D'où vient la croissance économique, c'est-à -dire comment expliquer l'augmentation des quantités produites ? Il faut remonter bien sûr aux facteurs de production, capital et travail, et surtout à l'efficacité de leur combinaison repérée par la productivité. Ensuite, nous essaierons d'évaluer la proportion dans laquelle chacun des facteurs intervient.
Le travail est apporté par les hommes (et les femmes !) : il s'agit de l'activité qu'ils mettent au service de la production de biens et services. La quantité de travail effectivement utilisée est mesurée par la population active occupée. Si celle-ci augmente dans un pays, il est logique que la production augmente, toutes choses égales par ailleurs. Il y aura donc croissance économique.
Remarquons que, dans les sociétés modernes, seul le travail rémunéré est pris en compte : l'activité des bénévoles, même s'ils passent de nombreuses heures, par exemple à animer un club de loisirs ou de sport, n'est pas considérée comme du travail, tout comme le ménage fait par une mère de famille (alors que cela serait du travail si cette femme faisait le ménage dans une école, par exemple, ou dans une autre famille en étant payée et déclarée).
Si le travail est toujours nécessaire pour produire, il est toutefois possible d'accroître la production sans augmenter la quantité de travail utilisée, à condition d'améliorer l'efficacité du travail, ce que l'on appelle plus souvent la productivité du travail. Dans les paragraphes suivants, nous allons présenter les trois éléments qui apparaissent comme essentiels pour expliquer l'augmentation de la productivité du travail. On les sépare pour les présenter, mais il faut bien souligner qu'ils s'accompagnent mutuellement les uns les autres.
Répartir le travail entre les travailleurs et les spécialiser permet d'augmenter la productivité. Avant de montrer comment, on rappellera en quoi consiste cette division technique du travail.
Au total donc, la division technique du travail augmente la productivité et permet de produire de beaucoup plus grandes quantités dans le même temps. Pour être mise en Å“uvre, elle suppose des transformations dans l'organisation du travail. Nous verrons plus précisément dans le chapitre suivant comment ces transformations génèrent une hausse de la productivité du travail et donc la croissance des quantités produites.
Titre : Taux de croissance annuel moyen (TCAM) du PIB et décomposition de ce taux selon les facteurs de production à l'origine de la croissance.
| Etats-Unis | Japon | France | ||||
| 1960-1973 | 1973-1990 | 1960-1973 | 1973-1990 | 1960-1973 | 1973-1990 | |
| TCAM du P.I.B. (en %) | 3.8 | 2.5 | 9.5 | 4.0 | 5.9 | 2.4 |
| Facteur travail | 1.0 | 1.0 | 0.4 | 0.3 | 0.3 | - 0.4 |
| Facteur capital | 1.1 | 1.1 | 3.5 | 2.0 | 1.6 | 1.1 |
| Résidu | 1.7 | 0.4 | 5.6 | 1.7 | 4.0 | 1.7 |
Source : à partir de V. Coudert, " Croissance et démographie dans les pays industrialisés ", Economie prospective internationale, n°52, 4ème trimestre 1992, La Documentation Française.
On voit évidemment sur la première ligne de ce tableau la croissance très rapide qu'ont connue les pays développés entre 1960 et 1973 et le ralentissement qui a suivi cette période (observez cependant que les taux de croissance annuels moyens du P.I.B. restent nettement positifs entre 1973 et 1990). Mais ce n'est pas vraiment la question qui nous intéresse ici. Comment cette croissance a-t-elle été obtenue, quelles ont été ses sources ?
En conclusion, on peut dire que l'amélioration de l'efficacité des facteurs de production est essentielle pour expliquer la croissance. Cependant, d'autres éléments jouent un rôle non négligeable, en particulier le comportement des différents agents économiques, en particulier les entreprises et l'Etat.