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Banque de Ressources Interactives
en Sciences Economiques et Sociales
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On a vu que, dans l'industrie, les organisations du travail se sont succédées chronologiquement, chacune solutionnant les problèmes rencontrés par la précédente. Cela ne signifie cependant pas que les organisations du travail les plus anciennes disparaissent, et ce pour plusieurs raisons.
Le développement du tertiaire (voir la deuxième section de ce chapitre) conduit les entreprises de ce secteur à chercher à faire des gains de productivité importants pour répondre à une demande croissante. De plus, elles doivent utiliser la main d'oeuvre "rejetée" par les autres secteurs, main d'oeuvre qui, du fait de sa reconversion, n'a pas toujours des qualifications adaptées au travail tertiaire. D'ailleurs, pour séduire les consommateurs par la baisse des prix, ces entreprises ont aussi intérêt à utiliser une main d'oeuvre peu qualifiée. C'est pourquoi on voit le taylorisme se développer dans les services où il permet, comme naguère dans l'industrie, de faire des gains de productivité en utilisant une main d'oeuvre non qualifiée. La restauration rapide est un exemple de taylorisation des services : les gestes de production d'une pizza ou d'un hamburger sont prévus à l'avance, standardisés, répétitifs et chronométrés, de façon à pouvoir être accomplis par n'importe qui au moindre coût, à l'inverse d'un grand restaurant où c'est la qualification et la compétence du cuisinier qui assurent la réussite du produit final.
Par ailleurs, la mondialisation conduit les entreprises à délocaliser certaines de leurs productions dans les pays en voie de développement où la main d'oeuvre est meilleur marché, mais aussi moins qualifiée (voir le chapitre 6). Il est alors utile, dans ces pays, d'organiser le travail sur un mode tayloriste ou fordiste. Les procédures de production sont pensées une fois pour toute dans les pays développés et "transportées" dans les pays à bas coût de main d'oeuvre où l'on ne demande pas aux travailleurs d'innover.
Enfin, l'internationalisation des firmes fait que, de plus en plus, les consommateurs et les producteurs ne sont pas situés dans les mêmes pays, ni même dans les mêmes aires géographiques.Dès lors, il est difficile pour l'entreprise de considérer que les salaires qu'elle verse vont, même indirectement, alimenter la demande de ses clients. Certains ont vu alors la base d'une rupture du "cercle vertueux de la croissance fordiste" et le retour à une vision plus classique du partage de la valeur ajoutée.