Accueil | CHAPITRE 3 : Stratification sociale et inégalités

Pour aller plus loin : La mobilité sociale s'est-elle accrue au 20ème siècle en France ?

à‰tudions le même tableau que celui que nous venons de voir mais pour les hommes nés entre 1920 et 1925, soit trente ans (une génération) auparavant. 

      CSP du Fils  "   

CSP du Père

Agricul.

Indépend.

Cadres

Prof.

Interm.

Employés

Ouvriers

Sans Prof.

Total

Agriculteurs

41,9

7,1

3,2

8,6

7,3

30,7

1,3

100

Indépendants

2,9

28,9

15,1

19,8

9,2

23,1

1,1

100

Cadres

1,0

8,8

53,5

22,1

6,3

6,6

1,7

100

Professions interm.

0,8

7,1

28,5

33,4

11,7

17,8

0,8

100

Employés

1,7

8,5

17,1

25,2

17,9

28,5

1,0

100

Ouvriers

3,1

8,2

5,6

17,9

11,3

53,0

1,0

100

Total

13,6

11,1

11,4

17,5

10,3

35,0

1,1

100

Source : L. Chauvel, « Le retour des classes sociales ? », DEES 127, mars 2002.

On observe que la mobilité s'est accrue puisque les chiffres de la diagonale sont en général plus élevés que dans le tableau précédent. Cependant, en trente ans, on ne peut pas dire que les choses aient radicalement changé (les différences ne sont pas énormes, la plupart du temps). Gardons-en l'idée que dans le domaine de la mobilité sociale, les changements sont extrêmement lents, sauf pour certaines catégories, comme celle des agriculteurs, dont il va falloir reparler pour expliquer la relativement forte mobilité que cette catégorie connaît : 21.5 % seulement des fils d'agriculteurs nés entre 1950 et 1955 sont agriculteurs alors que 41.9 % des fils nés entre 1920 et 1925 l'étaient.

Conclusion : on peut affirmer, comme le fait L. Chauvel dans son article, que « la porosité des frontières sociales demeure faible, quoique atténuée par rapport à  ce qui prévalait voilà  trente ans ». Cependant, il y a quand même de la mobilité sociale et il faut s'interroger sur ce qui la rend possible et, a contrario, sur ce qui la freine.