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en Sciences Economiques et Sociales
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La flexibilité du travail est aussi vigoureusement combattue par certains, notamment les syndicats de salariés. Ceux-ci reproche à la flexibilité de plus servir les intérêts des seules entreprises que de favoriser la croissance. Bien plus, la flexibilité, estiment certains économistes, peut aussi avoir des conséquences nuisibles sur la croissance économique. C'est ce que nous appelons les "effets pervers" de la flexibilité et que nous allons présenter maintenant.
La flexibilité peut être utilisée par les entreprises pour contourner le droit du travail et les conventions collectives. Par exemple, les CDD et l'intérim sont aussi utilisés non pas pour adapter la quantité de travail aux besoins, mais pour réduire les protections accordées aux travailleurs : dans ces cas-là , l'entreprise a toujours la possibilité de se débarrasser du salarié quand son contrat arrive à terme. On imagine aisément la pression que cela permet d'exercer sur le salarié. Récemment, une grande entreprise automobile française a été condamnée par la justice pour avoir recours au CDD de façon permanente : ce n'était donc pas un moyen de s'adapter à la demande, mais bien un mode de gestion de la main d'oeuvre .
La flexibilité peut aussi avoir des effets négatifs sur la productivité des travailleurs dans l'entreprise. Quand le travail devient précaire, quand les salariés sentent que l'entreprise peut se débarrasser d'eux à tout moment, ils ne sont pas incités à s'investir dans leur travail et leur efficacité peut baisser. De même, si la flexibilité permet d'augmenter la productivité des travailleurs, cette intensification du travail a aussi des limites : l'accumulation de fatigue et de stress peut conduire à des arrêts maladie ou des accidents du travail. Enfin, quand les salariés ne restent pas dans l'entreprise, il n'ont pas le temps de développer et d'acquérir des savoir faire . C'est donc la performance globale des travailleurs qui peut s'en ressentir.
La précarisation du travail peut avoir des effets néfastes sur la croissance économique . La flexibilité du travail, quand elle se traduit par une précarité pour les travailleurs, peut affecter leur propension à consommer et à investir. En effet, sans travail stable, on est incité à épargner pour le cas où l'on perdrait son emploi. De même, sans emploi à durée indéterminée, il est très difficile d'obtenir un prêt auprès d'une banque pour acheter un logement ou faire construire une maison. En pesant sur la consommation et l'investissement des ménages, la flexibilité peut donc ralentir la croissance économique.
On le voit, la flexibilité du travail présente aussi des inconvénients majeurs, qui peuvent même annuler ses effets positifs. Le problème est donc de réguler l'usage de la flexibilité par les entreprises pour en limiter les effets pervers.
Au total, la flexibilité du travail est-elle une bonne ou une mauvaise chose pour l'économie ? On voit bien qu'il n'est pas possible de répondre de façon simple à une telle question. La flexibilité est avantageuse pour certains et coûteuse pour d'autres. Elle est sans doute nécessaire au bon fonctionnement d'une économie, mais il faut trouver des compensations et des modalités d'application qui la rendent acceptable aux yeux des salariés.