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en Sciences Economiques et Sociales
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A travers l'exemple du mouvement des opposants à la mondialisation, on peut voir comment NMS et conflits sociaux traditionnels se mélangent et se confondent.
Définition de l'altermondialisme. On retient aujourd'hui de plus en plus l'appellation “altermondialiste” (et non pas antimondialiste comme au début du mouvement à la fin des années 90) pour signifier que le mouvement ne s'oppose pas à la mondialisation en général, mais à la mondialisation telle qu'elle existe aujourd'hui – cette formulation revendique donc une autre mondialisation. Ce mouvement est présent dans la plupart des pays du monde. Son objet est clair : il s'oppose de manière explicite à la mondialisation telle qu'elle se développe aujourd'hui par l'action des firmes transnationales et celle des organisations mondiales comme le F.M.I. ou la Banque mondiale.
Quels sont les groupes sociaux en action ? Le mouvement altermondialiste est structuré généralement autour d'associations qui ne prétendent pas représenter un groupe social particulier (on peut penser par exemple à l'association ATTAC, qui est emblématique de la lutte anti-mondialisation en France actuellement). On semble donc loin des conflits sociaux tels qu'on les a décrits plus haut. Cependant, les choses ne sont pas si tranchées. En effet, on retrouve dans la mouvance altermondialiste les acteurs traditionnels des conflits sociaux. Ainsi, les syndicats sont souvent directement partie prenante des associations altermondialiste, et en tout cas, les adhérents de ces associations sont souvent des adhérents de syndicats ou de partis politiques “traditionnels”. La collusion entre des associations comme ATTAC et la Confédération paysanne de J.Bové est une bonne illustration de ce “recyclage” des acteurs sociaux dans les NMS.
Au nom de quelles valeurs ? Manifestement, au nom de valeurs universalistes, comme la protection de la dignité des personnes (par exemple, dans la lutte contre le travail des enfants), protection de l'environnement pour les générations futures (dans la lutte contre la déforestation sauvage au Brésil, par exemple) ou lutte contre les inégalités générées par les stratégies de développement adoptées par les firmes transnationales. On voit ici très clairement qu'un mouvement social peut chercher à s'opposer à un changement social. Nous en reparlerons un peu plus loin. Mais observons également que le mouvement altermondialiste réunit des revendications extrêmement diverses dont certaines relèvent souvent de la défense d'intérêt de groupes sociaux très “classiques” (par exemple, l'opposition d'agriculteurs aux importations en provenance des pays pauvres). Le point commun est la dénonciation du pouvoir jugé exorbitant des firmes transnationales : celles-ci, grâce à leur pouvoir économique, imposent des décisions qui devraient relever, aux dires des altermondialistes, du domaine politique et du débat démocratique.
Par quelles méthodes d'action ? Celles-ci sont aussi variées que les revendications. Elles visent toujours à rendre les actions visibles, en particulier au niveau des médias, de manière à informer le plus de monde possible.Notons qu'Internet joue un rôle de plus en plus important dans le domaine de la popularisation de ces luttes (diffusion de l'information sur de très nombreux sites, mais aussi actions collectives via le net : signature de pétitions, blocage des sites officiels, etc.). On voit en tout cas ici clairement l'influence des NMS dans le renouvellement et la diversification des formes de revendications.
Ce mouvement altermondialiste a-t-il créé du changement social ? La réponse est évidemment positive : par exemple, les firmes transnationales ont dû prendre en compte les critiques sur le travail des enfants (certaines ont même réussi à en faire un argument de vente dans leur publicité) et pour les enfants en question et leurs familles, cela change évidemment quelque chose. Le mouvement altermondialiste a également créé des solidarités transnationales, si l'on peut dire, et c'est aussi très nouveau, les mouvements sociaux traditionnels se limitant pratiquement toujours au cadre national.