Fiche Notion : Union économique et monétaire

Attention cette notion est inscrite comme notion essentielle au Programme de sciences économiques et sociales de la classe de terminale, série ES (arrêté du 30 Juillet 2002), elle peut donc appaître dans les sujets du Baccalauréat!

Lexique 0[0]

Une union économique et monétaire est le résultat d'un processus dont l'objectif est d'harmoniser les politiques économiques et monétaires des Etats membres de l'Union.

Définition. 0[0]

Une union économique et monétaire est le résultat d'un processus dont l'objectif est d'harmoniser les politiques économiques et monétaires des Etats membres d'une Union.

Quand on dit "l"'UEM,  on pense à  l'Union européenne. Cette UEM a pris deux formes. Tout d'abord une politique monétaire commune est adoptée dans la zone euro (15 pays) par l'intermédiaire de la BCE qui a pour objectif de lutter contre l'inflation. Ensuite, une coordination des politiques économiques se met en place, notamment par l'intermédiaire du Pacte de stabilité et de croissance qui limite les déficits et les dettes publiques excessives.

Enjeux. 0[1]

[On parle ici de l'Union économique et monétaire européenne]

Ces enjeux sont très nombreux, de nature technique (mécanismes économiques) et politique. Disons que ceux qui suivent sont particulièrement importants.

  • Du point de vue de la politique budgétaire, l'UEM ne peut bien fonctionner que si la coordination des politiques économiques se fait de manière efficace ce qui nécessite une volonté politique, que ce soit pour appliquer le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) ou pour le modifier et le rendre plus performant

  • L'UEM ne peut bien fonctionner aussi que si les politiques monétaires et budgétaires ne vont pas dans un sens différent, la première, par exemple, ne cherchant que la lutte contre l'inflation et la seconde ayant aussi des objectifs de croissance et de plein emploi. Pourtant, pour l'instant, le cadre de cette coordination n'existe pas vraiment.

  • Concernant la création même d'une monnaie unique, les enjeux sont importants puisque tous les pays de l'Union européenne ne l'ont pas adoptée : est-ce qu'un système de change fixe est vraiment avantageux ? ne pousse-t-il pas à  corriger les déficits commerciaux par des ajustements des salaires ou de la demande ? mais n'est-il pas source de stabilité financière, permettant d'éviter les crises de change que la France et d'autres ont connues et toutes les conséquences en terme de politique restrictive ?

  • Plus largement, si un pays subit un choc économique spécifique, la seule arme qui lui reste est la politique budgétaire ; or, celle-ci est très encadrée par le Pacte de Stabilité et de Croissance. Le pays peut-il alors vraiment réagir ? Ne faut-il pas aussi mettre à  contribution le budget européen lui-même ? L'Union européenne ne peut-elle servir à  cela ?

  • Un autre enjeu actuel concerne les critères du Pacte de Stabilité. Ne sont-ils pas trop étroits ? Un déficit public ne peut-il pas être supérieur à  3 % en cas de fort ralentissement économique afin de relancer l'activité économique selon les principes keynésiens ? Ne faut-il pas enlever aux dépenses publiques celles qui permettront une forte croissance future comme les dépenses de recherche et développement, comme l'investissement public ? Ne peut-on accepter un déficit public important si la dette publique est très faible ? De même, les 2 % d'inflation ne sont-ils pas un objectif trop restrictif qui pèse sur la croissance et l'emploi ?

  • Du point de vue de la politique de change de l'euro vis-à -vis des grandes devises, les compétences ne sont pas vraiment établies. Or, n'est-elle pas un moyen de résoudre certains déséquilibres commerciaux ?

  • Enfin, le dernier enjeu à  mettre en avant concerne le statut international de l'euro. Peut-il devenir un concurrent du dollar du point de vue de son utilisation pour régler les achats et ventes (ce qui peut être intéressant : pensez aux difficultés d'Airbus ; pensez qu'on pourrait régler les importations en créant des euros et supporter un déficit commercial de la zone euro plus grand) ? Peut-il être un concurrent du dollar pour les placements financiers (ce qui peut être intéressant pour financer les investissements sans avoir à  trop épargner) ?

Tendances. 0[0]

  • Le processus concernant l'Union européenne s'est déroulé est trois phases :

    • De 1990 à  1993 : libre circulation des capitaux et coordination des politiques économiques.

    • De 1994 à  1998 : convergence des politiques économiques et monétaires pour arriver à  la stabilité des prix et à  la création en 1998 de la BCE.

    • Depuis 1999 : taux de change fixes, irrévocables et création de l'euro qui circule, sous forme fiduciaire depuis 2002.

  • En 1999, onze Etats ont adopté l'euro ; deux ans après la Grèce les a rejoints puis la Slovénie au 1er janvier 2007 et enfin depuis 1er janvier 2008 Malte et Chypre. Donc aujourd'hui, la monnaie unique concerne 15 pays : la Belgique, l'Allemagne, la Grèce, l'Espagne, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Autriche, la Slovénie le Portugal, la Finlande, Malte et Chypre.

 

Indicateurs 0[0]

Il n'y a pas d'indicateur pour évaluer une union économique et monétaire. Dans l'Union européenne, certains critères ont permis de décider quels seraient les pays autorisés à  entrer dans l'UEM.

  • Pour pouvoir introduire l'euro lors de la troisième phase, les Etats membres devaient respecter les critères suivants (critères de convergence) :

    • Le rapport entre le déficit public et le PIB devait être inférieur à  3%.
    • Le rapport entre la dette publique et le PIB devait inférieur à  60 %.
    • Le taux d'inflation ne devait pas dépasser de plus de 1,5 point le taux d'inflation moyen des trois Etats membres ayant l'inflation la plus basse.
    • Le taux d'intérêt nominal moyen à  long terme ne doit pas être supérieur de plus de 2 points à  la moyenne des taux d'intérêt des pays ayant la plus faible inflation.
    • Les taux de change devaient respecter les marges normales de fluctuation pendant au moins les deux dernières années

  • Ces critères existent toujours pour les pays candidats et le pacte de stabilité et de croissance continue d'utiliser les deux premiers critères sous peine de sanction.

  • Toutefois, il faut savoir que l'interprétation de ces critères est en réalité assez souple : ils ne s'appliquent pas de manière automatique mais après étude du Conseil européen.

  • En ce qui concerne la politique monétaire, l'objectif assigné à  la BCE par les Traités est de lutter contre l'inflation, ce qu'elle semble avoir assimilé à  une inflation inférieure à  2% pour l'ensemble de la zone euro.

 

Erreurs Fréquentes 0[0]

Plus que d'erreurs, le problème vient du manque de maitrise des mécanismes essentiels concernant les politiques budgétaires, monétaires mais aussi la question des taux de change. Il faut comprendre la signification des critères utilisés et les critiques que l'on peut en faire.

En savoir plus. 0[0]

On peut trouver des informations sur le site de l'Union européenne .

Sur le site du CAE , voir les rapports n°38 « La Banque centrale européenne » et n°52 « Réformer le Pacte de stabilité et de croissance ».

On peut aussi consulter l'ouvrage d'Y.Crozet, L. Abdelmalki, D.Dufourt, R.Sandretto, Les grandes questions de l'économie internationale, Nathan, 2003.

Notions associées
Activités associées