2 - Différences et inégalités dans les rythmes de la croissance, du développement et du changement social. 0[0]

Après avoir montré les différences dans les rythmes au cours du temps, nous présenterons les inégalités engendrées par ces différences et les questions que cela pose.

2.1 - Les différences dans les rythmes des changements. 0[0]

La croissance et le développement, bien que récents, ont transformé les conditions matérielles d'existence et l'organisation de la société.

2.1.1 - Croissance et développement sont, à  l'échelle de l'histoire, des phénomènes récents... 0[0]

Pendant des siècles, les hommes ne sont pas parvenus à  accroître durablement leur production de richesses et à  transformer leur mode de vie. Bien sûr, il y avait les " bonnes " années, les années de vaches grasses, et les " mauvaises " années, les années de vaches maigres, mais les hommes, au cours de leur vie (qui durait certes moins longtemps qu'aujourd'hui) ne voyaient pas de changement significatif, ni dans leurs ressources, ni dans leur façon de vivre. Jusqu'en 1500 environ, la croissance est quasi nulle. Entre 1500 et 1700, elle aurait atteint 0.1% par personne et par an en moyenne, soit peu de chose.
Ce n'est vraiment qu'à  partir de la fin du 18ème siècle et du début du 19ème siècle que la croissance économique s'accélère avec des taux de croissance comparables à  ceux d'aujourd'hui et que débute, avec elle, le développement. .En ce sens, ce sont donc des phénomènes récents. C'est la révolution industrielle qui marque le passage à  la période de croissance et de développement [n'hésitez pas à  revoir votre cours d'histoire à  ce propos !]. Elle débute autour de 1780 en Grande-Bretagne, autour de 1810-1820 en France et en Allemagne, plus tardivement dans les autres pays européens, à  partir de 1860 au Japon.
Il ne faut donc pas croire que la croissance et le développement ont toujours existé.

Et si la tendance générale (le trend) de la production est à  la hausse sur ces deux siècles, la production augmente de manière très irrégulière (elle a parfois même diminué), comme nous pouvons le voir dans le tableau ci-dessous.

Si vous voulez tester votre capacité à  bien lire ce tableau, vous pouvez faire l'activité qui est en bas de page.

Titre : Taux de croissance annuel moyen du P.I.B. par habitant (en %)

Source : d'après les données d'A. Maddison, L'économie mondiale : une perspective millénaire, OCDE 2001.

1820-1870 1870-1913 1913-1950 1950-1973 1973-1998
Europe occidentale 0.9 1.3 0.8 4.1 1.8
Monde 0.5 1.3 0.9 2.9 1.

Des périodes de croissance relativement rapide (1870-1913, par exemple) succèdent à  des périodes de croissance ralentie. Sur le long terme, la croissance est donc cyclique.
La croissance que les pays d'Europe occidentale ont connue entre 1950 et 1973 (les "Trente glorieuses") est une croissance exceptionnelle (et unique) par son ampleur. Le retour de tels taux de croissance est assez improbable.
Observons également, et nous en reparlerons dans un prochain paragraphe, que la croissance des pays européens est plus rapide que celle des autres pays du monde spécialement depuis 1950. Cela avait déjà  été le cas entre 1820 et 1870 au moment de la révolution industrielle en Europe.

Liste d'activités
n°2 : L'irrégularité de la croissance mondiale depuis 1820.

2.1.2 - ... qui ont transformé les conditions matérielles d'existence et l'organisation de la société. 0[0]

  • La croissance a permis une formidable hausse du niveau de vie.

    Le niveau de vie est la quantité de biens et de services dont disposent les individus ou les ménages. Dans les pays dits "développés", on peut repérer la hausse du niveau de vie par l'amélioration et la diversification de la ration alimentaire quotidienne (comparativement à  celle du 19ème siècle), ou encore par la diffusion des biens durables (automobile, télévision, machine à  laver, etc.). Enfin, indirectement, l'allongement de la durée de vie, très net, est aussi un indicateur de la hausse du niveau de vie.

  • La croissance s'accompagne de bouleversements des structures économiques et sociales.

    La part du secteur primaire dans la production et dans la population active a chuté, l'urbanisation s'accroît rapidement, les structures socio-professionnelles se transforment profondément, les femmes s'émancipent, etc. Les modes de vie (la façon de vivre) changent comme le montre l'évolution des structures de la consommation : en 1946, les Français consacraient en moyenne 45.4% de leurs dépenses à  l'alimentation contre seulement 13.7% en 2000. Cela laisse de la place pour d'autres types de dépenses comme les dépenses de santé ou de logement.. Cette transformation rendue possible par la hausse des revenus est allée de pair avec l'augmentation des consommations collectives (éducation, santé, etc.) qui sont à  la fois la conséquence de la hausse du niveau de vie et les signes du développement et de la transformation du mode de vie.

2.1.3 - Mais les pays ont eu des rythmes de croissance très différents. 0[0]

Les pays n'ont ni les mêmes rythmes de croissance économique, ni les mêmes points de départ de la croissance, comme on peut le voir dans ce tableau.

Titre : Niveau de départ et évolution moyenne annuelle du P.I.B. par habitant (en %).

  1500 :PIB moyen/hbt 1500-1600 1600-1700 1700-1820 1820-1870 1870-1913 1913-1950 1950-1973 1973-1998
Europe occidentale 137 0.14 0.14 0.10 0.90 1.30 0.80 4.10 1.80
Europe orientale 82 0.10 0.1 0.50 0.60 1.30 0.90 3.80 0.40
Ex-URSS 88 0.10 0.10 0.10 0.60 1.10 0.80 3.40 - 1.80
Pays d'immigration européenne* 71 0.00 0.20 0.80 1.40 1.80 1.60 2.40 1.90
Amérique latine 74 0.05 0.20 0.20 0.10 1.80 1.40 2.50 1.00
Japon 88 0.04 0.10 0.13 0.20 1.50 0.90 8.10 2.30
Asie (sauf Japon) 101 0.00 0.00 0.00 - 0.10
0.40 0.00 2.90 3.50
Afrique 71 0.00 0.00 0.04 0.10 0.60 1.00 2.10 0.00
MONDE 100 0.05 0.004 0.07 0.50 1.30 0.90 2.90 1.30

Source : à  partir des données d'A. MADDISON, L'économie mondiale : une perspective millénaire, OCDE 2001.

*il s'agit pour l'essentiel des Etats-Unis et du Canada.

[Lecture : la 1ère colonne donne le niveau de départ du P.I.B. par habitant en indices ayant pour base 100 le P.I.B. moyen du monde. Cela signifie, par exemple, que l'Europe occidentale avait en 1500 un P.I.B. moyen par habitant supérieur de 37% à  celui du monde. De même, le P.I.B. moyen par habitant, en 1500 toujours, est presque 2 fois plus élevé en Europe qu'en Amérique du Nord. Les autres colonnes donnent les taux de croissance annuels moyens du P.I.B. par habitant pour une période. Ainsi, on peut voir que, entre 1700 et 1820, le P.I.B. par habitant de l'Europe occidentale a augmenté en moyenne de 0.1% par an.]

Que montre ce document ? D'abord que vers 1500, les écarts de développement étaient plus faibles, et nettement, qu'aujourd'hui puisque, entre la zone la plus développée (l'Europe occidentale) et les zones les moins développées (l'Afrique et les pays d'immigration européenne), l'écart n'est même pas de 1 à  2. Ensuite, on voit que la zone européenne démarre sa croissance autour de 1820 (0.9% de croissance annuelle moyenne entre 1820 et 1870, soit 9 fois plus vite que sur la période précédente) alors que l'Amérique latine ou le Japon n'ont des taux supérieurs à  1% qu'à  partir de 1870 et l'Asie après 1950 seulement. Quant à  l'Afrique, elle n'a connu que deux fois des périodes de croissance supérieure à  1% par an.

Liste d'activités
n°9 : Niveau de départ et évolution du PIB selon la zone
n°942 : Croissance nominale et croissance réelle du PIB français (1999-2004).

2.2 - Les inégalités qui résultent de ces différences de rythme de croissance. 0[0]

On observe sur la planète de grandes inégalités ce qui se traduit par une hiérarchie dans les niveaux de développement alors même que les inégalités à  l'intérieur des pays, y compris des pays les plus développés, n'ont pas disparu.

2.2.1 - De grandes inégalités de niveaux de vie entre pays. 0[0]

Les rythmes de croissance élevés dans certaines zones (Europe occidentale et Amérique du nord) se sont cumulés ce qui explique que les écarts de niveaux de vie entre les pays s'amplifient. Et comme tous les pays n'ont pas commencé leur développement à  la même date, les niveaux de développement atteints aujourd'hui sont marqués par de fortes inégalités. [Il ne faut comparer que des taux de croissance par habitant : en effet, on doit se rappeler que la croissance démographique reste beaucoup plus forte dans les pays où la croissance économique globale est la plus lente, d'où un taux de croissance du revenu par habitant souvent très faible, voire négatif sur certaines périodes.]

Titre : P.I.B. par habitant (en dollars P.P.A.) dans quelques pays en 2000 et taux de croissance annuel moyen (tcam), en %, de ce P.I.B. entre 1975 et 2000.

Source : P.N.U.D., Rapport mondial sur le développement humain, De Boeck, 2002.

  U.S.A. Norvège Japon France Argentine Chine Inde Niger
P.I.B./hbt 34 142 29 918 26 755 24 223 12 377 3 976 2 358 746
t.c.a.m. 1975-2000 + 2.0 + 2.6 + 2.7 + 1 .7 + 0.4 + 8.1 + 3.2 -

Ainsi, le P.I.B. par habitant est 45 fois plus gros aux Etats-Unis qu'au Niger (alors que les U.S.A. ne sont pas premiers au hit-parade du P.I.B. par habitant, et que le Niger n'est pas tout à  fait le dernier, non plus). Et comme la croissance annuelle moyenne (par habitant) est souvent plus faible dans les pays pauvres que dans les pays riches, comme pour le Niger, l'écart continue donc de s'accroître : pour qu'il se réduise, il faudrait que, de manière durable, le P.I.B. par habitant progresse plus vite dans les pays pauvres que dans les pays riches.

 

2.2.2 - ... qui créent une hiérarchie dans les niveaux de développement, 2[0]

Si l'on prend l'ensemble des pays du monde et qu'on essaie de les rassembler en groupes distincts, on peut distinguer :

  • Les pays développés (les pays d'Europe de l'ouest, les pays nord-américains, le Japon, l'Australie) : ils ont commencé leur croissance au 19ème siècle, ils ont accumulé du capital et du savoir-faire, ils ont la maîtrise des circuits financiers, ils ont un niveau de vie par habitant très élevé (même s'il y a des différences entre eux) et ils dominent les échanges internationaux de marchandises.
  • Les pays pauvres, voire très pauvres : ils rassemblent la plupart des pays africains, des pays sud-américains et certains pays asiatiques. Ces pays ont le plus grand mal à  démarrer un réel processus de développement. La production de richesses y augmente à  un rythme à  peine supérieur à  celui de l'augmentation de la population. Les infrastructures (par exemple de communication) y sont très déficientes. La question du pouvoir politique y est souvent mal réglée : il n'y a pas de réelle stabilité politique, la démocratie n'est souvent pas solidement installée, les tensions entre communautés différentes à  l'intérieur du pays sont souvent fortes, ce qui contribue à  rendre difficile la mise en place d'un processus de croissance économique. Il y a cependant une grande diversité à  l'intérieur de ce groupe de pays, tant dans le niveau de développement atteint que dans les structures sociales et politiques. Les termes que l'on utilise pour désigner ces pays sont assez variés (pays en développement, pays en voie de développement, pays sous-développés, etc…). L'O.N.U. a constitué un groupe de pays qu'elle appelle les " pays les moins avancés " (P.M.A.). On se rend bien compte que les appellations ne sont pas neutres : " les moins avancés ", cela laisse entendre que tout le monde avance, mais plus ou moins vite, " sous-développés " ne dit pas la même chose ! La question est évidemment de savoir pourquoi certains pays n'arrivent pas à  se développer et s'il n'y a pas des liens entre la diversité des rythmes de la croissance économique dans les différents pays. Autrement dit, on peut penser que ce qui se passe sur le plan économique dans un pays n'est pas indépendant de ce qui se passe dans le reste du monde. C'est bien sûr une des questions que nous aurons à  nous poser quand nous étudierons la mondialisation.

  • Les " nouveaux pays industrialisés " (N.P.I.) rassemblent des pays, essentiellement asiatiques, qui ont réussi, semble-t-il, dans les trente dernières années du 20ème siècle, à  amorcer un réel processus de développement, même si celui-ci reste fragile, comme l'a montré la crise qui a affecté les pays asiatiques dans les dernières années du 20ème siècle. Ces pays ont connu une croissance économique forte, une élévation sensible du niveau de vie moyen, une transformation rapide de leurs structures économiques et sociales (en particulier, chute de la part du primaire dans l'emploi et la production). Il faut y inclure la Chine qui sera probablement le géant du 21ème siècle.

Du fait que la croissance économique est plus lente dans les pays déjà  pauvres, l'écart entre les pays développés et les autres n'a cessé de s'accroître, spécialement depuis 1945. C'est ainsi un fossé qui s'est créé entre les pays riches et les pays pauvres et qui, pour le moment, ne cesse de s'agrandir si l'on excepte certains pays asiatiques.

Titre : Croissance du P.I.B. par habitant entre 1820 et 2000 pour quelques pays et espérance de vie à  la naissance en 2000 ;

Source : d'après les données d'A. Maddison, L'économie mondiale : une perspective millénaire, OCDE 2001 et P.N.U.D., Rapport mondial sur le développement humain, 2001.

- P.I.B. par habitant (en dollars internationaux de 1990) Espérance de vie à  la naissance (2000, en années)
1820 1900 2000
Etats-Unis 1 287 4 096 27 272 76.8
Royaume Uni 1 756 4 593 19 704 77.7
France 1 218 2 849 20 377 78.4
Chine 523 652 6 283 70.2
Inde 531 625 1 880 62.9
Ghana nc 462 1 111 57

En 1820, le Royaume Uni avait un P.I.B. par habitant 3.3 fois plus important que celui de l'Inde. L'écart est somme toute modeste. Entre les Etats-Unis et le Ghana, l'écart est de 1 à  près de 25 en 2000. Il y a là  un vrai fossé, d'autant que l'écart continue de s'accroître avec la plupart des pays pauvres. Pendant que le Ghana multipliait par 2.5 environ son P.I.B. par habitant entre 1900 et 2000, les Etats-Unis le multipliaient par 6,7 et la France par plus de 7. Cette grande inégalité de niveau de vie se traduit par de fortes inégalités dans l'espérance de vie à  la naissance : l'écart est de 20 ans environ entre les pays développés et le Ghana (pays d'ailleurs mieux placé pour ce critère que d'autres pays africains).

2.2.3 - sans que les inégalités à  l'intérieur des pays, même développés, ne disparaissent. 2[0]

Les inégalités de niveaux de vie restent fortes à  l'intérieur des pays, même dans ceux qui sont le plus développés. Si toutes les inégalités ne sont pas condamnables, on peut quand même s'interroger sur l'incapacité des pays les plus développés  à  régler la question de la pauvreté : dans tous ces pays, il existe une partie de la population qui ne peut accéder au standard de vie considéré comme normal. Même s'il est difficile de définir et de mesurer la pauvreté (nous reviendrons sur ces questions plus loin), on observe qu'une partie significative de la population vit dans ce qu'il est convenu d'appeler la pauvreté dans les pays occidentaux. Ainsi,  à  la fin des années 1980, la part de la population dont les ressources sont inférieures à  la moitié du revenu moyen de leur pays est variable selon les pays européens mais assez élevée : environ 11% en Allemagne (partie ouest), 14% en France et au Royaume-Uni, 17% en Espagne, 21% en Italie. Aux Etats-Unis, on estime que 15% environ des ménages sont pauvres, à  cette même date. (Ces données sont citées dans " Pauvreté et exclusion ", Rapport du Conseil d'Analyse économique, 1998)
Et cette partie, proportionnellement, ne régresse pas réellement, elle augmente même dans certaines périodes, comme dans les 20 dernières années du 20ème siècle aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Dans les pays les moins développés, la grande pauvreté est encore plus frappante, d'autant qu'elle est souvent juxtaposée à  la richesse étalée par quelques uns.

La pauvreté pose la question de l'intégration sociale : la pauvreté économique se cumule avec d'autres inégalités qui peuvent rendre difficile l'insertion dans la société et engendrer un processus d'exclusion. Or une société ne peut se maintenir si elle n'intègrent pas ses membres. On voit là  encore que les questions sociales et les questions économiques sont imbriquées les unes dans les autres.

2.3 - Les questions qui sont posées par la croissance. 0[0]

On peut recenser au moins deux questions : la croissance peut-elle se poursuivre indéfiniment et qui peut (ou doit) réguler la croissance, c'est-à -dire plus ou moins la contrôler ?

2.3.1 - La croissance peut-elle se poursuivre ? 0[0]

La formidable élévation du niveau de vie qu'ont connue certains pays donne envie à  tous de suivre le même chemin. Mais est-ce possible ? Le système économique qui s'est mis en place au fil des années et qui a rendu possible cette croissance dans certaines zones, débouche sur une économie mondialisée marquée par des phénomènes de domination et d'inégalités, où certains se demandent s'ils ont encore leur place (d'où la contestation par certains de la mondialisation). La question des inégalités est une vraie question politique qui risque de déboucher sur des conflits si elle n'est pas réellement traitée car on peut penser que certains pays ne se satisferont pas indéfiniment de rester à  l'écart du développement.
La poursuite de la croissance économique telle que nous l'avons connue depuis deux siècles est-elle même souhaitable ? C'est la question que posent de nombreux écologistes : quelle terre allons-nous laisser aux générations qui vont nous suivre ?
Nous reviendrons sur ces deux questions dès le premier chapitre.

2.3.2 - La question de la régulation de la croissance, donc celle de l'Etat et du pouvoir. 0[0]

La mondialisation de l'économie pose aussi la question de l'Etat : aux 19ème et 20ème siècles, la croissance s'est faite dans un cadre national et elle était encadrée et soutenue par l'intervention de l'Etat qui a joué un rôle essentiel. Aujourd'hui, les frontières sont perméables, pour les capitaux comme pour les marchandises, moins pour les hommes. Cela change très nettement la donne. De nouvelles questions apparaissent, dont la solution devrait souvent être trouvée au niveau international. C'est donc la question de la régulation qui est posée ici. Pour le moment, on a encore des Etats nationaux et un embryon de pouvoir supra-national, alors que la mondialisation se joue complètement à  l'échelon international.

Conclusion : face aux différences et aux inégalités qu'a engendrées la croissance, des questions fondamentales se posent tant au niveau des pays en développement qu'au niveau de la régulation et des objectifs que l'on assigne à  cette croissance.

Conclusion générale

Dans les transformations gigantesques que les sociétés ont connues depuis deux siècles, on peut voir l'œuvre de la rationalisation croissante des activités humaines et de l'individualisme, comme nous l'avons déjà  dit plus haut. Nous y reviendrons sans doute dans tous les chapitres du programme. Cela débouche sur une augmentation très sensible de l'efficacité des hommes avec ses bons côtés (on produit de plus en plus, de plus en plus vite, etc) et ses côtés moins reluisants (les inégalités, les problèmes écologiques, l'exclusion, etc). Ce sont donc tous ces aspects que nous essaierons de comprendre et sur lesquels nous nous interrogerons cette année. Finalement, à  propos de trois thèmes essentiels, la croissance économique, les transformations sociales, la mondialisation, nous nous interrogerons toujours sur le " comment ?", sur le " pour qui ?" et sur le " cela pourra-t-il durer ? " (c'est-à -dire les questions posées pour l'avenir).

Dans une première partie, nous réfléchirons à  ce qui rend possible (ou pas possible) la croissance économique. Nous verrons dans une deuxième partie comment se réalisent les transformations sociales. Enfin, nous verrons comment la mondialisation interagit sur la croissance et les transformations sociales.