Se demander comment les investissements sont financés, c'est chercher à savoir comment les entreprises (ou les autres agents économiques) trouvent les capitaux nécessaires pour acheter les moyens de production. Vous avez déjà étudié les modes de financement de l'investissement en classe de première. Nous en reprenons ici les éléments essentiels, mais auparavant, nous devons rappeler deux définitions importantes :
- Capacité et besoin de financement.
Quand on veut investir, il faut des capitaux. Certains agents ont traditionnellement des capacités de financement, il s'agit des ménages : ils ont de l'argent à placer. D'autres ont, tout aussi traditionnellement, des besoins de financement, il s'agit surtout des entreprises et, souvent, des Administrations publiques. Il faut donc mettre en contact ceux qui ont de l'argent à prêter et ceux qui souhaitent emprunter cet argent. C'est le système financier qui se charge de cette mise en relation.
- Les circuits de financement.
On peut dire qu'il y a deux modalités essentielles de mise en relation entre les agents à capacité de financement et les agents à besoin de financement. Soit les agents se rencontrent sur les marchés financiers, dans ce cas, on parle de financement direct ou financement de marché. Soit ils passent par des intermédiaires qui sont les banques ou les institutions financières, on parle alors de financement indirect ou financement intermédié. Mais les entreprises peuvent aussi financer leurs investissements sans recourir à d'autres agents, c'est le financement interne.
- Le financement interne.
C'est l'utilisation des profits non distribués (aux actionnaires) mis en réserve par l'entreprise dans ce but. C'est ce que l'on appelle l'autofinancement. En France, il représente une part très importante du financement de l'investissement (souvent plus de 60%, parfois, selon les années, plus de 90%). Ces profits qui sont réinvestis minimisent le coût de l'investissement puisqu'il n'y a pas d'intérêts à payer sur ces sommes-là .
- Le financement externe direct.
Quand les profits non distribués ne suffisent pas, ce qui est quand même souvent le cas, l'entreprise doit chercher à l'extérieur des sources de financement. Une première solution est de recourir aux marchés financiers, ou éventuellement monétaire : l'entreprise va trouver directement ses fournisseurs de capitaux soit en les leur empruntant (émission d'obligations), soit en leur vendant des parts de la société (émission d'actions). Si l'entreprise émet des obligations, elle s'endette et devra rembourser en payant en supplément un intérêt, fixé selon les conditions du marché au moment de l'émission des obligations. Si l'entreprise émet des actions nouvelles, elle n'aura rien à rembourser (l'action n'est pas un titre d'emprunt, mais un titre de propriété), ce qui est intéressant, mais elle dilue le capital de la société, risque d'en perdre le contrôle (puisqu'il y aura plus d'actionnaires) et devra obtenir une rentabilité suffisante pour satisfaire les actionnaires.
- Le financement externe indirect (ou intermédié).
Dans ce cas, l'entreprise empruntera aux banques qui, elles, se chargeront de trouver les fonds. L'intermédiaire se faisant évidemment payer, ce système est plus coûteux que le financement direct. Mais il a l'avantage d'être bien plus accessible, en particulier pour les entreprises, et c'est le plus grand nombre, non cotéés en bourse. C'est pourquoi la majorité des financements externes restent des financements intermédiés en France. Cependant, depuis le début des années 80 et la libéralisation des marchés de capitaux, on observe une nette montée en puissance du financement de marché.
- CHAPITRE 1 : Le vocabulaire lié au financement des investissements.
- CHAPITRE 1 : Les modalités de financement des investissements.