Fiche Notion : échanges internationaux*

Notion utile mais qui n'est pas inscrite au Programme de sciences économiques et sociales de la classe de terminale, série ES (arrêté du 30 Juillet 2002)

Lexique 0[0]

Ensemble des transactions transfrontières se réalisant, chaque année, entre les agents résidents d'une nation étudiée et ceux du reste du monde.

Définition 0[0]

Les échanges internationaux désignent l'ensemble des transactions transfrontières qui peuvent se produire, tous les ans, entre les agents résidents d'une nation étudiée et ceux du reste du monde. Ils regroupent donc les flux de marchandises, de services, de travailleurs, de moyens de paiement, et de capitaux.

Enjeux 0[0]

Avec le passage à  l'euro, il subsiste au moins 1 des 2 grandes raisons de prêter une grande attention à  la question de l'équilibre des échanges extérieurs d'un pays comme la France.

Ces 2 raisons étaient aussi les 2 aspects d'une contrainte considérée comme essentielle dans les années 80 notamment : la ""contrainte extérieure"" :

- La première raison, ou le premier aspect, était liée à  l'activité du pays et à  l'emploi (en économie ouverte). En effet, dans la fameuse égalité des emplois et des ressources,

PIB   Importations = Consommation Investissement Exportations ou - Variations de stocks

les termes de droite sont considérés comme les moteurs de la croissance (et donc de l'emploi). Une économie ouverte ne peut pas se contenter des 2 premiers moteurs car si sa production n'est pas assez compétitive cela va entraîner beaucoup d'importations et peu d'exportations au détriment de l'emploi. En revanche, si elle est compétitive la balance commerciale sera favorable et cela ajoutera un 3ème moteur à  sa croissance au profit de l'emploi.

Cette bonne raison de surveiller l'équilibre extérieur de la France existe toujours.

- La seconde raison, ou le second aspect, était lié à  la défense de notre monnaie. En effet, quand un pays est responsable de sa monnaie, le déficit commercial correspond à  une sortie nette de devises. Or rares sont les pays dont la monnaie est très demandée à  l'extérieur quelle que soit leur compétitivité (en fait seuls les Etats-Unis disposent de ce privilège). Pour tous les autres pays déficitaires, les non-résidents perdent rapidement confiance en la solidité d'une telle monnaie. Ils s'empressent donc de la convertir, au détriment des réserves de la banque centrale concernée. Cette situation n'est pas longtemps tenable pour une autre raison : que l'on soit en régime de changes fixes ou en régime de change flottants, la perte de confiance dans une monnaie va faire pression à  sa baisse (dévaluation ou dévalorisation selon le cas). Ceci a pour résultat de rendre les importations plus chères, ce qui est très pénalisant, notamment pour des pays dont la production est très dépendante de fournitures stratégiques (comme l'énergie par exemple)…

Cette autre bonne raison de surveiller l'équilibre extérieur de la France n'existe plus sous cette forme depuis le passage à  l'euro (dès le 1/1/1999) ; mais on la retrouve bien entendu à  un autre niveau : c'est l'ensemble des pays de la zone euro qui doit être assez compétitif par rapport au reste du monde pour que leur monnaie unique ne prête pas le flanc à  une telle défiance et à  ses conséquences.

 

Autres enjeux et débats :

  •  

  • A quoi bon avoir une économie de plus en plus ouverte ? C'est le fameux débat sur les mérites respectifs du libre-échange et du protectionnisme. Si l'ouverture profite surtout aux plus forts, sans doute faut-il ne s'ouvrir que progressivement au fur et à  mesure qu'on devient fort dans certains domaines… Mais cela fait l'objet de longs développements et de débats contradictoires…

     

  • A quelles conditions une stratégie d'ouverture s'avèrera-t-elle profitable à  long terme pour le pays qui l'adopte ? C'est le débat sur l'évolution des termes de l'échange. En effet les pays qui gagnent, à  moyen et long terme, grâce à  cette stratégie sont notamment ceux qui parviennent à  faire évoluer favorablement le rapport de leur indice prix à  l'exportation sur leur indice de prix à  l'importation. Et inversement… D'où la question suivante :

     

  • La stratégie de l'ouverture accélérée est-elle bien raisonnable pour les pays en retard de développement et peu innovants ? En régime de libre-échange ils risquent d'avoir du mal à  défendre le pouvoir d'achat de leurs exportations. Ceci pose donc de façon pertinente la question du type de coopération Nord-Sud qui devrait rendre cette stratégie gagnante pour tous les partenaires et pas seulement pour les plus avancés.

     

  • Au delà  de l'ouverture commerciale, faut-il prévoir des limites à  la libre circulation des travailleurs et des capitaux ?
    •  

    • Concernant les travailleurs, cela pose le problème de la meilleure répartition des forces vives du développement sur la planète. Ce problème d'aménagement du territoire mondial est inséparable de la question suivante:

       

    • Concernant le capital technique, cela pose le problème des transferts de technologie et de l'adaptation optimale des technologies aux différents milieux candidats au développement. Là  encore, le libre-échange ne suffira sans doute pas pour que ces transferts soient spontanément financés et qu'ils s'avèrent spontanément aussi gagnants pour les fournisseurs que pour les preneurs de tels transferts.

       

    • Concernant le capital financier, cela pose le problème de la régulation des énormes flux de capitaux, le plus souvent gérés par des investisseurs institutionnels drainant, au jour le jour, l'épargne mondiale vers les zones aux placements réputés les plus rentables. Là  encore, la liberté totale de cette circulation peut être un facteur d'instabilité des financements de l'investissement international dans la mesure où il peut être pris dans les tourmentes de logiques spéculatives susceptibles de faire et de défaire très rapidement la confiance dans certaines technologies, dans certaines zones, dans certaines monnaies…

     

  • Tout cela pose le problème des institutions nécessaires à  l'étape actuelle de la mondialisation et de la globalisation économique : Quelles institutions monétaires, financières, mais d'abord politiques… Comment réguler et ""normaliser"" tous ces flux pour qu'ils ne provoquent pas des déséquilibres majeurs ? Comment concevoir un hiérarchie de toutes ces nouvelles normes internationales à  produire pour assurer, autant que possible, les conditions d'un développement durable de toutes les zones ? (normes politique, juridiques, en matière de droits de l'homme, en matière de droit du travail, en matière d'environnement, en matière commerciale, financière, fiscale, etc…).

     

  • C'est ici que l'on voit que la régulation de la mondialisation économique ne pourra vraisemblablement se poursuivre que dans le respect d'un certain nombre de conditions d'une mondialisation culturelle respectueuse d'une certaine diversité, sans quoi le processus de globalisation pourrait se heurter à  l'apparition de graves conflits politiques et culturels…
Tendances 0[0]

La grande tendance dans ce domaine porte un nom bien connu : la mondialisation.

Le terme américain est ""globalization"" mais sa traduction littérale en français (globalisation) insiste davantage sur les aspects financiers et moteur économique libéral qui donnent sa forme à  la mondialisation actuelle, (le terme mondialisation pourrait -a priori- recouvrir un phénomène beaucoup plus multidimensionnel).

La globalisation fait tout de suite penser à  ce que l'économiste français H. Bourguinat nommait, dès 1982, le mouvement des ""3D"" : déréglementation (de tous les flux), décloisonnement (des flux monétaires et des flux financiers), et désintermédiation (des moyens de financement de l'investissement qui tendent à  passer de moins en moins par le crédit bancaire et de plus en plus par le financement direct auprès des marchés financiers qui drainent l'épargne) ; et tout ceci de plus en plus directement au niveau mondial bien entendu. Ce terme suggère que de là  découle la forme actuellement imprimée au mouvement de la mondialisation économique, sociale, culturelle, et à  son mode de gouvernance privilégiée (autour de la libre-entreprise, elle même pilotée par son actionnariat).

Quoi qu'il en soit, la tendance lourde est à  la multiplication des flux transfrontières et notamment des flux de capitaux.

Indicateurs 0[0]

Indicateurs et instruments d'évaluation des échanges : l'exemple de la France
Traditionnellement, en France, le principal instrument de mesure des échanges internationaux est la balance des paiements, établie tous les ans, et principalement chargée de récapituler toutes les occasions d'entrées et de sortie de devises du pays.

L'analyse des différents étages de ces échanges, ainsi que leur évolution, permettait notamment d'évaluer les gains ou pertes de confiance dans la monnaie nationale du point de vue international.

C'est donc la Banque de France, qui était l'institut d'émission et la gardienne de notre monnaie, qui se chargeait de publier ce document important et complexe dans sa version intégrale.

De nos jours, la Banque de France continue d'établir et de publier ce document, bien que son enjeu ne soit plus directement la défense de notre monnaie depuis que nous sommes entrés dans la zone euro. C'est pourquoi elle publie désormais, parallèlement, la balance des paiements de la zone euro, qui a un enjeu plus direct en ce qui concerne la valeur de l'euro.

La balance des paiements ne décrit pas les flux de personnes (travailleurs ou étudiants ou touristes) en tant que tels, puisqu'elle s'intéresse uniquement aux conséquences sur les flux de devises que tout cela peut générer. Elle tâche donc de décrire toutes les transactions commerciales et financières.

Les principaux ""étages"" de la balance des paiements présentée par la banque de France se trouvent dans la présentation très simplifiée de ce tableau :

DOC 1/ BALANCE DES PAIEMENTS DE FRANCE Présentation simplifiée (données brutes en millions d'euros) Année 2000

  Crédits Débits Soldes
1. COMPTE DE TRANSACTIONS COURANTES
505 120 482 457 22 663
1.1. BIENS 320465 318743 1722
1.2. SERVICES 88474 67703 20771
1.3. REVENUS 77679 62569 15110
1.4. TRANSFERTS COURANTS
18502 33442 -14940
2. COMPTE DE CAPITAL 2053 575 1478
3. COMPTE FINANCIER 3 488 882 3 519 568 -30 686
3.1. INVESTISSEMENTS DIRECTS 70580 209867 -139287
3.2. INVESTISSEMENTS DE PORTEFEUILLE 3317611 3276523 41088
3.3. AUTRES INVESTISSEMENTS
92892 33093 59799
3.4. PRODUITS FINANCIERS Dà‰RIVà‰S 5050 5050  
3.5. AVOIRS DE Rà‰SERVE 2749 85 2664
4. ERREURS ET OMISSIONS NETTES 6 545 6 545  
5. TOTAL Gà‰Nà‰RAL 4 002 600 4 002 600  


(Cette présentation simplifiée suffit pour nous montrer quelques ordres de grandeurs significatifs.)

Erreurs Fréquentes 0[0]
  • Confusion entre balance commerciale et [BALANCE_DES_PAIEMENTS] (ce qui amène à  parler de déficit ou d'excédent de cette dernière…) et confusion aussi avec les autres balances intermédiaires.
  • Tendance à  attribuer à  la seule balance commerciale toute la responsabilité de l'équilibre extérieur du pays (ce qui amène à  une conception très rudimentaire de la notion de contrainte extérieure).
  • Confusion entre déficit commercial et déficit budgétaire du pays
  • Confusion entre taux d'ouverture et taux de couverture
  • Confusion entre flux monétaires et flux financiers.
  • Confusion entre taux d'intérêt et taux de change ou non compréhension du lien entre les deux.
En Savoir Plus 0[0]

Extrait de la note de conjoncture internationale publiée en juin 2000 par la Direction de la Prévision)

 

Les Investissements Directs Etrangers, un des principaux vecteurs de la globalisation des économies, s'intensifient.

Depuis près de 15 ans, les Investissements Directs Etrangers (IDE) sont un des principaux vecteurs de la globalisation des économies. Les pays industrialisés restent les principaux investisseurs et les principaux pays d'accueil de capitaux, mais certains pays émergents sont devenus très attractifs.

L'évolution récente des flux d'IDE illustre une intensification du processus d'investissement qui tranche par certains aspects avec la tendance observée du milieu des années quatre-vingt à  la fin des années quatre-vingt dix : le dynamisme de l'économie américaine attire beaucoup d'IDE alors que les sorties d'investissements de l'Union européenne surpassent de plus en plus les entrées.

 

1. La vive croissance des IDE est d'abord le reflet de la globalisation au sein des pays industrialisés.

 

Les pays industrialisés sont les premiers pays investisseurs et les premiers pays d'accueil. Leur part, de l'ordre de 95 % du stock total des IDE à  l'étranger sur la décennie 80, a tendance à  s'amoindrir dans la décennie suivante, mais reste très élevés (plus de 90  %). Le poids des stocks d'IDE (entrants comme sortants) dans le  PIB aux Etats-Unis est comparable à  celui constaté en France et en Allemagne.

Si les pays industrialisés monopolisent les places de premiers pays investisseurs, leur suprématie s'atténue en termes de flux d'investissements entrants. Certains pays émergents occupent une place non-négligeable dans le classement des pays d'accueil. En témoignent les places de la Chine et du Brésil, respectivement troisième et cinquième en 1998.

Les investissements directs semblent suivre le cycle de la production industrielle mondiale. On peut en effet déceler une certaine corrélation entre les phases d'expansion ou de stagnation mondiale et celles des investissements directs.

 

2. Les flux d'IDE enregistrent depuis quelques années une croissance sans précédent et les Etats-Unis sont devenus le premier pays d'accueil.

 

Depuis le milieu des années 80, l'investissement direct connaît une phase d'expansion très importante. Cette tendance semble s'accentuer depuis la fin des années 90. Les flux d'IDE sortants ont crû de plus de 41 % en 1998 après une année record en 1997. D'après les premiers chiffres de la CNUCED, ce mouvement s'est poursuivi en 1999(  25 %).

Les pays développés ont attiré en 1999 près des trois-quarts des IDE mondiaux (609 milliards de dollars). L'Union européenne dans son ensemble constitue le premier investisseur mondial. En son sein, la France s'est illustrée comme l'un des investisseurs les plus dynamiques de la zone euro en 1999. Avec 107 milliards de dollars d'investissements réalisés, elle dépasse désormais l'Allemagne (98 milliards de dollars).

L'évolution des soldes d'investissements directs observée sur les dernières années redessine la carte des entrées-sorties au sein des pays industrialisés. Les Etats-Unis sont passés d'investisseurs nets à  importateurs nets d'IDE. En revanche, l'Union européenne dans son ensemble accentue son rôle d'investisseur net. Le Royaume-Uni contribue, à  lui seul, quasiment autant que la zone euro aux sorties de capitaux de l'Union européenne (hors intra).

Les flux à  destination des pays en développement ont progressé de 15 % en 1999 après une stagnation en 1998 - en partie liée à  la crise dans le monde émergent -, et représentent près de 24 % de l'ensemble des flux d'IDE. Jusqu'en 1998, l'Asie en développement a été la première zone émergente d'accueil d'IDE suivie par l'Amérique Latine. La crise asiatique de 1997 a infléchi cette répartition en comblant l'écart d'investissement dans ces deux zones. Pour l'année 1999, l'Amérique latine et les Caraïbes ont ainsi attiré plus d'investissements directs que les pays en développement d'Asie. Ces évolutions confirment l'importance des facteurs d'attractivité des pays émergents pour les investissements directs étrangers .

 

3. Si le classement des principaux pays investisseurs et des principaux pays d'accueil reste quasiment inchangé dans le temps, l'évolution de la structure géographique des flux témoigne de l'évolution des stratégies des investisseurs.

 

Entre 1987 et 1996, les Etats-Unis ont tendance à  se désengager de l'Amérique du Nord pour se recentrer vers l'UE, et vers les pays d'Amérique latine. Les investisseurs japonais (qui avaient privilégié l'Amérique du Nord ainsi que l'Amérique latine durant la seconde moitié des année 80 ainsi qu'au début des années 90) se redéploient désormais vers les pays d'Asie (au détriment de l'Amérique et de l'UE). Enfin et surtout, l'UE se recentre sur elle-même.

Une certaine similitude caractérise le comportement des principaux membres de l'UE. Le Royaume-Uni, après une forte présence en Amérique du Nord mais également en Amérique latine, se redéploie vers l'UE. L'Italie se recentre vers l'UE à  partir du début des années 90 au détriment de l'Amérique latine et des autres pays d'Europe. L'Allemagne participe également au recentrage sur l'UE. Seule la France, qui avait entamé un recentrage vers l'UE, a amorcé un nouveau mouvement en direction de l'Amérique latine et de l'Asie.

La réorientation géographique des investissements des pays de la Triade a sensiblement affecté la nature des stocks d'investissements étrangers au sein des pays émergents. En Amérique latine notamment, les Etats-Unis continuent en 1998 d'être le principal pays investisseur avec un montant de 17 milliards de dollars. Mais une forte croissance des flux en provenance des pays européens commence à  remettre en cause cette domination. En Afrique, les principaux flux d'IDE proviennent principalement de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis.

 

4. Depuis quelques années, les investissements directs des Etats-Unis et de l'Union européenne s'intensifient en raison de l'accélération des fusions acquisitions.

 

Les évolutions récentes témoignent d'un grand dynamisme des investissements de l'Union européenne vers l'extérieur. Les investissements directs des membres de l'UE (y compris ceux réalisés à  l'intérieur de la zone) vers l'étranger ont été multipliés par deux et demi de 1997 à  1999. Cette croissance s'est accompagnée d'une réorientation sensible vers l'extérieur de la zone.

Sur les deux dernières années, les entrées de capitaux en Europe ont été moins dynamiques que les sorties.

L'Union européenne est sans doute devenue un important investisseur net en raison de la nécessité pour les groupes européens d'acquérir une structure internationale et une taille leur permettant de rivaliser avec leurs concurrents outre Atlantique. Le mouvement actuel d'accélération des fusions acquisitions explique largement ce dynamisme des IDE. Les entreprises européennes semblent en effet s'orienter vers la constitution de groupes supranationaux, à  même d'agir sur les marchés mondiaux.

 

Source INSEE TEF 2001

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