On a vu que les emplois atypiques progressent en nombre et en proportion de la population active. Quelle signification peut-on donner à cette évolution ? La précarité de l'emploi va-t-elle devenir demain la règle ?
- On observe bien une précarisation accrue, c'est-à -dire une moins grande garantie de l'emploi. Les jeunes commencent de plus en plus rarement leur vie professionnelle par un contrat à durée indéterminée. Ils s'insèrent souvent par ce que l'on appelle les « petits boulots », alternant des périodes d'emploi, des périodes de chômage et, parfois, des périodes de formation. Mais la précarisation ne concerne pas que les jeunes. Les femmes sont également très touchées, globalement plus que les hommes. En 1997, les emplois précaires (emplois à temps partiel exclus) représentaient 9.4% des emplois salariés totaux alors qu'ils n'en représentaient que 3.9% en 1985, soit une multiplication par 2.4 en douze ans.
- Cependant, les emplois stables restent largement majoritaires. En effet, l'augmentation des emplois atypiques est rapide, mais, finalement, si 10% environ des emplois salariés sont précaires, 90% sont stables, ce qui est beaucoup, l'écrasante majorité. L'emploi stable n'a pas disparu, loin de là .
- Cependant, si 90% des emplois salariés sont stables, la précarisation les concerne aussi. La précarité est pour les emplois "typiques" est une menace qui pèse en permanence. Les deux ensembles (emplois précaires, emplois stables) ne sont pas juxtaposés, ils forment système, c'est-à -dire qu'ils interagissent les uns sur les autres. Un travailleur, ayant pourtant un emploi stable, peut développer un réel stress s'il voit qu'autour de lui les emplois précaires se développent et agir en fonction de cette précarité qu'il ressent, alors même que son emploi à lui est a priori stable.
Conclusion : on voit que l'idée d'une précarité croissante du travail en France doit être nuancée, même si la précarisation est bien réelle.