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Quand on a bien compris la question et que l'on a trouvé des arguments qui justifient la réponse que l'on veut donner à la question, il reste une étape incontournable : il va falloir exposer ces arguments et on se doute bien qu'il vaut mieux le faire dans un certain ordre. Il va donc falloir les organiser, comme on dit, de manière à convaincre le lecteur (qui, pour vous, est souvent un correcteur) de la qualité de votre réponse à la question posée. Si vous ne le faisiez pas, vous auriez une suite d'arguments, mais pas une argumentation.
On va d'abord voir ce que signifie l'expression "construction de l'argumentation", puis les règles qui peuvent vous guider dans cette construction.
Vous avez sans doute deviné qu'il s'agit ici de construire ce que l'on appelle souvent le plan. "Faire le plan" est une tâche dont tous les élèves, sans exception, savent qu'elle est incontournable. Pourtant, ils ont parfois bien du mal à y parvenir. La raison en est sans doute qu'ils n'ont pas bien compris ce qu'était une argumentation : un ensemble d'arguments organisés pour apporter une réponse intéressante à la question posée. Cela suppose que l'on ait, avant de se poser la question du plan évidemment, compris la question, trouver la réponse que l'on veut y faire, trouver les arguments pertinents permettant de soutenir cette réponse. Faire le plan est donc la dernière chose que l'on fait avant de rédiger sa réponse. Il est impossible de commencer par faire le plan, on doit d'abord savoir ce que l'on veut répondre à la question et avoir des arguments pour étayer cette réponse.
Comment faire maintenant pour construire un plan ? La réponse à cette question est difficile, en particulier parce que la façon de procéder peut être très variable d'une personne à une autre. Certains savent faire des plans, mais si on leur demande comment ils font, ils ne savent pas très bien quoi répondre et disent souvent "parce que, comme ça, c'est logique". Ils mettent le doigt sur une des qualités d'un "bon" plan : ce plan doit permettre au lecteur de parvenir "logiquement" à la même réponse que vous. Cela suppose que vous ayez exposé des arguments qui s'enchaînent logiquement les uns aux autres, que vous ayez envisagé les contre-arguments (c'est-à -dire les arguments qui s'opposent aux vôtres) et que vous les ayez balayés, etc, tout cela sans jamais perdre du vue le sujet ni la réponse que vous voulez donner et qui doit être le fil conducteur de tout votre devoir. Un bon plan part du sujet et fait arriver à la réponse.
S'il n'y a pas de méthode générale qui garantisse de construire un bon plan, il y a cependant des règles qui peuvent vous aider, spécialement pour les devoirs d'une certaine ampleur, comme ceux du baccalauréat.
Vous l'avez compris, organiser ses arguments, c'est partir du début, c'est-à -dire la question posée, pour arriver finalement à la réponse. Voilà donc la première règle : toute argumentation doit commencer par l'analyse de la question (on appelle çà en général l'introduction) et doit finir par l'exposé de la réponse (on appelle ça en général la conclusion). Et cela est vrai quel que soit le type d'argumentation, de la petite question sur un document à la dissertation type bac, d'un petit article de journal à la thèse de doctorat. Il n'y a pas de bonne argumentation sans introduction et sans conclusion. Nous verrons plus loin des règles plus précises sur la forme que prennent introduction et conclusion dans une dissertation.
Votre but est de convaincre celui à qui vous vous adressez de la justesse de votre réponse. Il faut donc qu'il puisse se repérer dans les arguments que vous proposez : où sont les arguments les plus importants, quels sont les arguments qui sont un aspect seulement d'un argument plus important, etc. ? Il faut donc regrouper vos arguments selon ce qu'ils visent à montrer. En général, votre réponse, surtout quand il s'agit d'un sujet un peu important, type dissertation, a plusieurs aspects. Et pour chacun de ces aspects vous avez des arguments. Ce sont ces regroupements qui vont constituer les différentes parties de l'argumentation. La deuxième règle est donc que toute argumentation doit se décomposer en parties, en principe peu nombreuses (deux ou trois, les plans en plus de 3 parties sont très mal acceptés par la tradition universitaire française). Ces parties vont elles-mêmes être décomposées, en suivant la même logique. Evidemment si vous avez une petite question sur un document, le plan va être très simple, il n'y aura pas de découpage complexe des parties, mais il y aura quand même des parties.
Ensuite, et c'est essentiel, vos arguments doivent être reliés les uns aux autres par un enchaînement logique que vous devez être capable d'expliciter, c'est-à -dire d'exposer clairement. C'est cette logique qui va persuader le lecteur. C'est donc la troisième règle : les paragraphes doivent avoir un enchaînement logique apparent.
On peut noter qu'en fonction du sujet, on peut avoir des "plans-type" qui permettent de traiter la question à peu près correctement. Analyser le sujet permet alors de savoir quel est son type et de déterminer une organisation des arguments, souvent peu originale, mais qui convient à peu près.
Vous trouverez ci-dessous des activités pour vous aider à apprendre à construire une argumentation (pas forcément un plan de dissertation). Vous trouverez aussi des adresses de sites internet sur lesquels vous trouverez d'autres activités qui peuvent vous aider aussi.
La dissertation, exercice assez typiquement français, doit suivre des règles précises. Ces règles sont souvent considérées comme contraignantes et formelles (c'est-à -dire qui concernent la forme). Elles le sont certainement. Mais il faut aussi admettre que ces règles aident à construire une argumentation solide et à la présenter de façon convaincante. Et quand on n'arrive pas à respecter ces règles, c'est bien souvent que l'argumentation n'est pas très solide.
Quelles sont donc les règles qu'il faut essayer de respecter quand on doit rédiger une dissertation ?
Un plan en deux ou trois parties maximum, elles-mêmes divisées en deux ou trois paragraphes (pas plus, pas moins), eux-mêmes divisés éventuellement en deux ou trois sous-paragraphes. Traditionnellement, le plan n'est pas apparent, c'est-à-dire qu'on n'écrit pas tel quel le titre des parties. Au baccalauréat en SES, le plan apparent est normalement accepté, à condition que le titre des parties ait du sens : il faut donc en général mettre une phrase avec un verbe conjugué.
Pour chaque partie, un chapeau introductif, donnant le sujet étudié dans cette partie et justifiant le plan suivi à l'intérieur de la partie, et une conclusion partielle à la fin de la partie pour dire clairement quel élément de la réponse globale on a montré dans cette partie. Inutile de dire que les affirmations soutenues à l'intérieur des parties doivent être argumentées [si vous ne savez pas ce que c'est qu'un argument, reportez-vous aux modules précédents]. En SES, on utilise pour cela, entre autres, les éléments trouvés dans le dossier documentaire.
Une transition entre les parties mettant en évidence le lien logique entre les deux idées soutenues dans les parties.
Une introduction solidement charpentée (donc forcément d'une certaine longueur...), comprenant une "accroche" (c'est-à -dire une entrée en matière qui permettra ensuite de poser le sujet), la présentation de la question (on pose le sujet, comme on dit), une analyse de cette question débouchant sur une façon d'aborder le sujet (ce que certains appellent la problématique), l'annonce d'un plan qui dépend clairement de l'analyse que l'on vient de faire du sujet (c'est-à -dire qu'il faut justifier le plan retenu). L'analyse du sujet nécessite assez souvent de définir les termes essentiels du sujet mais ce n'est en aucun cas une règle : donner systématiquement la définition des termes du sujet, sans la relier à l'analyse que l'on fait de la question et du plan qui va suivre, ne sert à rien et est donc inutile. En SES, l'annonce du plan est explicite et on sait très clairement, dès l'introduction, où on va. Ce n'est pas le cas dans d'autres disciplines comme en français ou en philosophie.
Une conclusion, en général beaucoup plus brève que l'introduction, qui doit répondre de manière claire et explicite à la question posée en reprenant les conclusions partielles des différentes parties. En principe, la conclusion doit également contenir une "ouverture", c'est-à -dire une nouvelle question qui se pose, logiquement, une fois la question posée dans le sujet résolue (ce qu'on a normalement fait à l'issue du devoir). Tous les élèves savent qu'il faut faire une ouverture et ils essaient souvent de le faire. Malheureusement, la qualité des ouvertures est en général très mauvaise. Mieux vaut pas d'ouverture qu'une mauvaise ouverture. En revanche, la réponse claire à la question posée est absolument indispensable.
Vous remarquez que ce qui prime dans ces règles de construction d'une dissertation, c'est la logique générale, le raisonnement, l'enchaînement des idées les unes aux autres. Le contenu peut être plus ou moins complet, cela changera certes votre note, mais si vous ne suivez pas un fil directeur, si vous n'avez pas réellement de réponse claire au sujet, si vos idées sont juxtaposées les unes aux autres sans lien logique, vous risquez bien d'avoir une note décevante, quel que soit le niveau de vos connaissances.