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en Sciences Economiques et Sociales
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Le progrès technique ne se fait pas dans tous les secteurs au même rythme, autrement dit, les gains de productivité sont variables selon les secteurs de l'activité économique. De la même manière, la demande n'augmente pas aussi vite pour tous les biens et services. Cela a des conséquences directes sur la structure de l'emploi par secteur d'activité , conséquences que nous allons expliquer en comparant le rythme de croissance des gains de productivité avec celui de la demande dans chaque secteur.
Titre : Répartition de l'emploi par secteur d'activité en France (en% de la population active occupée)
| - |
1949 |
1968 |
1990 |
1997 |
2001 |
2007 |
|
Secteur primaire |
30 |
16 |
6 |
4 |
4 |
3 |
|
Secteur secondaire |
33 |
37 |
29 |
25 |
23 |
20 |
|
Secteur tertiaire |
37 |
47 |
65 |
71 |
73 |
77 |
Source : Jean-Pierre DELAS, Economie contemporaine, Ellipses, 2001, T.E.F.2002-2003 pour l'année 2001et site INSEE pour 2007
Dans le secteur primaire, la demande augmente peu alors que les gains de productivité sont très forts, donc l'emploi se réduit.
La demande a une assez faible élasticité, que ce soit par rapport au revenu ou par rapport aux prix. Cela signifie que même si les prix des produits agricoles baissent ou si notre revenu augmente, nous ne consommons pas beaucoup plus de produits agricoles, et cela parce que nous mangeons en général à notre faim depuis longtemps et parce que les produits du secteur primaire sont de moins en moins utilisés dans l'industrie. Pourtant, dans l'agriculture, la productivité a augmenté très rapidement depuis le milieu du 20ème siècle. Le résultat logique, c'est que l'agriculture s'est retrouvée avec trop de bras, il a fallu que les agriculteurs, et encore plus les fils d'agriculteurs, quittent les campagnes. Le nombre d'emplois dans l'agriculture a chuté et sa part dans la population active n'atteint même pas 3% aujourd'hui en France.
Dans l'industrie, la productivité a beaucoup augmenté, mais, jusqu'à la fin des années 60, la demande a elle aussi beaucoup augmenté.
De 1945 à 1975, c'était la période d'équipement des ménages en voiture, en électro-ménager, etc. Résultat : l'emploi dans le secteur secondaire a continué de se développer jusqu'à la fin des années 60.Depuis, la demande a progressé moins vite (on a surtout une demande de remplacement pour les produits "habituels", avec une demande augmentant rapidement pour les produits nouveaux, comme cela a été le cas des magnétoscopes, par exemple) alors que la productivité a continué d'augmenter rapidement. La part du secteur secondaire dans l'emploi s'est alors mise à diminuer. Aujourd'hui, si l'on inclut le bâtiment dans le secteur secondaire, celui-ci représente environ le quart de la population active en France.
Dans le tertiaire, c'est-à -dire les activités de services, les gains de productivité ont été faibles tandis que la demande s'est accrue fortement, donc l'emploi s'est développé.
Les transformations structurelles de l'emploi à long terme sont très importantes et directement liées au rythme différentiel que connaît le progrès technique dans les différents secteurs. Mais elles dépendent tout autant du rythme de progression de la demande, lui aussi très variable selon les branches. C'est donc en comparant les deux évolutions qu'on arrive à comprendre les transformations structurelles de l'emploi par secteur.
Soulignons que la structure des emplois par branche ou par secteur n'est pas le résultat de la volonté des uns ou des autres : ce n'est pas parce que le métier d'agriculteur est trop dur que plus personne ne veut être agriculteur, mais parce que pour produire une quantité en croissance assez lente, il y a moins besoin de personnes du fait de la forte hausse de la productivité agricole. Ce n'est pas parce que les femmes ont envie de travailler dans les services que les emplois dans les services se développent. C'est parce que la demande de services augmente rapidement alors que la productivité augmente nettement moins vite. Comme les emplois dans les services sont plus nombreux justement au moment où des femmes bien plus nombreuses souhaitent exercer une activité professionnelle rémunérée, les femmes vont massivement travailler dans les services. Il faut veiller à ne pas renverser les causalités !