Ce terme désigne le processus de libéralisation quasi complète des échanges de capitaux depuis le début des années 80, débouchant sur la réalisation d'un marché mondial des capitaux très peu contrôlé. Ce processus s'est réalisé au travers de la déréglementation des mouvements de capitaux (il n'y a plus de contrôle), du décloisonnement des marchés (les différents marchés des capitaux ne sont plus séparés les uns des autres et tous les acteurs peuvent intervenir sur tous les marchés) et de la désintermédiation (aujourd'hui, de plus en plus, les entreprises ont un accès direct aux marchés des capitaux sans passer par les intermédiaires traditionnels que sont les banques). Aujourd'hui, 90% des échanges mondiaux totaux (biens, services et capitaux) sont des échanges de capitaux, les biens et services n'en représentant que 10%. C'est dire à quel point les mouvements de capitaux représentent des sommes colossales. Il faut dire aussi que les capitaux circulent par simple jeu d'écritures informatiques, ce qui est très facile, bien plus facile et rapide que l'échange des biens ou des services.
En quoi ces échanges renforcent-ils l'interdépendance des économies ? Imaginons Tout d'abord une crise financière dans un pays qui réduit le patrimoine des investisseurs (banques, sociétés d'assurance, Etats).Si ces investisseurs (qui) se trouvent avoir placés des capitaux dans d'autres pays, cela (ce qui peut ce qui) peut se traduire par des mouvements de capitaux brusques et importants qui déstabilisent les marchés financiers du pays marchés financiers, qui, vous le savez participent au financement des investissements. Ensuite, sur ce marché des capitaux unique, mondial se fixent, comme sur tous les marchés, des prix. Ici, il s'agit du prix de l'argent, c'est à dire du taux d'intérêt. La globalisation financière aboutit à ce que le taux d'intérêt ne se fixe plus sur le marché national : ce n'est donc plus l'offre et la demande intérieures de monnaie qui déterminent le montant du taux d'intérêt mais la situation internationale du marché des capitaux. Résultat : les taux d'intérêt vont monter ou baisser sans que cela corresponde forcément aux nécessités économiques intérieures. Et les conditions du financement des investissements, à l'intérieur du pays, vont dépendre de considérations internationales. Par exemple, imaginons que le taux d'intérêt s'élève aux Etats-Unis parce que l'Etat américain a besoin de beaucoup emprunter pour financer ses dépenses militaires. Le taux d'intérêt va s'élever aussi en France sans qu'il y ait de raison objective à cette élévation, simplement parce que si ce n'était pas le cas, les capitaux disponibles en France iraient se placer sur le marché américain. Résultat : les entreprises françaises vont devoir financer leurs investissements de manière coûteuse, elles peuvent même être amenées à renoncer à l'investissement si la rentabilité devenait trop faible, compte tenu du niveau des taux d'intérêt.
Sur le plan des marchés des changes (c'est-à -dire le marché sur lequel on échange des monnaies, que l'on appelle devises, entre elles), on se trouve dans une situation à peu près similaire : depuis le début des années 70, le système des changes fixes (système dans lequel l'Etat fixe lui-même la valeur de sa monnaie en référence à un étalon, soit l'or, soit une autre monnaie, le dollar en général) a été abandonné et remplacé par un système de changes flottants (le taux de change d'une monnaie, c'est-à -dire le prix auquel une monnaie s'échange contre une autre monnaie, se fixe au jour le jour sur le marché des changes en fonction de l'offre et de la demande de la monnaie). Le régime de change, c'est-à -dire le système que les pays choisissent pour organiser leurs échanges de monnaie, s'est donc fondamentalement modifié. Le taux de change(, c'est-à -dire le prix auquel une monnaie s'échange contre une autre monnaie,) est donc devenu très fluctuant en fonction des évènements internationaux et/ou nationaux. Ces fluctuations vont avoir des conséquences, parfois non négligeables, sur l'activité économique intérieure : si le cours du dollar s'élève et que nous payons notre facture pétrolière en dollars, nous allons devoir payer davantage, alors même que le prix du pétrole lui-même (en dollars) n'a pas bougé. De même, si le cours du dollar baisse, le montant en euros correspondant à nos ventes d'Airbus, qui se font toujours en dollars (pas seulement quand on vend à une entreprise américaine), va diminuer, ce qui va affecter d'une part le montant de nos exportations, d'autre part les recettes de l'entreprise fabriquant les Airbus, ce qui risque peut-être de la mettre en péril (l'entreprise pourra-t-elle payer les salaires, par exemple, qui, eux, sont payés en euros, pas en dollars ?). On le voit, quand les monnaies flottent, ce qui devient difficile pour les entreprises, c'est de prévoir et donc de prendre des décisions dans un climat d'incertitude, car personne ne peut prévoir comment va évoluer le cours d'une monnaie.