- Les inégalités économiques
Les écarts de salaire restent globalement de l'ordre de 25 % entre hommes et femmes et, toutes choses égales par ailleurs (c'est-à -dire pour des salariés à temps plein ayant la même qualification et effectuant le même travail), l'écart est encore d'environ 20 % (D. Meurs et S. Pontieux, « Emploi et salaires : les inégalités entre femmes et hommes en mars 1998 », Synthèse DARES 32), si l'on prend en compte uniquement les salariés des entreprises (donc sans les fonctionnaires). Les femmes sont sur-représentées dans les salariés payés au SMIC (17,2 % des salariées sont payées au SMIC contre 9,1 % des hommes salariés seulement, A. Garcia, « Le nombre de salariés payés au SMIC a augmenté de 50 % en quatre ans », in Le Monde, 25 août 1999), dans le travail à temps partiel (30.4 % des salariées travaillent à temps partiel, contre 5.0 % des hommes salariés en mars 2001, Enquête emploi de l'Insee) et bien sûr dans le chômage (en mars 2002, le taux de chômage des femmes était de 10.1 % contre 7.9 % pour celui des hommes, T.E.F. 2002-2003.
- Les emplois du temps journaliers moyens (évolution 1986-1999) (source : Insee-Première n°675, octobre 1999)
Pour les personnes de 15 ans et plus, en moyenne, le temps domestique journalier moyen était de 4h23 pour les femmes et de 2h24 pour les hommes en 1999. Si l'on exclut le jardinage, les soins aux animaux et le bricolage, ce temps est de 1h27 pour les hommes et de 4h03 pour les femmes, un écart de 1 à 2.8, ce qui est quand même très important ! Cette inégalité s'est-elle réduite entre 1986 et 1999 ? Si l'on prend les hommes actifs occupés, le temps qu'ils consacrent en moyenne chaque jour aux soins des enfants et aux tâches ménagères stricto sensu est passé de 1h09 à 1h15 alors que celui des femmes actives occupées passaient de 3h37 à 3h33. L'écart s'est donc un tout petit peu réduit. Peut-on soutenir l'idée que cette inégale répartition des tâches domestiques touche beaucoup moins les jeunes que les autres adultes ? Si l'on regarde l'emploi du temps des étudiants et lycéens de plus de 15 ans, les résultats laissent perplexe : les filles passent en moyenne 1h29 par jour aux tâches ménagères et aux soins aux personnes alors que les garçons n'y passent que 41 minutes. C'est encore deux fois plus pour les filles que pour les garçons, un écart assez proche de celui qui existe pour les adultes engagés dans la vie active !
- Les choix d'orientation scolaire
Quelle que soit leur génération, les femmes sont plus souvent bachelières que les hommes (67.3% contre 53.0% pour les 25-34 ans, 34.7% contre 30.0% pour les 45-54 ans, ce qui montre que l'écart se creuse). Mais leur orientation, dès la classe de seconde et encore plus après le bac, se fait prioritairement vers les filières non scientifiques, pourtant mieux valorisées sur le marché du travail : ainsi, parmi les bacheliers de l'enseignement général, 67% des garçons ont un bac S mais 37% seulement des filles. Les études montrent que, à résultats scolaires identiques en sciences, les filles demandent toujours moins que les garçons à être orientées en série scientifique. De même, les filles pour être orientées en S doivent avoir de meilleurs résultats en sciences que les garçons.
- La difficulté d'accès aux postes de responsabilité dans les entreprises
Les femmes sont sous-représentées dans les postes à responsabilité, alors que les filles réussissent mieux leurs études que les garçons et que leur niveau de diplôme est supérieur (du moins pour les filles nées après 1960). Ainsi, au bout de 10 ans d'expérience professionnelle sans interruption de plus de 6 mois, les titulaires d'un diplôme de 2è ou 3è cycle universitaire ont 76 chances sur 100 d'occuper un poste de cadre s'ils sont des hommes et 57 chances sur 100 s'ils sont des femmes (in Le Monde, « Discrimination : questions - réponses », 9 mars 1999).