3.3.2 - ... Mais de nouveaux acteurs émergent qui tentent d'imposer des normes environnementales ou sociales aux entreprises transnationales...
- Page mise à jour le : 13-01-2009
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La relative impuissance des Etats à imposer des règles au commerce mondial ou aux entreprises transnationales conduit d'autres acteurs, non gouvernementaux, à tenter de prendre le relais de la régulation. Avec, bien sûr, d'autres méthodes et pas toujours les mêmes objectifs.
- Les ONG : les Organisations non gouvernementales sont des personnes morales, c'est-à -dire des associations, indépendantes juridiquement et financièrement des gouvernements. Elles interviennent au niveau international généralement pour y défendre des causes morales, comme la santé et l'action caritative (Médecins Sans Frontières, par exemple), le développement (Action Contre la Faim), ou encore la protection de la nature (Greenpeace, WWF, Les Amis de la Terre, etc.). Elles peuvent aussi promouvoir une vision politique (Amnesty International ou les mouvements altermondialistes comme ATTAC par exemple). Les ONG vont se comporter en groupes de pression auprès des gouvernements et des entreprises pour faire avancer leur cause, parfois par des actions très médiatiques. Elles peuvent à cette fin informer et mobiliser les citoyens à travers le monde, pour qu'ils fassent pression sur leurs gouvernements ou sur les entreprises, par exemple en boycottant certains produits. Mais elles peuvent aussi être consultées par des gouvernements et des entreprises soucieux de mieux tenir compte de l'environnement international ou d'obtenir une caution morale pour leurs actions.
Quoi qu'il en soit, ces ONG sont, au moins potentiellement, un moyen de faire valoir des normes dans les relations économiques internationales. On peut citer comme exemple l'association Max Havelaar, qui labellise certains produits respectant les règles du " commerce équitable ", c'est-à -dire qui accorde une part plus substantielle du prix du produit aux producteurs de matières premières des pays en développement. Cependant, l'origine privée de ces organisations et le fait qu'elles se donnent des objectifs très spécifiques font douter certains qu'elles puissent réellement toujours défendre l'intérêt général.
- Les syndicats : les syndicats de travailleurs avaient traditionnellement un cadre d'action national, ils négociaient avec le patronat et l'Etat de leur pays pour faire avancer, par des lois ou des accords d'entreprise et de branche, les intérêts des salariés. La mondialisation bouleverse ce schéma : les Etats ne sont plus forcément des interlocuteurs pertinents compte tenu de la limitation de leur capacité d'action, quant aux grandes entreprises, elles sont souvent transnationales et peuvent faire peser sur les salariés, exactement comme face aux Etats, la menace de la délocalisation.
La réaction progressive des syndicats a été de se regrouper au niveau international pour pouvoir coordonner leurs actions et peser plus fortement dans les négociations avec leurs interlocuteurs. C'est dans cette optique qu'ont vu le jour la Confédération Européenne des Syndicats (CES) ou encore la Confédération Syndicale Internationale (CSI). Les difficultés restent encore nombreuses sur la voie de l'internationalisation des syndicats : les traditions et les cultures syndicales varient beaucoup d'un pays à l'autre, ce qui entraîne des désaccords sur les modes d'action et la définition des objectifs prioritaires.