- Page mise à jour le : 2006-11-05
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Le progrès technique a des effets considérables sur la croissance. Ces effets ne sont d'ailleurs pas à sens unique : c'est aussi la croissance qui rend possible le développement du progrès technique. Une question se pose alors : dans quelle mesure tous les pays peuvent-ils accéder à cette source de la croissance ? Cette question est fondamentale pour les pays les plus pauvres qui n'ont pas les moyens de faire eux-mêmes de la recherche. Les technologies, matérialisées souvent dans des brevets, peuvent s'acheter et se vendre, il y a donc un marché. Mais c'est un marché un peu particulier et cela a des conséquences, en particulier pour les pays pauvres.
- Les caractéristiques du marché :
Sur ce marché, on ne peut pas parler de concurrence. En effet, le vendeur est maître du produit (la technologie, protégée par un brevet), il choisit s'il vend ou s'il ne vend pas et à qui. En revanche, les clients, qui ne sont jamais très nombreux, sont en général en concurrence. Le prix va être négocié mais l'acheteur et le vendeur n'ont pas du tout le même poids dans la négociation surtout s'il y a concurrence entre les acheteurs potentiels. Le prix va donc être élevé. Du point de vue du vendeur, c'est bien sûr un moyen de récupérer les dépenses de recherche qu'il a dû faire pour mettre au point son innovation. Les caractéristiques du marché renforcent la tentation de passer par des moyens frauduleux pour se procurer l'innovation.
- Les conséquences pour les pays pauvres :
Elles sont évidemment négatives car ils ont rarement les moyens d'acquérir les nouvelles technologies. Donc, si on laisse faire le marché, il y a peu de chances pour que les pays pauvres puissent bénéficier des effets positifs du progrès technique sur la croissance. Or ils en ont bien besoin. Dans les accords signés entre les pays développés et les pays pauvres, il y a donc souvent un volet sur les transferts de technologie, les pays riches aidant à acheter ou fournissant les brevets. Les transferts passent aussi par les firmes multinationales allant s'implanter dans les pays en développement : elles y apportent en général leur technologie, dont l'utilisation par d'autres entreprises fait parfois l'objet de négociations avec les autorités publiques.
L'accès à la technologie reste encore aujourd'hui problématique, car maîtriser une innovation donne à la fois du pouvoir et des profits. Il faut à la fois permettre aux entreprises qui font de la recherche appliquée de la rentabiliser et permettre la diffusion de ces innovations à un prix supportable pour les pays pauvres. L'équation n'est pas facile à résoudre, surtout quand il n'y a pas réellement d'autorité mondiale pouvant agir directement.