L'investissement est « l'augmentation du stock de capital ». Cette définition, courte et facilement mémorisable, n'est pourtant pas si simple que cela à bien comprendre. Pour cela, il faut d'abord savoir ce que les économistes appellent « capital ».
- Qu'est-ce que le capital ?
Le capital est l'ensemble des moyens de production, c'est-à -dire des « choses » qui permettent de produire des biens ou des services. Première remarque : le capital, au sens économique, ce n'est pas de l'argent (mais évidemment, il faut de l'argent pour l'acquérir), alors que dans le langage courant, dans le langage bancaire, dans le langage financier, le capital peut être une somme d'argent. Deuxième remarque : la main-d'œuvre, le travail, n'est pas un moyen de production (ce n'est pas une « chose ») mais un facteur de production, ce qui pour les économistes n'est pas du tout la même chose (il y a deux facteurs de production : le capital et le travail). Alors, qu'est-ce que le capital ? il est constitué des machines, des bâtiments (destinés à la production ou au logement), de la terre, essentiellement. On parle aussi de « capital technique » ou de « capital fixe ». On parle de « capital financier » pour désigner l'ensemble des titres (actions, obligations) mais, dans ce chapitre, il ne sera pas question de ce capital-là . Et quand on utilise le mot « capital » tout seul, sans adjectif, c'est au capital technique que l'on pense, celui dont on va parler dans ce chapitre.
- Qui investit ?
Ainsi, quand une entreprise achète une machine, elle investit, car elle accroît son stock de capital (après l'opération d'investissement, elle aura une plus grande quantité de moyens de production qu'avant). Mais quand la Région Rhône-Alpes décide la construction d'un lycée, elle investit aussi, car elle va faire construire un bâtiment qui va permettre de produire un service, celui de l'enseignement, même si ce service n'est pas vendu à ses usagers (l'enseignement est un service non marchand). Et quand un ménage achète un logement, il investit aussi, car, par exemple, il pourra mettre cet appartement en location et produire un service, celui du logement. Ainsi, et c'est la troisième remarque, il n'y a pas que les entreprises qui investissent, comme on l'oublie un peu trop souvent.
Les agents économiques disposent donc, à un moment donné, d'un « stock » de capital, stock qui leur permet de produire des biens et des services. Quand ils décident d'augmenter ce stock, c'est-à -dire d'acheter de nouveaux moyens de production, ils investissent. Cet investissement supplémentaire va venir accroître le stock déjà disponible. Il s'agit donc d'un flux.
- Comment mesure-t-on l'investissement ?
Les entreprises publient elles-mêmes leurs dépenses annuelles d'investissement. Mais au niveau du pays, c'est la Comptabilité nationale qui se charge de mesurer l'effort d'investissement de l'économie nationale. Deux outils sont à connaître :
- La FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) est l'agrégat qui mesure en France l'investissement, essentiellement matériel. En effet, jusqu'à très récemment, aucune dépense d'investissement immatériel n'était prise en compte dans la F.B.C.F. Depuis peu, on y inclut les dépenses de logiciels, mais pas encore les autres dépenses d'investissement immatériel. On parle ici d'investissement « brut » car l'amortissement, c'est-à -dire l'investissement de remplacement, n'est pas déduit. Si l'amortissement est enlevé, on parle d'investissement « net ». Vous trouverez la FBCF comme notion présentée dans le menu de droite du chapitre 1. Nous vous conseillons de vous y reporter.
- Le taux d'investissement est la part de l'investissement dans le P.I.B.. Il se définit par le rapport (FBCF / PIB) x 100. En France, le taux d'investissement est de l'ordre de 17% à la fin des années 90. Il faut rappeler que ce taux comprend évidemment l'investissement des ménages et celui des Administrations publiques, outre celui des entreprises.
- CHAPITRE 1 : Définir et caractériser l'investissement
- CHAPITRE 1 : Qu'est-ce que l'investissement ?
- CHAPITRE 1 : Structure de la FBCF par secteur institutionnel en 2003.