Fiche Notion : solidarité mécanique / organique

Cette notion est inscrite comme notion complémentaire au Programme de sciences économiques et sociales de la classe de terminale, série ES (arrêté du 30 Juillet 2002).

Lexique 0[0]

Solidarité mécanique : liens sociaux entre individus ayant des valeurs communes.

Solidarité organique : liens sociaux entre individus ayant des fonctions, des activités complémentaires.

Définition 0[0]

Cette distinction entre deux formes de solidarité dans une société a été faite dès le 19ème siècle par Emile DURKHEIM, le premier sociologue français.

  • Solidarité mécanique : la cohésion sociale d'une société à  solidarité mécanique est caractéristique d'une société connaissant une très faible division du travail comme dans les sociétés primitives ; les activités, les valeurs sont les mêmes pour tous les individus ou presque, ce qui les unit mécaniquement les uns aux autres. Les valeurs s'imposent aux individus et l'attachement des individus au groupe est fort. L'individualisme est donc faible, voire très faible, il est ressenti comme une menace pour la solidité de la société.
  • Solidarité organique : la cohésion sociale d'une société à  solidarité organique est caractéristique d'une société connaissant une forte division du travail comme c'est le cas dans les sociétés industrielles ; les activités exercées par les individus, leurs fonctions, sont souvent différentes les unes des autres et nécessaires les unes pour les autres : c'est leur complémentarité qui fonde la cohésion sociale. Ce sentiment de solidarité ne s'impose pas de lui-même mais par l'action de groupes spécialisés (corporations, etc.) qui déterminent des règles sociales acceptables pour tous. La diversité des activités, des fonctions, des valeurs, favorise l'existence de personnalités diverses, l'individualisme est possible (les individus se différencient les uns des autres) et même encouragé.

 

Enjeux 0[0]
  • Dans notre société peut-on parler de solidarité mécanique ? Sans doute pas pour la société dans son ensemble mais peut-être pour des groupes sociaux plus restreints. Autrement dit, la solidarité mécanique n'a pas forcément disparu sous prétexte que nous sommes dans des sociétés modernes.

  • La complémentarité basée sur des activités marchandes est-elle suffisante pour établir la cohésion sociale ? N'y a-t-il pas autant conflits, sentiments d'injustice que complémentarité ? La régulation des activités économiques par le seul marché est-elle suffisante ? L'Etat peut-il légitimement intervenir ? N'est-il pas trop éloigné des réalités économiques et sociales ? Toutes ces questions pose la même question de fond : sur quoi repose la cohésion sociale des sociétés modernes ?
Tendances 0[0]

D'après E. Durkheim, les sociétés passent très progressivement d'une cohésion sociale fondée sur la solidarité mécanique à  une cohésion sociale fondée sur la solidarité organique. La croissance de la population, l'amélioration des communications etc. nécessitent et permettent la spécialisation des individus. Les individus nouent des liens sociaux à  travers les échanges par exemple, qui ne cessent de progresser. Un sentiment de solidarité peut donc apparaître fondé sur la reconnaissance de la complémentarité entre individus spécialisés. Ce changement social se traduit par un développement de l'individualisme ; la diversité des modèles de comportement laisse une plus grande autonomie aux individus.

Indicateurs 0[0]

Pour E. Durkheim, c'est la nature du droit qui informe du type prédominant de solidarité dans une société. Lorsque prédomine un droit répressif (qui inflige une peine au criminel), il s'agit d'une société à  solidarité mécanique ; le criminel a offensé la société. A l'inverse, lorque prédomine un droit restitutif (qui remédie au défaut de coopération entre individu en essayant de "réparer",  par exemple en octroyant des dommage et intérêts), il s'agit d'une société à  solidarité organique ; le criminel n'a offensé qu'un autre individu (ou plusieurs), et non pas l'ensemble de la société.

Erreurs Fréquentes 0[0]
  • Confondre la notion courante de solidarité avec la notion sociologique utilisée par E. Durkheim.

  • Croire qu'il n'existe plus aucune forme de solidarité mécanique dans notre société.

  • Croire que la solidarité mécanique ou organique est organisée par l'Etat.

  • Ne pas avoir conscience de l'évolution progressive et à  très long terme d'une forme de solidarité à  l'autre.

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