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Banque de Ressources Interactives
en Sciences Economiques et Sociales
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On a vu que, par la division horizontale et surtout verticale du travail, le taylorisme a permis d'accroître dans des proportions considérables la productivité du travail. Dans l'esprit de Taylor, ces gains de productivité devaient permettre d'accroître les profits des entreprises, mais aussi les salaires des travailleurs. En pratique, les entreprises ont surtout utilisé ces gains de productivité pour améliorer leur rentabilité, ce qui a contribué à faire détester le taylorisme par les ouvriers, qui en ont souvent subi les contraintes sans vraiment en tirer avantage.
Pourquoi une telle évolution ? D'abord parce qu'aux Etats-Unis, à la fin du 19ème siècle, la législation sociale ne permettait guère aux salariés de peser sur le partage de la valeur ajoutée. Ensuite, parce que les entreprises avaient besoin d'accroître leur rentabilité pour financer les énormes investissements que réclamaient l'industrialisation et le développement de l'économie américaine. Des profits élevés constituaient à la fois une source d'autofinancement de l'investissement et un puissant moyen d'inciter les épargnants à prêter leur argent aux entreprises.
Cet usage des gains de productivité a permis une forte croissance tant que ces besoins d'investissement étaient importants. En revanche, il a peu contribué à développer la consommation des ménages. Or, celle-ci est aussi un moteur de la croissance, et même un moteur essentiel. On en a pris conscience progressivement dans les périodes de dépression, et plus particulièrement pendant la Grande Dépression des années 30 : en cherchant à comprimer les coûts de production pour restaurer la rentabilité des entreprises mise à mal par la crise, on affaiblissait aussi la demande ce qui bloquait le redémarrage de l'investissement.