Fiche Notion : Valeur ajoutée

Attention cette notion est inscrite comme notion essentielle au Programme de sciences économiques et sociales de la classe de terminale, série ES (arrêté du 30 Juillet 2002), elle peut donc appaître dans les sujets du Baccalauréat!

Lexique 0[0]

La valeur ajoutée mesure la production créée et vendue par une entreprise. L'expression "valeur ajoutée française" désigne le PIB français, qui est pour l'essentiel la somme des valeurs ajoutées des entreprises implantées en France.

Définition 8[0]
  • La valeur ajoutée est la mesure de la production nouvelle réalisée dans une entreprise. En effet, quand une entreprise produit pour 3 millions d'euros de produits, elle n'a pas créé elle-même la totalité de cette production car elle a acheté des produits (biens et services, par exemple les matières premières, l'électricité, etc...) à  d'autres entreprises. Il est intéressant de savoir ce qu'elle a effectivement produit, c'est-à -dire la valeur qu'elle a ajoutée à  la valeur des biens qu'elle a achetés à  l'extérieur. C'est ce que mesure la valeur ajoutée.
    Prenons un exemple : il est rare quand on veut acheter un vélo de le trouver sans pneus. Et le prix est global : on achète le vélo avec ses pneus sans savoir ce que valent les pneus. Pourtant l'entreprise qui a fabriqué ce vélo et nous le vend (elle va donc encaisser le prix que nous allons payer) n'a pas fabriqué ces pneus car il s'agit d'une technologie complètement différente de la construction de bicyclettes. C'est par exemple Michelin qui a fabriqué ces pneus. Pour évaluer la production réalisée dans l'entreprise qui fabrique les bicyclettes, il est nécessaire d'enlever le montant correspondant à  l'achat des pneus du montant encaissé lors de la vente du vélo.
  • Pour connaître la valeur ajoutée d'une entreprise sur une période donnée (un an, par exemple), on doit donc soustraire du chiffre d'affaires de l'entreprise (c'est-à -dire le montant de ses ventes pendant l'année) le montant total de ses consommations intermédiaires (c'est-à -dire la valeur des produits achetés à  d'autres entreprises pour être incorporés dans la production), aux variations de stocks près (quand l'entreprise ne vend pas toute sa production, elle augmente ses stocks et cela correspond quand même à  de la production). On a donc, schématiquement :

    Valeur ajoutée brute = chiffre d'affaires - consommations intermédiaires

    La valeur ajoutée est dite "brute" car on n'a pas enlevé du chiffre d'affaires le montant correspondant à  l'usure du capital (ce que l'on appelle l'"amortissement"). Si on l'enlevait, on parlerait de valeur ajoutée "nette". Il faut bien dire que, très souvent, on oublie de préciser s'il s'agit de la valeur ajoutée brute ou nette. La plupart du temps, quand on dit simplement "valeur ajoutée", il s'agit de la valeur ajoutée brute.
  • Mesurer la valeur ajoutée de toutes les entreprises résidant sur le territoire national depuis plus d'un an permet, en en faisant la somme, de connaître la valeur de la production de la France, appelée par la Comptabilité Nationale P.I.B. (brut car on fait la somme des valeurs ajoutées brutes). Autrement dit, quand on parle de la "valeur ajoutée de la France", on parle du P.I.B. Il vaut mieux le savoir !
Enjeux 2[0]

Connaître la richesse effectivement créée dans l'entreprise grâce aux facteurs de production (capital et travail) utilisés est très important : pour l'entreprise et sa direction qui peuvent ensuite faire des choix et prendre des décisions pour l'avenir, pour l'ensemble des acteurs dans l'entreprise (en particulier les salariés, mais aussi les actionnaires, par exemple, ou les banquiers) car quand on produit des richesses, on doit ensuite se les répartir : c'est comme quand on fabrique un gâteau, il faut ensuite se le partager.

Il y a donc des enjeux très importants dans le partage de la valeur ajoutée, aussi bien sur le plan économique que sur le plan social. Schématiquement, la valeur ajoutée produite dans l'entreprise est partagée entre trois acteurs principaux :

  • les salariés qui ont fourni le travail nécessaire à  la production,
  • les actionnaires qui ont fourni le capital nécessaire à  la production,
  • l'Etat qui prélève pour financer les dépenses publiques des impôts sur la production.

On comprend facilement que le partage de la valeur ajoutée va donner lieu à  des conflits : chacun veut augmenter sa part au détriment des autres ! Si la part de la valeur ajoutée allant aux salariés augmente, on peut penser que cela va favoriser l'accroissement de la demande, et ainsi stimuler l'offre et donc l'emploi. Cependant pour augmenter l'offre, il faut aussi investir. Si la part de la valeur ajoutée allant aux actionnaires diminue, on peut craindre de plus grandes difficultés pour financer les investissements. Inversement si la part allant aux actionnaires augmente, il sera plus facile d'investir mais à  quoi bon investir si la demande n'augmente pas ? Le "juste milieu" est difficile à  trouver...

Remarquons que nous avons parlé du partage de la valeur ajoutée en termes de personnes (les salariés, les actionnaires ...). On peut en parler aussi en termes de revenus : dans ce cas, on dira que la valeur ajoutée se partage entre les salaires, les bénéfices (mesurés en général par l'E.B.E.) et les impôts. Finalement, ça revient au même !

Tendances 0[0]

Connaître la valeur ajoutée de la France au fil du temps permet bien sûr de mesurer sa croissance économique (voir à  ce propos la notion de PIB).

Mais on peut aussi étudier l'évolution du partage de la valeur ajoutée entre les différents acteurs de l'économie:

Titre : Répartition de la valeur ajoutée brute en France depuis 1980 (en %). Source : INSEE, Tableaux de l'Economie française 2001-2002, p. 109.

  1980 1990 2000
Rémunération des salariés 60.6 56.0 57.0
Revenus mixtes bruts* 12.1 10.6 8.3
E.B.E. 25.0 30.6 31.1
Impôts sur la production** 2.3 2.6 3.6
Valeur ajoutée brute*** 100.0 100.0 100.0
en millions d'€ à  prix courants**** 407.3 943.0 1288.3

Après de longues années au cours desquelles la part des salaires n'avait cessé de croître (jusqu'à  la fin des années 1970 environ), on observe une nette tendance à  la hausse de la part des profits (mesurés par l'E.B.E) dans la valeur ajoutée. Cette hausse s'accompagne évidemment d'une baisse de la part des salaires. Cela ne signifie pas forcément que les salaires ont diminué : en effet, vous pouvez observer qu'entre 1980 et 2000, la valeur ajoutée, en millions d'euros, a beaucoup augmenté. Donc 57% de 1288.3 millions d'euros, c'est bien plus que 60.6% de 407.3. Cependant, pour avoir une idée plus précise de l'évolution du montant des salaires, il faudrait disposer de chiffres en prix constants, c'est-à -dire corrigés de l'inflation.

Indicateurs 0[0]
  • La valeur ajoutée se mesure en valeur, c'est-à -dire en monnaie. Vous trouverez donc son montant en euros, en dollars, en yens, etc.
    De ce fait, un problème immédiat se pose, que nous avons déjà  rencontré à  la rubrique "tendances" : ces montants en euros sont-ils à  prix constants ou à  prix courants ? Si l'on n'a qu'une seule année, il n'y a pas de problème. Mais si l'on a plusieurs années et que l'on veut commenter l'évolution de la valeur ajoutée, il est impératif de se poser la question. Seules des données à  prix constants (ou "en volume" ou "réelle", ces appellations sont synonymes) nous permettent de parler de l'évolution réelle de la valeur ajoutée.
  • La plupart du temps, dans les tableaux synthétiques présentant plusieurs pays, vous ne trouverez pas le montant de la valeur ajoutée de chaque pays mais son évolution, c'est-à -dire son taux de croissance annuel en %, ou son taux de croissance annuel moyen si l'on a des périodes.  Cela peut se comprendre : quel serait l'intérêt de comparer la masse de la valeur ajoutée américaine à  celle de la Belgique ? La différence de taille entre les deux pays est trop grande. En revanche, on peut très bien comparer les taux de croissance de leur valeur ajoutée.
Erreurs Fréquentes 0[0]
  • La première difficulté rencontrée souvent par les élèves est de ne pas savoir que parler de la valeur ajoutée ou parler de la production d'un pays ou d'une entreprise, c'est la même chose. Autrement dit, l'expression "valeur ajoutée" doit être immédiatement synonyme, pour vous, de production de l'entreprise ou du pays. La valeur ajoutée est la façon de mesurer la production effectivement réalisée. Cette difficulté est souvent rencontrée dans les tableaux statistiques : une des lignes s'appelle valeur ajoutée et les élèves ne savent pas quoi en faire car ils ne savent pas à  quoi ça correspond.
  • La deuxième difficulté vient du fait que la plupart du temps, les tableaux parlent de la croissance de la valeur ajoutée et non de la valeur ajoutée elle-même. Il faut donc bien veiller à  la façon d'utiliser les nombres du tableau dans les phrases : si le taux de croissance de la valeur ajoutée passe de 3.5% une année à  2.8% l'année suivante, la valeur ajoutée n'a pas diminué. C'est son taux de croissance qui a diminué. On dira donc que la croissance de la valeur ajoutée s'est ralentie, ou que la valeur ajoutée augmente moins vite.
  • La valeur ajoutée n'est évidemment pas assimilable aux bénéfices de l'entreprise. Si vous faites cette confusion, vous montrez que vous ne savez pas du tout ce qu'est la valeur ajoutée.
  • Ce n'est pas non plus un impôt : il y a effectivement un impôt qui s'appelle "taxe à  la valeur ajoutée", mais il ne faut pas confondre l'împôt et ce sur quoi il est appliqué.
En Savoir Plus 2[0]

La notion de valeur ajoutée est au programme de SES dès la classe de seconde. Vous pouvez donc aller lire ce qu'on en dit sur le site de BRISES seconde et en profiter pour faire les activités d'entraînement... .

Vous trouverez également sur Educnet une page consacrée à  la valeur ajoutée. 

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