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Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse à l'Elysée le 5 février dernier a déclaré : il faut que les entreprises partagent leurs bénéfices en trois tiers. Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés sous forme d'intéressement et de participation aux bénéfices et un tiers qu'elles conservent pour financer leurs investissements et leur développement.
Qu'en est-il dans les faits ? Un article d'Alternatives économiques reprend les statistiques de l'insee pour 2006 : en ordres de grandeur, 75% du profit est distribué aux actionnaires, 16% aux salariés et 9% reste à l'entreprise pour son autofinancement.
Le rapport de la "commission Stiglitz" vient d'être publié. Il vise à apporter des éléments de réponse à des interrogations anciennes portées il y a quelques mois par le Président de la République, Nicolas Sarkozy. Ce dernier a demandé à J. Stiglitz de présider une commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social. Il s'agissait notamment de préciser les limites du PIB en tant qu'indicateur de cette mesure. Sur le site de la commission, est donc publié le rapport avec notamment les 12 recommandations (à partir de la page 14) et de nombreuses informations comme ces quelques précisions sur le PIB en tant qu'indicateur de revenu (à partir de la page 103) et un joli graphique sur le cas de l'Irlande page 104.
Pour une analyse critique de ce rapport, vous pouvez aller sur le site de l'IDIES qui lui consacre un article.
Jeudi 10 septembre 2009, Nicolas Sarkozy a annoncé l'introduction de la taxe carbone à partir de janvier 2010. Le prix de la tonne de C02 est fixé à 17 euros. Cette taxe qui repose sur le principe "pollueur = payeur" doit modifier les comportements des ménages et des entreprises en faveur d'économies d'énergies fossiles comme le pétrole et le gaz, et les inciter à mobiliser des énergies renouvelables comme le solaire. Cependant cette taxe verte doit être fiscalement neutre (c'est la volonté du gouvernement) et elle n'augmentera pas, normalement, les prélèvements obligatoires : un système de compensation sera mis en place. Cette contribution climat-énergie a pour origine les accords du Grenelle de l'environnement mis en place fin 2007. La "Conférence des experts" sous la présidence de Michel Rocard mi-2009 avait étudié cette question et proposait une taxe à 32 euros la tonne de C02. Le site du Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer offre de nombreuses informations sur ce thème.
En mai 2009, le directeur de l'insee a remis un rapport sur le "Partage de la valeur ajoutée, partage des profits et écarts des rémunérations en France". Ses résultats sur le partage du profit diffèrent des données fournies par Alternatives économiques sur ce sujet (voir actualité précédente). En effet, pour l'insee, la répartition du profit (le résultat de l'entreprise à partir de l'excédent brut d'exploitation, une fois versés principalement les intérêts en cas de dette de l'entreprise et l'impôt sur les sociétés) s'établit comme suit : 7% pour l'épargne salariale, 36% pour les revenus versés aux propriétaires du capital, 57% pour l'épargne de l'entreprise (source de son autofinancement).
Par ailleurs, vous avez sur cette page de l'INSEE, la situation récente du partage de la valeur ajoutée, ainsi que les facteurs récents ... non de la croissance mais de la crise de 2009 !
Le 29 décembre 2009, le conseil constitutionnel a censuré le dispositif prévu pour la taxe carbone. Les raisons sont liés à la rupture du principe d'égalité que ce projet introduisait comme il est précisé dans son communiqué de presse. Le gouvernement a indiqué qu'il tiendrait compte de cette décision. Débat à suivre donc avec par exemple des avis de la Ministre de l'économie, de la Ministre de l'écologie ou du Ministre du Budget sur les sites du Monde, du Figaro ou des Échos par exemple.
En effet, d'après les dernière statistiques diffusées par le Japon, le PIB du Japon serait devenu inférieur à celui de la Chine en 2010 : le PIB japonais est évalué à 5 474,2 milliards de dollars en 2010 pour 5 878,6 milliards de dollars pour la Chine. Voir l'article des Échos ou celui de la Tribune par exemple. Comme vous le savez, ce montant représente aussi les revenus bruts (avant consommation de capital fixe) qui peuvent être distribués : ils étaient donc plus importants en Chine qu'en Japon en 2010 … mais évidemment comme le nombre d'habitants était beaucoup plus élevé en Chine (10 fois plus environ), le niveau de vie au Japon reste encore bien supérieur à celui de la Chine (10 fois plus environ) : c'est pour cela que, selon Les Échos, cette nouvelle n'émeut pas les japonais !
Si la Chine est devenue en 2010 le deuxième pays producteur au monde devant le Japon, elle reste loin derrière lui en termes de développement humain (11ème place pour le Japon et 89ème place pour la Chine entre la République dominicaine et le Salvador). De même, la Norvège est toujours en tête (voir dernier rapport sur le développement humain p 167).
Ce qui change est en réalité la façon de calculer l'indice (voir encadré p 17 du rapport). Les principaux changements sont les suivants :
l'indice du niveau d'instruction est dorénavant basé sur la durée moyenne de scolarisation, qui remplace le taux d'alphabétisation, et sur la durée attendue de la scolarisation, qui remplace le taux brut de scolarisation
le RNB (revenu national brut) qui remplace le PIB pour tenir compte des effets de la mondialisation (la production réalisée dans un pays peut être distribuée sous forme de revenus dans un autre pays) : le RNB est donc un meilleur indicateur du revenu national que le PIB
enfin, l'IDH est la moyenne géométrique des trois indicateurs de santé, de scolarisation et de niveau de vie et non plus la moyenne arithmétique. Précisons l'intérêt de ce changement quelque peu abscons (!) : il était reproché à l'ancien IDH de permettre une compensation d'un indicateur par un autre (par exemple, la forte valeur de l'indice du PIB compensait la faible valeur de l'indice de l'espérance de vie). Avec une moyenne géométrique ce n'est plus le cas. Supposons que pour un pays, l'indice du PIB = 0,9 ; que l'indice de l'espérance de vie est 0,1 ; qu'enfin l'indice du niveau d'instruction est de 0,5.
Avec l'ancien calcul, il suffisait de faire la moyenne normale (arithmétique) des trois : (0,9 + 0,1 + 0,5) / 3 = 0,5. Il y a bien compensation totale entre 0,9 et 0,1. Avec le nouveau calcul, il faut calculer la racine 3ème du produit (0,9 x 0,1 x 0,5) et on obtient 0,36 (dit autrement : 0,91/3 x 0,11/3 x 0,51/3 = 0,36). Il n'y a plus de compensation totale ! Merci les mathématiques !!
Pour plus de détails et de compléments, vous pouvez consulter le rapport p 17 (encadré) et p 240 (détails des calculs) pour l'IDH.
Il existe aussi d'autres indicateurs nouveaux dont un IDH dit ajusté aux inégalités qui tient compte des inégalités internes au pays sur les trois indicateurs globaux (revenu, santé, instruction) : avec cet indicateur les Etats-Unis perdent 9 places dans le classement, l'Égypte 7, la Tunisie 6 … et la France 3, la Suède, elle, en gagnant 4 par rapport au classement avec l'IDH (normal, non ajusté).
Le Japon est en train de vivre un drame humain considérable, né du tremblement de terre, du tsunami et des explosions dans la centrale nucléaire de Fukushima n°1 : au moins 10 000 morts.
Du point de vue économique, les conséquences de ce drame sont aussi extrêmement négatives : le coût des destructions est évidemment très difficile à mesurer (120 milliards de dollars selon le Crédit Suisse cité par Le Figaro ou 181 milliards d'euros d'après le gouvernement japonais. Il s'agit d'une destruction de patrimoine énorme. Il faudra sans doute de nombreuses années pour le reconstituer.
Et cela d'autant plus que l'activité économique à court terme va se réduire comme l'indique aussi l'article du Figaro cité ou celui du Monde. Présentons rapidement les mécanismes : du côté de l'offre, perte de capital humain et physique qui réduit la production mais aussi baisse de la quantité d'électricité produite (11 réacteurs sur 50 ont été arrêtés) ; du côté de la demande, après une constitution de stocks de produits alimentaires, les ménages risquent de moins consommer (épargne de précaution) et les entreprises de moins investir. Enfin, les infrastructures qui permettent production et échange sont endommagées dans certaines régions : les entreprises produisant en flux tendus étant particulièrement touchées.
Pour avoir un point de repère, lors du tremblement de terre de Kobé, la production industrielle avait baissé mais l'impact macroéconomique fut relativement faible. Cet article sur GECODIA permet d'ailleurs une intéressante analyse de ces situations.
Dernier point : les autorités publiques ont déjà réagi, par exemple, la Banque du Japon qui a injecté déjà plusieurs dizaine de milliards de yen et a maintenu ses taux directeurs à des niveaux très faibles pour favoriser l'activité d'après cet article des Échos . Enfin, la hausse du yen, liée au rapatriement de capitaux placés hors du Japon (il faut vendre des devises pour acheter des yens d'où la revalorisation) du yen, a été " enrayée " par l'action concertée des Banques centrales du G7 : ainsi, la baisse du yen peut favoriser les exportations et réduire les importations (voir sur BRISES les mécanismes la notion " taux de change ", rubrique " enjeux ".
Une étude de l'INSEE montre que, depuis 2002, les TIC sont de plus en plus présentes dans les services marchands et que le type de TIC change suivant la nature du service. Par exemple, dans l'hôtellerie, ce sont les matériels permettant le commerce électronique qui se développent. Cela est bien sûr en phase avec la diffusion croissante d'un accès internet parmi les ménages (64% en 2010 contre 12% en 2000) comme l'indique cette autre étude de l'INSEE. Un autre facteur de cette diffusion des TIC dans les services marchands semble être l'importance relative des travailleurs qualifiés parmi leurs salariés. Quant aux conséquences ? Est-ce que la présence des " ordinateurs " dans les services marchands se traduit rapidement par des gains de productivité contrairement au paradoxe de Solow ? La question est complexe étant donné la difficulté de mesurer la productivité d'une activité de service. L'INSEE offre cependant ces quelques chiffres … Et pour les effets sur l'emploi, consultez ces chiffres-là … !
Le décès de Steve Jobs, un des fondateurs d'Apple, a suscité beaucoup de commentaires et d'articles. Sur Les Échos, vous avez ici un petit historique de vie et ici un dossier sur lui. A-t-il été un entrepreneur Schumpéterien ? Vous pouvez lire cet article qui fait le point d'un professeur de SES Pour une vision plus critique du côté innovateur de Steve Jobs, cet article de L'Express et de l'Expansion vous apporte quelques éléments.
Au programme de ce chapitre :