1.2.3 - Cependant on peut craindre aujourd'hui une remontée des inégalités.
- Page mise à jour le : 25-06-2009
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Depuis une vingtaine d'années environ, il est de plus en plus difficile de parler de moyennisation de la société. D'abord parce que les inégalités traditionnelles ne se réduisent plus, ensuite parce que se développent de nouvelles inégalités. Tant et si bien que beaucoup de sociologues parlent aujourd'hui plutôt d'une "polarisation" de la société, c'est-à -dire d'une fragmentation de la population en deux groupes distincts, très éloignés, chacun à une extrémité de l'échelle sociale.
- La tendance à la réduction des inégalités traditionnelles semble stoppée.
On a vu plus haut que, si les inégalités économiques se sont globalement réduites sur le long terme (depuis la seconde guerre mondiale ou depuis le début du 20ème siècle), les inégalités de revenus et de patrimoine augmentent sous l'effet conjugué de la hausse du chômage et de la montée du prix des actifs patrimoniaux. Par ailleurs, les inégalités de consommation n'ont pas complètement disparu non plus : certains biens restent socialement sélectifs (lave-vaisselle, ordinateurs, etc.) et les vacances ne sont pas du tout les mêmes selon les groupes sociaux. Enfin, la scolarisation s'est bien allongée pour tous, mais les études restent très différentes selon le groupe social d'origine. Ainsi, il y a proportionnellement plus d'enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures dans les classes préparatoires aux grandes écoles aujourd'hui qu'il n'y en avait il y a trente ans (où ils étaient déjà très surreprésentés).
- Les inégalités de patrimoine se sont fortement accrues depuis 1980.
D'abord parce que le prix des actifs patrimoniaux (les biens ou les titres possédés par un ménage) a augmenté beaucoup plus vite que les revenus du travail depuis 1984 : par exemple, le prix du mètre carré dans l'immobilier a progressé 4 à 5 fois plus vite que le salaire moyen depuis 1980. Ensuite parce que les revenus tirés du patrimoine ont progressé beaucoup plus vite que les revenus du travail (pensez à la modification du partage de la valeur ajoutée au bénéfice des détenteurs de capitaux, sous formes de dividendes par exemple).
- La remontée des inégalités se conjugue avec un phénomène de cumul des inégalités.
Les inégalités font système, c'est-à -dire qu'elles s'entraînent mutuellement les unes les autres. On peut en donner quelques exemples : un travailleur au chômage aura du mal à trouver un logement car il ne pourra pas disposer de suffisamment de feuilles de paie pour prouver sa capacité à payer le loyer (sa " solvabilité "). Mais s'il n'a pas d'adresse à donner à un éventuel employeur, il est certain de ne pas trouver d'emploi … Dans la réalité, notre homme n'aura ni logement, ni emploi. Sans prendre ces extrêmes, on sait bien que si un ménage dispose de revenus faibles, il partira moins en vacances, se soignera moins bien, etc.