Accueil | CHAPITRE 5 : Ch5 Intégration et solidarité

Pour aller plus loin : Retraite par capitalisation ou retraite par répartition ?

Le débat sur les retraites met parfois face-à -face les tenants d’un système de retraite par répartition et les tenants d’un système par capitalisation. De quoi s’agit-il ?

  • Deux principes différents pour financer les retraites. Un système de retraite par répartition organise le financement des retraites par des prélèvements obligatoires auprès des actifs redistribués aux retraités sous forme de pension. Les actifs ne cotisent pas pour eux-mêmes plus tard, mais pour les retraités d’aujourd’hui, et leur retraite sera assurée par les actifs de demain. Le système de retraite français, qu’on a présenté dans le cours, est un système par répartition. Dans le système par capitalisation, les actifs constituent une épargne, placée sur les marchés financiers en attendant et  dans laquelle ils puiseront le moment venu pour financer leur retraite. Les pensions sont alimentées par une épargne antérieure, et pas par une redistribution entre actifs et retraités.
  • Intérêts et inconvénients des deux systèmes. Le système par capitalisation a pour lui une certaine efficacité économique : l’épargne constituée en vue de la retraite va servir à  financer l’investissement et la croissance. Mais il présente l’inconvénient d’être moins solidaire que le système par répartition :si chaque individu épargne pour sa propre retraite, il y aura bien évidemment moins de possibilité de redistribution entre les plus riches et les plus pauvres. De plus, il n’assure pas de solidarité entre les générations : chacune cotise pour sa propre retraite. D’ailleurs, les retraites en France étaient, avant 1945, financées par capitalisation, mais la guerre a fait chuter la valeur de l’épargne accumulée et ruiné les retraités (les fonds de pension actuels pourraient aussi être menacés par les variations de cours sur les marchés financiers).  Les systèmes de retraite par répartition ont alors été instaurés pour leur venir en aide.
  • Répartition et capitalisation face au défi démographique. Pour résoudre la crise de financement des retraites liée au vieillissement de la population, le passage à  un système par capitalisation est-il une solution ? On pourrait le penser de prime abord : puisque chaque génération cotise pour elle-même, l’épargne accumulée sera toujours proportionnée au besoin de financement du système de retraite. Chaque individu épargne pour sa propre retraite, il ne dépend donc pas du nombre d’actifs pour la financer. Les économistes nous expliquent cependant que ce raisonnement est erroné, et qu’en fait les deux systèmes sont confrontés aux mêmes problèmes de financement en cas de vieillissement de la population. En effet, quand une génération est active, elle épargne, c’est-à -dire qu’elle achète des titres (actions ou obligations par exemple). Arrivée à  l’âge de la retraite, elle revend progressivement ces titres pour se procurer un revenu, et ces titres sont achetés par les nouvelles générations d’actifs qui se constituent à  leur tour une épargne retraite. Mais si les deux générations sont déséquilibrées, si les nouveaux actifs qui achètent les titres sont moins nombreux que les retraités qui les vendent, alors les prix de ces titres vont baisser, ce qui va réduire le train de vie des retraités. Le système de retraite par capitalisation ne permet donc pas de résoudre le problème de financement causé par le déséquilibre entre actifs et retraités.