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Banque de Ressources Interactives
en Sciences Economiques et Sociales
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Pour expliquer pourquoi un conflit social éclate ou pas, on peut d'abord se demander ce que les individus ont à y gagner. On pourrait de prime abord penser qu'ils ont forcément intérêt à participer au conflit puisqu'ils pourront de cette façon défendre ou améliorer leur situation. Mais l'analyse se complique dès lors qu'on intègre les coûts que représente un conflit social pour les individus : par exemple, les journées de salaires perdues lors d'une grève, le fait que l'employeur donnera sans doute moins de promotion à un salarié peu accommodant, etc. Cela permet de comprendre les aléas de la mobilisation sociale :
Les individus se comportent en “ passagers clandestins ” et renoncent au conflit social. Si les gains tirés d'un conflit (par exemple, une hausse des salaires) profitent à tous (y compris à ceux qui n'ont pas participé au conflit), les coûts de l'action ne reposent que sur ceux qui l'auront entreprise (les grévistes, par exemple). Dès lors, il est rationnel pour un individu de ne pas participer au conflit, même s'il a intérêt à ce que celui-ci réussisse. En effet, s'il s'abstient d'y participer, il évite le coût lié au conflit mais en retire les bénéfices quand les autres auront fait aboutir la revendication. Mais comme tout le monde fait le même calcul, personne ne s'engagera dans le conflit parce que chacun espérera profiter de l'action des autres. Dans ce cas, il y a bien peu de chances qu'un conflit social éclate.
Mais alors, pourquoi y a-t-il quand même des conflits ? Pour rester dans la même grille d'analyse, si des individus participent à un conflit, c'est qu'ils tirent un avantage direct de cette participation, indépendamment du résultat du conflit. Il peut s'agir bien sûr d'avantages symboliques (notoriété, reconnaissance des autres, amélioration de l'estime de soi, nouvelles solidarités, etc…). Ainsi, par exemple, les mouvements qui se rattachent à la mouvance altermondialiste tissent-ils très souvent des réseaux d'échanges personnels (produits bio, échanges de services, formations réciproques, etc…), intéressants à la fois sur le plan matériel et sur le plan des relations sociales.