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BRISES : Banque de Ressources Interactives en Sciences Economiques et Sociales - Site gratuit, réalisé par des enseignants de l'éducation nationale - CRDP Académie de Lyon.
Appelons biens collectifs les biens qui, une fois créés, sont librement accessibles à tous. (…) Il suit de la définition que le groupe qui aura accès à ce bien collectif a évidemment intérêt à ce qu'il soit produit, et de même chaque membre de ce groupe. Mais si cette production comporte un coût (un effort, une gêne, un désavantage, un coût monétaire), chaque individu a-t-il intérêt à apporter sa contribution ? rationnellement non, et c'est là que gît le paradoxe. L'action collective (si l'on nomme ainsi toute action d'un groupe pour produire un bien collectif) ne se réalisera donc pas ou se réalisera de manière sous-optimale. Bien que le groupe ait intérêt à ce que le bien soit produit, si chacun agit conformément à ses intérêts, il ne sera pas produit. Bien qu'avantageuse et reconnue comme telle, l'action collective n'aura pas lieu. Ou encore : il ne suffit pas que des individus aient un intérêt commun pour qu'ils agissent ensemble pour l'atteindre.
Toute lutte ou concurrence qui se déroule de façon typique ou en masse conduit malgré tout à la longue, en dépit des accidents ou fatalités prépondérantes, si nombreux soient-ils, à une « sélection » de ceux qui possèdent à un degré plus élevé le qualités personnelles qui sont en moyenne importantes pour assurer le triomphe au cours de la lutte. Quant à ces qualités, ce sont les conditions de la lutte et de la concurrence qui en décident : il faudra posséder une plus grande force physique ou une ruse dépourvue de scrupules, de plus grandes capacités intellectuelles, ou de meilleurs poumons, ou une meilleure technique démagogique, être plus obséquieux envers ses supérieurs ou savoir mieux flatter les masses, être plus original dans l'organisation ou plus apte à s'adapter socialement, posséder des qualités extraordinaires ou d'autres qui ne dépassent pas le niveau moyen de la masse.(…)
La sélection est « éternelle », parce qu'on ne peut imaginer aucun moyen susceptible de la supprimer totalement. Un ordre pacifiste respecté le plus rigoureusement possible ne saurait jamais réglementer les moyens, les objets et les directions de la lutte, en ce sens qu'elle élimine certains d'entre eux. Cela signifie que d'autres moyen de lutte permettent de triompher au cours de la concurrence (ouverte) pour les chances de vie ou de survie ou - au cas où l'on écarterait en pensée aussi ces moyens (ce qui n'est possible que théoriquement et utopiquement) - de la sélection (latente) et qu'ils favorisent ceux qui en disposent, que ce soit par hérédité ou par éducation.
(…) si l'institution des classes ou des castes donne parfois naissance à des tiraillements douloureux, au lieu de produire de la solidarité, c'est que la distribution des fonctions sociales sur laquelle elle repose ne répond pas, ou plutôt ne répond plus à la distribution des talents naturels. (…)
Quand les plébéiens se mirent à disputer aux patriciens l'honneur des fonctions religieuses et administratives, ce n'était pas seulement pour imiter ces derniers, mais c'est qu'ils étaient devenus plus intelligents, plus riches, plus nombreux et que leurs goûts et leurs ambitions s'étaient modifiés en conséquence. Par suite de ces transformations, l'accord se trouve rompu dans toute une région de la société entre les aptitudes des individus et le genre d'activité qui leur est assigné ; la contrainte seule, plus ou moins violente et plus ou moins directe, les lie à leurs fonctions ; par conséquent, il n'y a de possible qu'une solidarité imparfaite et troublée.
L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de luttes des classes.
Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot : oppresseurs et opprimés, se sont trouvés en constante opposition ; ils ont mené une lutte sans répit, tantôt cachée, tantôt ouverte, une guerre qui chaque fois finissait soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la ruine commune des classes en lutte.
(…) notre époque se distingue par un trait particulier : elle a simplifié les antagonismes de classe. De plus en plus, la société se divise en deux grands camps ennemis, en deux grandes classes qui s'affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat.
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