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  • n°65 : Division du travail et intégration sociale.
    Division du travail et intégration sociale.

    L'accroissement de la division du travail est donc dû à  ce fait que les segments sociaux perdent de leur individualité, que les cloisons qui les séparent deviennent plus perméables, en un mot qu'il s'effectue entre eux une coalescence qui rend la matière sociale libre pour entrer dans des combinaisons nouvelles.

    Mais la disparition de ce type ne peut avoir cette conséquence que pour une seule raison. C'est qu'il en résulte un rapprochement entre des individus qui étaient séparés ou, tout au moins, un rapprochement plus intime qu'il n'était : par suite, des mouvements s'échangent entre des parties de la masse sociale qui, jusque-là , ne s'affectaient mutuellement pas. Plus le système alvéolaire s'est développé, plus les relations dans lesquelles chacun de nous est engagé se renferment dans les limites de l'alvéole à  laquelle nous appartenons. Il y a comme des vides moraux entre les divers segments. Au contraire, ces vides se comblent à  mesure que ce système se nivelle. La vie sociale, au lieu de se concentrer en une multitude de petits foyers distincts et semblables, se généralise. Les rapports sociaux - on dirait plus exactement intra-sociaux - deviennent par conséquent plus nombreux, puisque de tous côtés ils s'étendent au-delà  de leurs limites primitives. La division du travail progresse donc d'autant plus qu'il y a plus d'individus qui sont suffisamment en contact pour pouvoir agir et réagir les uns sur les autres. Si nous convenons d'appeler densité dynamique ou morale ce rapprochement et le commerce actif qui en résulte, nous pourrons dire que le progrès de la division du travail sont en raison directe de la densité morale ou dynamique de la société.

    Mais ce rapprochement moral ne peut produire son effet que si la distance réelle entre les individus a elle-même diminué, de quelque manière que ce soit. La densité morale ne peut donc s'accroître sans que la densité matérielle s'accroisse en même temps, et celle-ci peut servir à  mesurer celle-là . (…)

    La condensation progressive des sociétés au cours du développement historique se produit de trois manières principales.

    1° Tandis que les sociétés inférieures se répandent sur des aires immenses relativement au nombre des individus qui les composent, chez les peuples plus avancés, la population va toujours en se concentrant. (…)

    2° La formation des villes et leur développement est un autre symptôme, plus caractéristique encore, du même phénomène. L'accroissement de la densité moyenne peut être uniquement dû à  l'augmentation matérielle de la natalité et, par conséquent, peut se concilier avec une concentration très faible, un maintien très marqué du type segmentaire. Mais les villes résultent toujours du besoin qui pousse les individus à  se tenir d'une manière constante en contact aussi intime que possible les uns avec les autres ; elles sont comme autant de points où la masse sociale se contracte plus fortement qu'ailleurs. Elles ne peuvent donc se multiplier et s'étendre que si la densité morale s'élève. Nous verrons du reste qu'elles se recrutent par voie d'immigration, ce qui n'est possible que dans la mesure où la fusion des segments sociaux est avancée. (…)

    3° Enfin, il y a le nombre et la rapidité des voies de communication et de transmission. En supprimant ou en diminuant les vides qui séparent les segments sociaux, elles accroissent la densité de la société. D'autre part, il n'est pas nécessaire de démontrer qu'elles sont d'autant plus nombreuses et plus perfectionnées que les sociétés sont d'un type plus élevé. (…)

    Si le travail se divise davantage à  mesure que les sociétés deviennent plus volumineuses et plus denses, ce n'est pas parce que les circonstances extérieures y sont plus variées, c'est que la lutte pour la vie y est plus ardente.

    La division du travail social., E. Durkheim, PUF, 01/11/1991

Activite n°379 : La division du travail et l'intégration sociale d'après Durkheim. - Etape : page 1

A partir du cours et des passages soulignés dans le texte, complétez la synthèse.

La                permet le                entre des individus qui étaient séparés autrefois dans des                cloisonnés comme des clans, des groupes domestiques, des villages. Ce rapprochement entraîne une augmentation du nombre des                , de la                de la société. Concrètement, cela s'est réalisé par la                qui, en                la population facilite les échanges sociaux, cela grâce à l'amélioration des                et de transmission. L'accroissement de la                crée une interdépendance entre individus faite de droits et de devoirs qui les lient entre eux. Si le développement de la                est lié à la                entre individus, les effets de cette division ne sont pas essentiellement économiques mais                en établissant une solidarité.
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Correction
La division du travail      permet le rapprochement      entre des individus qui étaient séparés autrefois dans des segments sociaux      cloisonnés comme des clans, des groupes domestiques, des villages. Ce rapprochement entraîne une augmentation du nombre des rapports sociaux      , de la densité morale      de la société. Concrètement, cela s'est réalisé par la formation des villes      qui, en concentrant      la population facilite les échanges sociaux, cela grâce à l'amélioration des voies de communication      et de transmission. L'accroissement de la densité morale      crée une interdépendance entre individus faite de droits et de devoirs qui les lient entre eux. Si le développement de la division du travail      est lié à la lutte pour la vie      entre individus, les effets de cette division ne sont pas essentiellement économiques mais moraux      en établissant une solidarité.
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