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Le 3 novembre 2009, le président tchèque, Vaclav Klaus, a signé la ratification du nouveau traité européen. Après le référendum bis irlandais qui a vu le oui l'emporter, l'UE à 27 va donc pouvoir appliquer ce traité de Lisbonne qui crée deux fonctions. D'une part, une présidence stable du Conseil européen de deux ans et demi. D'autre part, un haut représentant pour les relations extérieures ayant des pouvoirs renforcés. Un sommet européen extraordinaire s'est réuni pour nommer les titulaires à ces deux fonctions : le belge Herman Van Rompuy et la britannique Catherine Ashton.
Le jeudi 22 octobre 2009 à San Fransisco lors d'une vente aux enchères organisée au profit d'une association humanitaire, l'actrice Charlize Theron a donné une très belle et très originale illustration de la " loi de l'offre et de la demande " selon laquelle quand un produit est rare (car plus fortement demandé qu'offert), il devient vite cher, voire très cher…
Estimant que la vente ne rapportait pas assez à l'association, l'actrice a proposé la mise aux enchères d'un de ses baisers ! C'est une femme qui a eu la chance de faire cette acquisition peu commune pour un montant de… 140 000 dollars ! Il semble donc que les baisers de Charlize Theron valent de l'or !
Mais que valent-ils en euros ? Pour le savoir, il faudrait connaître le taux de change qui permet de convertir les dollars en euros… Rien n'est plus simple ! Il suffit de consulter les données de la BCE (Banque Centrale Européenne). En déplaçant la souris le long de la courbe du graphique, on découvre que le 22 octobre dernier, 1 € valait 1,5 $, autrement dit que le baiser de Charlize Theron à 140 000 dollars valait environ 93 333 euros (c'est-à-dire 140 000 / 1,5).
Au passage, on apprend que la valeur de l'euro en 2009 augmente depuis mars 2009. Faut-il s'en réjouir dans cette période de crise ? Difficile d'apporter une réponse tranchée à cette question. En effet, si un euro qui se valorise favorise les importations en Europe parce qu'il permet aux ménages européens d'accéder à moindre coût aux produits étrangers, il pénalise en revanche les exportations européennes et risque de freiner la production des entreprises de la zone euro (Voir la notion taux de change sur BRISES).
Pour vous faire une idée des aspects positifs et négatifs d'un euro fort, vous pouvez lire ces 2 articles publiés par L'expansion.com le 19 octobre 2009, et le 21 octobre 2009. Pour finir, cet article publié par Libération.fr le 21 octobre 2009 vous informera des inquiétudes respectives, plus ou moins fortes, de la BCE, de la France et de l'Allemagne face à un euro fort.
Au troisième trimestre 2009, la dette publique (à ne pas confondre avec la seule dette de l'État central ni avec le déficit public) a donc été évaluée à 1 457,4 milliards d'euros soit 75% du PIB, ce qui recouvre une très forte augmentation : le site de l'INSEE présente son évolution depuis 2007.
Évidemment, une des raisons de cette augmentation est liée à l'accroissement du déficit budgétaire (voir Les Échos pour l'évolution en milliards d'euros). Mais comment expliquer le creusement du déficit ? Comme vous l'avez étudié en première, lorsqu'il y a une " crise " économique (due actuellement à la crise financière), cela signifie que le PIB voit son augmentation ralentir voire baisser comme récemment. Vous avez ici les chiffres de l'INSEE et les prévisions du ministère de l'économie.
Comme les revenus naissent de la production, les revenus distribués et donc la consommation vont ou ont augmenté faiblement ce qui s'est traduit (et se traduira) par une faible augmentation des impôts perçus. De plus, les pouvoirs publics ont été incités à relancer l'activité dans une logique keynésienne classique: ainsi les dépenses publiques ont continué à augmenter (pensez par exemple à la " prime à la casse"). Quelques chiffres, en millions d'euros, provenant du Ministère du Budget, pour la période actuelle montrent ces phénomènes.
Ainsi s'explique l'accroissement récent du déficit et de l'endettement publics .
Mais est-ce grave d'arriver à un tel niveau d'endettement étant donné que cette évolution est en partie recherchée ? Voici quelques éléments de réponse dans les quotidiens Les échos et Libération.
Selon l'économiste John Maynard Keynes (1883-1946 ; pour en savoir plus : une brève présentation de cet auteur, ainsi qu'un portrait plus complet publié par Les Echos.fr), c'est en soutenant la demande, c'est-à-dire la consommation et l'investissement, qu'on peut relancer la croissance et résorber le chômage.
Il semble que Victoria Beckham ait parfaitement compris cela, et ait souhaité agir en faveur de la reprise. C'est ainsi que, de passage à Milan pour les soldes du mois de janvier, elle a dépensé plus d'un demi-million d'euros (550 000 euros) dans les boutiques de mode ! Victoria Beckham ? Un remède contre la crise ! Elle mériterait d'être félicitée par les gouvernements occidentaux (américains et européens) puisqu'avec de telles dépenses, on peut estimer qu'elle donne un coup de pouce aux plans de relance que ces gouvernements ont mis en place depuis l'année dernière, pour tenter d'enrayer la crise économique.
Mais qu'est-ce qu'un plan de relance ? C'est l'intervention de l'Etat dans l'économie pour prendre des mesures en vue de stimuler la croissance. On considère que les plans de relance sont d'inspiration keynésienne puisque, généralement, ils reposent sur l'idée de favoriser la demande pour soutenir la production et l'emploi. A propos de l'actualité de Keynes, vous pouvez lire cet article paru dans Le Figaro.fr, et consulter ce dossier d'Alternatives Economiques.
Parmi les mesures adoptées en France, on trouve par exemple l'augmentation de la prime à la casse, pour inciter les ménages à acheter des voitures, et ainsi soutenir l'activité du secteur automobile. De plus, les investissements publics, sous la forme de 1000 grands projets, ont été favorisés. Pour connaître le détail du plan de relance français, vous pouvez prendre connaissance des publications gouvernementales : présentation du plan de relance et des 1000 projets. Vous pourrez aussi vous faire une idée des critiques adressées à ce plan de relance en lisant cet article de L'expansion.com, ou encore cet autre article publié par Le Monde.fr.
C'est le montant des aides, sur 3 ans, que les ministres des finances de la zone euro ont décidé d'engager, avec le FMI, comme le précise cet article de La Tribune. Mais comment expliquer l'ampleur des aides nécessaires ? Une animation du journal Le Monde (accessible aux abonnés) permet de bien comprendre la crise des finances publiques que connaît la Grèce ou, pour une explication plus complète et accessible à tous, l'analyse sur le site Melchior. Pourquoi l'Europe d'ailleurs s'estime-t-elle responsable et apporte-t-elle son aide ? Cette responsabilité est liée au risque de contagion vers d'autres États européens avec des conséquences possibles sur la stabilité de l'euro mais aussi par une solidarité entre pays européens.
Du côté de la France, cette vidéo d'un journal télévisé de TF1 explique comment l'État français va prêter 16,8 milliards d'euros; alors qu'il connaît lui-même un déficit.
Il faut toutefois préciser que cette aide est conditionnée à la mise en œuvre par la Grèce d'une politique d'austérité sévère dont les principaux éléments sont présentés dans cet article des Échos ou le précédent article de La Tribune que vous avez lu. Ces conditions sont assorties aussi d'une surveillance quotidienne de la mise en œuvre de ce plan, du fait des tendances qu'avait l'État grec à falsifier ses statistiques sur le déficit public, comme l'indique le précédent article des Échos, ou à emprunter auprès de banques sans que n'apparaissent dans les statistiques les montants empruntés, grâce à l'utilisation de swaps de devises, expliqués de manière claire dans cet article du Figaro.
Cette crise grecque est par ailleurs, selon Mme Lagarde et Mme Merkel (voir l'article de La Tribune), l'occasion de revoir la pertinence du pacte de stabilité et de croissance dont les problèmes sont présentés sur BRISES ici.
Enfin, pour une analyse rapide mais un peu plus large de deux économistes français, vous pouvez entendre Éric Heyer insistant sur une des causes de cette crise (sur le fait que les banques sauvées par les États se retournent contre eux en demandant des taux d'intérêt très élevés sur leurs emprunts) et les conséquences des mesures prises puis lire l'interview de Michel Aglietta qui insiste sur la diversité des situations économiques des pays pouvant être concernés par une crise de même nature.
L'Irlande connaît une crise financière, une crise économique et une crise de ses finances publiques exceptionnelle. L'origine de ses crises est liée à l'éclatement de la crise des subprimes comme le précise cette vidéo qui résume les mécanismes en œuvre dans l'ensemble du monde.
Pour l'Irlande, ces crises proviennent essentiellement des risques excessifs pris par les banques pour accorder des crédits immobiliers comme l'explique A. Parienty ici. L'aide de l'État, énorme par rapport à son budget, a creusé le déficit public et la dette d'autant que le PIB a baissé entrainant une baisse des recettes publiques d'un peu moins de 70 milliards d'euros à environ 55 milliards d'euros tandis que les dépenses publiques continuaient à augmenté de 70 milliards d'euros à un peu plus de 78 milliards d'euros durant la même période.
L'État irlandais ayant des difficultés à emprunter sur les marchés financiers à des taux d'intérêt acceptables a du faire appel à des financements extérieurs provenant du FMI, de l'Union européenne et des pays membres de la zone euro et a du décider d'un plan de redressement pour réduire son déficit public.
Depuis le 1er janvier 2011, l'Estonie fait partie de la zone euro qui compte désormais 17 membres, comme le rappelle la BCE. Si l'article des Échos insiste sur la bonne santé financière de l'État estonien, l'article de La Tribune met en opposition son choix de l'intégration avec la réserve plus grande d'autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque. L'article du Figaro insiste, quant à lui, sur la perte d'un symbole d'indépendance vis-à-vis de la Russie. Enfin, un article de l'OFCE détaille la situation économique de l'Estonie qui n'est pas aussi brillante que peuvent le laisser croire les indicateurs de déficit public ou de dette publique.
Le gouvernement britannique avait annoncé en juin un plan d'austérité historique (voir cet article de La Tribune), le plus important de l'OCDE après ceux de l'Irlande et de l'Islande, afin de réduire le déficit et de relancer la croissance : voir aussi cet article des Échos pour quelques précisions et quelques analyses. Quoi qu'il soit des effets sur la croissance, les syndicats de travailleurs ont répliqué par un appel à la manifestation, une des deux plus grandes connues par la Grande-Bretagne depuis la seconde guerre mondiale comme l'indique cet article du Monde ou celui du Figaro.
Au programme de ce chapitre :