- Lexique 1[1]
-
C'est se financer "par soi-même" : l'entreprise utilise ses profits (de l'année ou des années antérieures) pour financer ses investissements.
- Définition 0[0]
-
L'autofinancement est un mode de financement interne à l'entreprise : ce sont les ressources financières obtenues au sein même de l'entreprise grâce à son activité, sa rentabilité qui permettent ce financement.
L'autofinancement se mesure à travers les dotations aux amortissements (renouvellement des équipements), les provisions et les bénéfices non distribués, autrement dit mis en réserve.
- Enjeux 0[0]
-
On retrouve ici les enjeux du partage de la valeur ajoutée : quelle part dans la valeur ajoutée destinée aux revenus du capital pour dégager des moyens financiers propres à l'entreprise ? Donc un partage en faveur de l'entreprise qui peut être aux dépens des salariés, une priorité accordée aux investissements aux dépens de la consommation.
L'autofinancement traduit le fondement de la logique capitaliste, la manière de dégager un profit et de l'utiliser. Le profit n'est pas un simple revenu des propriétaires du capital, il est une arme financière pour assurer la compétitivité de l'entreprise à travers ses capacités à investir et en particulier à introduire l'innovation dans le processus de production.
Enfin, la fiscalité sur les bénéfices est aussi un enjeu essentiel et d'actualité dans la concurrence que se font les entreprises dans le cadre de la mondialisation et en particulier dans le cadre de l'Union européenne. L'impôt sur les sociétés est un prélèvement sur les bénéfices et qui ainsi réduit plus ou moins les ressources propres à l'entreprise.
- Tendances 0[0]
-
Pour l'économie française, on peut faire référence à l'évolution des modes de financement après 1945 :
- jusqu'aux années 1970, l'autofinancement des entreprises françaises est relativement faible et compensé par l'appel au crédit: c'est le temps d'une économie d'endettement qui met le système bancaire au coeur du financement des entreprises.
- à partir des années 1980, le rôle des fonds propres à l'entreprise (profit et émission d'actions par augmentation de capital) devient essentiel : l'autofinancement des entreprises françaises et l'appel au marché financier nous font rentrer dans un modèle financier dit anglo-saxon de finance directe. La mondialisation renforce cette logique financière.
- Indicateurs 0[0]
-
On peut, pour évaluer l'importance de l'autofinancement, utiliser plusieurs indicateurs :
- le taux de marge = excédent brut d'exploitation (EBE) / valeur ajoutée (VA)
- la marge brute d'autofinancement ou cash-flow = les bénéfices distribués et mis en réserve + les amortissements. Cet indicateur mesure la capacité d'autofinancement de l'entreprise.
- le taux d'autofinancement = épargne de l'entreprise (profit mis en réserve) / FBCF
Taux de marge et taux d'autofinancement sont les deux indicateurs à connaître impérativement.
- Erreurs fréquentes 0[0]
-
-
ne pas confondre taux de marge et taux d'autofinancement : le premier est un indicateur du partage de la valeur ajoutée, le second de la capacité à autofinancer les dépenses d'investissement.
On peut ajouter que l'EBE est un indicateur de résultat financier qui conduit vers le profit mis en réserve mais ces profits mis en réserve peuvent être mobilisés pour rembourser des capitaux empruntés (par exemple si l'entreprise est trés endettée) ; un EBE élevé ne conduit donc pas forcément à une forte capacité d'autofinancement. -
un taux d'autofinancement peut dépasser 100%. Cela n'est pas toujours interprété comme un bon indicateur d'une capacité élevée de l'entreprise à financer ses investissements par ses propres ressources. Ce résultat peut aussi indiquer la faiblesse de l'investissement : les profits mis en réserve sont peu mobilisés dans l'effort d'investissement mettant en danger l'entreprise, ou l'économie dans son ensemble, dans la course à la compétitivité.
-
- En savoir plus 0[0]
-
-
le partage de la valeur ajoutée en France : Ecoflash n° 192, novembre 2004, CNDP.
-
les chiffres de l'économie 2007 : Alternatives économiques, hors-série n° 70, 4e trimestre 2006, "A qui profite la croissance ?" p.16-17.
-
sur le site de l'Insee, dans "Comptes nationaux annuels", "Secteurs institutionnels" et "Entreprises non financières".
-
- Notions associées
-
- CHAPITRE 1 : FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE (FBCF)
- CHAPITRE 1 : financement externe
- CHAPITRE 1 : Investissement
- CHAPITRE 1 : épargne
- CHAPITRE 1 : excédent brut d'exploitation*
- Activités associées