1.3.1 - Peut-on poursuivre indéfiniment le processus actuel de croissance ?
- Page mise à jour le : 13-01-2009
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Pour des raisons assez claires, la réponse à cette question est négative, comme nous allons le voir. Alors à quelles conditions la croissance pourrait-elle être soutenable dans l'avenir ? C'est ce que nous verrons ensuite.
- L'épuisement des ressources naturelles.
La croissance actuelle épuise les ressources non renouvelables en matières premières et en énergie et rejette en quantités grandissantes des déchets qu'elle ne sait pas traiter. Ce ne sont pas seulement les écologistes qui le disent. Tous les experts soulignent les dangers que nous faisons courir à notre planète dans un avenir relativement proche en maintenant notre modèle de croissance.
- Les inégalités de richesses sont inacceptables.
La croissance actuelle, parce qu'elle est très inégale et très inégalement répartie, exacerbe les tensions entre les pays. Le risque de conflits majeurs n'est pas à écarter si le fossé qui sépare les pays développés des autres ne tend pas à se résorber, ce qui n'est pas le cas pour le moment, à de rares exceptions près.
- Alors, comment construire une croissance "soutenable" ?
Une croissance est "soutenable" si elle est acceptable par tous à court terme et durable dans le long terme, c'est-à -dire ne mettant pas en danger les conditions de la croissance future. Cette croissance soutenable, c'est aussi ce que de nombreux hommes politiques et le P.N.U.D. appellent le "développement durable" Comment le définir ? Il s'agit d'un développement qui satisfait les besoins de chaque génération, à commencer par ceux des plus démunis, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs " (Rapport Brundtland, Notre avenir à tous, 1987). Il y a donc deux aspects à souligner dans cette définition : d'une part, on y aborde l'aspect répartition des fruits de la croissance puisqu'on affirme la primauté des besoins des plus démunis, d'autre part on insiste sur la prise en compte des besoins des générations futures pour limiter et encadrer notre croissance actuelle. Ce n'est donc pas le plus possible tout de suite que l'on vise mais le plus possible compte tenu de deux exigences : satisfaire les besoins essentiels de tous et protéger les générations futures en leur laissant une planète qui pourra satisfaire leurs besoins essentiels. Le développement durable est donc un compromis entre trois contradictions fondamentales : les intérêts des générations actuelles en face de ceux des générations futures, les intérêts des pays industrialisés et ceux des pays en développement, les besoins des êtres humains et ceux de la préservation des éco-systèmes.
Comment imposer les exigences du développement durable aux pays et aux entreprises (et même aux consommateurs, en particulier dans les pays développés) ? C'est une question éminemment politique. Des conférences internationales se réunissent périodiquement pour essayer de traiter ces questions. Mais leur succès est tout relatif. Le protocole de Kyoto (1997), par exemple, qui a été signé par bon nombre de pays et qui vise à limiter l'émission de gaz à effet de serre est encore à peine mis en vigueur. Pourtant, "pour stabiliser les perturbations apportées à l'atmosphère, il faudrait diviser par 2 ou 3 les émissions mondiales de gaz. Or celles-ci continuent d'augmenter !" (D. Plihon, " Le développement durable : le défi du XXIè siècle ", Ecoflash n°176, mars 2003). Les Etats-Unis, qui polluent beaucoup, ont refusé de l'appliquer en ce qui les concerne. Cela signifie que, pour le moment, il n'y a pas d'autorité mondiale capable d'imposer que soient prises en compte les nécessités du développement durable.