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en Sciences Economiques et Sociales
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La question est ici de savoir si le progrès technique contribue à une déqualification de la main d'oeuvre ou pas . Certains le soutiennent et cela mérite examen.
La substitution du capital au travail a en général pour effet de supprimer des emplois non qualifiés.
Ainsi, les salariés agricoles ont-ils quasiment disparu de la structure socio-professionnelle de la France. De même, la C.S.P. des ouvriers non qualifiés a vu son nombre diminuer fortement depuis le milieu des années 1970. Dans ce cas, la machine remplace l'homme et si les effets sociaux liés au chômage posent de réels problèmes individuels, on n'a parfois pas à regretter les emplois supprimés : quand les robots remplacent les hommes dans la peinture des carrosseries des voitures, c'est beaucoup de maladies graves évitées. Cependant, on peut observer que globalement, le nombre d'emplois pas ou peu qualifiés n'a pas diminué en France depuis 1960 : si l'on ajoute les effectifs des employés à ceux des ouvriers, on a une part remarquablement stable dans la population active (un peu moins de 60% de la population active). On a donc plutôt qu'une diminution du nombre des emplois non qualifiés un transfert vers les services , et donc vers la catégorie des employés.
On observe parallèlement un développement des catégories socio-professionnelles qualifiées (professions intermédiaires et cadres et professions intellectuelles supérieures), en nombre et en part dans la population active.
Comment peut-on avoir à la fois une quasi stabilité de la part des C.S.P. peu qualifiées et une hausse de la part des C.S.P. qualifiées dans un total qui, évidemment, fait toujours 100% ? Cela s'explique par le fait qu'il s'agit dans les deux cas de C.S.P. salariées. Or il existe aussi des C.S.P. non salariées (agriculteurs exploitants et commerçants, artisans, chefs d'entreprise) dont la part dans les effectifs a, elle, fortement diminué depuis 50 ans. L'accroissement de la part des C.S.P. qualifiées dans la population active accompagne le développement du progrès technique en rendant possible sa mise en oeuvre .
Il est donc difficile de soutenir que le progrès technique déqualifie le travail puisque la part des emplois qualifiés a augmenté dans la population active. Mais on ne peut pas dire non plus qu'il le qualifie : la proportion d'emplois non qualifiés reste stable, même si on en trouve davantage aujourd'hui dans le tertiaire que dans le secondaire. Nous n'avons pas non plus parlé du coût humain qu'impliquent parfois ces transformations : il n'est pas facile à un individu de changer de secteur d'activité et/ou de qualification quand son emploi est touché par le progrès technique. Nous y reviendrons dans la suite du programme.