Programme officiel

5. Intégration et solidarité (Durée indicative 4 semaines)

On étudiera :

  • La cohésion sociale et les instances d'intégration
  • Protection sociale et solidarités collectives 

Notions essentielles 

Lien social, Socialisation, Intégration, Exclusion.
Etat-providence,  Assurance/assistance, Redistribution.

Notions complémentaires

Pauvreté, Anomie, Déviance, Individualisme, Solidarité mécanique/organique.
Risques sociaux, Universalisme/communautarisme/corporatisme

Indications complémentaires

  • La cohésion sociale et les instances d'intégration
  • Il s'agira de montrer que la société n'est pas un groupement d'individus atomisés, mais repose sur l'existence de liens sociaux complexes entre des membres plus ou moins intégrés dans une totalité et ses sous-ensembles. On rappellera, pour cela, en s'appuyant sur les acquis de la classe de première, que la socialisation (primaire/secondaire) est le processus par lequel les individus sont conduits et participent à  cette intégration en assumant des rôles sociaux durables.
  • Différentes instances d'intégration (famille, école, travail, cité) permettent de construire et de faire évoluer rôles, statuts et formes du lien social. On remarquera que le travail (un rappel sera fait au chapitre 2) est un lieu central de l'intégration et de la solidarité, car, au delà  de la rétribution directe, le statut professionnel et les cotisations sociales ouvrent des droits collectifs. La famille et la citoyenneté se présentent aussi comme des « vecteurs » de solidarité et de cohésion en raison du partage de ressources qu'elles impliquent entre leurs différents membres et du sentiment d'appartenance qu'elles peuvent fonder. L'opposition entre solidarité mécanique et solidarité organique pourra être précisée afin de mettre en évidence la diversité des formes d'intégration et des organisations sociales (communauté versus société).
  • On discutera des relations complexes entre l'intégration sociale et l'exclusion, ce qui permettra de souligner le caractère multiforme de l'exclusion. On soulignera qu'une société où l'individualisme est une valeur centrale peut être confrontée à  des tensions entre nécessités du maintien d'un lien social et exigences d'autonomie. On pourra distinguer l'individualisme particulariste et l'individualisme universaliste.
  • Protection sociale et solidarités collectives
  • La solidarité sera envisagée sous son acception moderne, propre aux sociétés complexes, celle de la protection sociale. On verra comment la collectivité s'est saisie de champs d'intervention variés (emploi, santé, famille, vieillesse) en définissant des « risques sociaux » susceptibles d'être mutualisés, ce qui a permis de définir et d'organiser des droits sociaux. On s'interrogera sur les risques de désincitation et d'effets pervers.
  • Dans cette perspective, l'Etat-providence pourra être analysé comme un système complexe de répartition de ressources collectives. Pour souligner la diversité des modèles qui le caractérisent, on rappellera l'opposition fondatrice entre assurance et assistance. On précisera aussi la distinction entre trois idéaux-types : le modèle « universaliste » (protection sociale de haut niveau ouverte à  tous, en contrepartie de la citoyenneté), le modèle « corporatiste » (protection variable selon la profession moyennant une cotisation spécifique donnant qualité d'ayant-droit) et le modèle « résiduel » (protection limitée ouverte sans condition conçue comme « filet de sécurité »).
  • On examinera succinctement deux champs d'intervention spécifiques, par exemple pauvreté et vieillesse, de façon à  souligner la diversité et le changement des enjeux et des dynamiques historiques.

Programme de Sciences économiques et sociales de la classe de terminale, série ES (arrêté du 30 Juillet 2002).