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en Sciences Economiques et Sociales
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Les cours, les activités, les notions, les parcours d'apprentissages... l'essentiel du contenu de Brises classé chapitre par chapitre
Avant de nous lancer dans la présentation des liens entre ces trois notions, il est nécessaire de les définir.
On parle de sociétés modernes pour les sociétés qui naissent de la révolution industrielle à partir du début du 19ème siècle. Mais les ferments de la modernité (ce qui fait advenir la modernité), on les trouve bien avant, par exemple dès le Siècle des Lumières quand commence à se développer de manière systématique l'esprit scientifique.
Il s'ensuit deux processus essentiels pour caractériser les sociétés modernes : la rationalisation des activités et la montée de l'individualisme.
[Attention à l'orthographe ! rationalisation et rationalité s'écrivent avec un seul "n" alors que rationnel en a deux. Ce n'est pas très rationnel, mais c'est comme ça !]
Dans les sociétés modernes, les comportements des acteurs (en particulier dans le domaine économique, mais pas seulement) sont marqués par une recherche croissante de rationalité. Qu'est-ce que la rationalité ? Pour Max Weber, c'est une des valeurs centrales des sociétés occidentales qui guident les comportements. Elle conduit à adopter des comportements résultant d'un choix raisonné visant à adapter ses moyens d'action à ses buts, indépendamment de la tradition, des croyances collectives ou des passions. Par exemple, cela consiste pour une entreprise à comparer les coûts et les avantages de telle ou telle décision en ne se fondant que sur les critères qui importent à l'entreprise, le profit ou l'image de marque de l'entreprise, par exemple.
La rationalisation, est le processus qui se développe au cours du temps et qui accorde à la rationalité une place de plus en plus grande. Dans les sociétés modernes, la rationalité triomphe. La rationalisation touche notamment le domaine économique avec la recherche du profit, le développement du progrès technique, mais aussi bien des domaines de la vie en société : ainsi, par exemple, lors d'un conflit, la participation active pourra être décidée par chacun en fonction de ce qu'il espère en retirer et de ce qu'il pense y risquer. Ce développement de la rationalité s'accompagne de (et a été rendu possible par) la séparation entre le politique et le religieux qui étaient, dans les sociétés traditionnelles, confondus (en France, par exemple, le roi était " de droit divin "). Le fait que la rationalisation se développe n'empêche pas la persistance d'autres modes de comportement.
La rationalisation des activités a pour conséquence le "désenchantement du monde" ( Max Weber). On entend par là l'idée que tous les phénomènes observables ont une explication scientifique, la magie ou le surnaturel n'expliquant rien : s'il ne pleut pas, ce n'est pas parce que les dieux sont en colère contre les hommes mais parce que l'anticyclone des Açores est placé de telle façon qu'il repousse tous les nuages ailleurs ! Le monde n'est donc plus " enchanté ", c'est-à -dire explicable par la magie.
Il ne faut pas confondre individualisme et égoïsme : l'individualisme désigne le processus par lequel, dans les sociétés modernes, les hommes se dégagent de plus en plus de l'emprise des institutions (famille, caste, religion, etc…) qui, autrefois, réglaient tous leurs comportements. Le résultat de ce mouvement est que chaque individu peut choisir librement son mode de vie, agir comme il l'entend (tant qu'il respecte les lois communes). Il ne faut cependant pas oublier le poids des structures dans la détermination des comportements des individus : vous avez vu en étudiant la socialisation en classe de Première, que nous reproduisons beaucoup de ce qui nous a été transmis. Dans une société moderne, l'individu peut choisir d'être égoïste, mais il peut aussi choisir de ne pas l'être, en fonction de ses valeurs, de l'éducation qu'il a reçue et de sa propre appréciation de la réalité !
Il faut souligner le corollaire de (c'est à dire l'élément qui va avec) cette place prépondérante accordée à l'individu : celui-ci est beaucoup plus seul pour assumer ses choix de vie. Quand la société dicte leurs comportements aux individus, ceux-ci n'ont plus de responsabilité personnelle. Quand c'est l'individu qui décide, il est responsable de ses décisions. Cette solitude peut être parfois difficile à supporter.
La montée de l'individualisme, si elle donne à chacun la liberté de choisir sa vie, n'est pas sans poser des problèmes collectifs. Comment la société va-t-elle réussir à intégrer les individus et à faire que le ciment social prenne ? Comment va-t-elle assurer la coordination et la régulation des activités économiques ? Comment va-t-elle garantir à chacun des individus qui la composent l'exercice et la protection de ses droits ? Enfin, si chacun se pense comme un individu détaché de toutes amarres sociales, comment construire une société démocratique, comment la penser même ? Toutes ces questions vont bien sûr être au cœur de ce que vous allez étudier cette année.
Depuis deux siècles, la croissance économique et le changement social ont bouleversé la physionomie du monde. Cependant, il ne s'agit pas d'un processus linéaire et généralisé : tous les pays ne connaissent pas les mêmes évolutions, toutes les époques ne connaissent pas les mêmes rythmes de croissance. Des inégalités sont apparues ou se sont renforcées, posant aujourd'hui de nombreuses questions. C'est ce que nous allons étudier maintenant.