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Banque de Ressources Interactives
en Sciences Economiques et Sociales
Entièrement gratuit. Réalisé par des enseignants de l'éducation nationale. CRDP de l'académie de Lyon.
Les cours, les activités, les notions, les parcours d'apprentissages... l'essentiel du contenu de Brises classé chapitre par chapitre
Avant de nous lancer dans la présentation des liens entre ces trois notions, il est nécessaire de les définir.
Etudions successivement ces trois notions.
De manière très simple, on peut dire que la croissance économique est l'accroissement sur une longue période des quantités de biens et services produits dans un pays.
Cette quantité de biens et services est mesurée chaque année : on utilise en général pour cela un indicateur que vous connaissez bien, le PIB (produit intérieur brut), c'est-à -dire, schématiquement, la somme des valeurs ajoutées. Quand on le peut, on prend en compte la croissance du PIB par habitant qui est bien plus significative que celle du PIB global.
[N'hésitez pas à aller voir la notion "valeur ajoutée " dans le chapitre 1 si vous avez besoin de réviser le programme de première. Vous trouverez en bas de cette page des activités vous permettant de vérifier ce que vous savez ou ne savez pas...]
Pour pouvoir comparer la valeur du PIB d'une année sur l'autre et voir si elle augmente, il est nécessaire d'enlever les effets de l'inflation sur la mesure du PIB, c'est-à -dire de le calculer à prix constants. En effet, comme le PIB est calculé en utilisant les prix des produits, si ce prix augmente, on peut croire que le PIB augmente alors que ce n'est pas vrai réellement.
Le plus souvent, la croissance économique est donc mesurée par le taux de croissance annuel du PIB réel (c'est-à -dire corrigé de l'inflation).
Remarquons que les économistes parlent tellement souvent de la croissance économique qu'ils en viennent à ne plus parler que de "la croissance" et tout le monde comprend qu'ils veulent parler de la croissance économique !
Enfin, signalons que nous ne nous interrogeons pas ici sur la validité de la mesure de la croissance et sur l'intérêt de la notion elle-même. Nous reviendrons sur ces points, essentiels, dans le chapitre 1. Vous pouvez (et devez !) également vous reporter aux notions du chapitre 1 : vous trouverez en particulier dans la notion "PIB" un rappel de définition et des développements sur les problèmes posés par sa mesure, ce qui est très important ici puisque c'est l'augmentation du PIB (ou du PIB par habitant) qui est retenue comme indicateur de la croissance économique.
Pour définir le développement, citons François PERROUX, un grand économiste français du 20ème siècle : "le développement est la combinaison des changements sociaux et mentaux d'une population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et durablement, son produit réel global" (in L'économie du XXè siècle, PUG, 1991). Autrement dit, le développement, c'est l'ensemble des changements sociaux et culturels qui rendent possible l'accroissement des quantités produites sur le long terme (c'est-à -dire la croissance économique).
Le développement est donc une notion moins quantifiable que la croissance économique. Parler de développement, c'est se poser des questions sur ce que l'on fait des richesses produites grâce à la croissance : la santé de la population s'accroît-elle, par exemple (ce qui permettra à long terme d'avoir une main d'œuvre plus productive, ce qui contribuera à renforcer la croissance) ? Mesurer le développement est donc difficile. L'ONU a donc construit des indicateurs plus qualitatifs, au premier rang desquels l'I.D.H. (indicateur de développement humain). : il s'agit d'un indicateur synthétique qui prend en compte le niveau de vie (mesuré par le P.I.B. réel par habitant puis, depuis 2010 par le RNB réel par habitant), la durée de vie (mesurée par l'espérance de vie à la naissance), le niveau de scolarisation (mesuré par 2 indicateurs : le taux brut de scolarisation des jeunes et le taux d'alphabétisation des adultes de plus de 15 ans qui ont été remplacés depuis 2010 par la durée attendue de scolarisation et par la durée de scolarisation moyenne). On peut citer également l'I.P.H. (indicateur de pauvreté humaine) remplacé depuis 2010 par l'indice de pauvreté multidimensionnelle, qui intègre davantage d'éléments que l'I.D.H. (des indicateurs d'accès à l'eau potable, de malnutrition, etc).
[N'oubliez pas d'aller consulter la notion "I.D.H ." dans les notions du chapitre 1. Vous y trouverez bien davantage de précisions].
[N'oubliez pas d'aller consulter la notion "I.D.H ." dans les notions du chapitre 1. Vous y trouverez bien davantage de précisions].
On parle de changement social pour désigner la transformation durable de l'organisation sociale et de la culture (normes et valeurs, par exemple) d'une société. G.Rocher, dans Introduction à la sociologie générale (tome 3, le changement social, Le Seuil, 1986), définit le changement social comme "étant toute transformation observable dans le temps, qui affecte d'une manière qui ne soit pas provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l'organisation sociale d'une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire".
Soulignons l'importance de l'aspect collectif du changement social : quand quelques couples ont des enfants sans être mariés, il s'agit d'exceptions sans grande signification ; quand la proportion des enfants nés hors mariage progresse pour atteindre les deux tiers des premières naissances (le premier enfant de chaque femme), ce qui est le cas en France aujourd'hui, c'est l'indicateur d'un réel changement social par exemple.
Dans les deux derniers siècles, le changement social a été d'importance : transformation de la stratification sociale (organisation de la société en groupe sociaux hiérarchisés), urbanisation, bouleversement des valeurs (pensez, par exemple, à la transformation des croyances religieuses), émancipation des femmes, et on pourrait ajouter bien d'autres exemples.
Le programme de la classe de terminale porte comme titre "croissance, changement social et développement". Maintenant que vous savez à peu près ce que désigent ces trois termes, nous devons présenter leurs liens et les questions qui sont posées par leurs relations: ce sont ces questions qui vont nous intéresser tout au long de l'année.