était rendue d'autant plus facile que le niveau de formation générale des salariés s'était considérablement amélioré.
De même, le système toyotiste va tenter de lutter contre le désintérêt des ouvriers pour leur travail en diversifiant leurs tâches, non pas en revenant sur la parcellisation du travail, mais en effectuant une rotation des ouvriers d'une tâche à l'autre. Des ouvriers plus motivés se révèleront plus efficaces et plus capables d'initiatives profitables à l'entreprise.
Le toyotisme a été une façon de résoudre certains des problèmes que posait le fordisme. Cela ne signifie nullement que c'est la solution miracle : d'une part, le fordisme a su trouver certaines solutions, d'autre part, le toyotisme lui-même a rencontré des difficultés. Cela montre bien une chose que l'on ne doit pas oublier : le capitalisme est un système dynamique qui se transforme sans cesse. Il n'y a jamais de solution définitive ou de remède miracle. Le temps et le moment dans l'histoire sont toujours à prendre en compte quand on essaie de comprendre comment nos sociétés fonctionnent.