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  • n°52 : Le conflit de 1995 : première interprétation.
    Le conflit de 1995 : première interprétation.

     Le 15 novembre [1995], le Premier ministre Juppé présente son plan de modernisation de la protection sociale qui prévoit entre autres, l'allongement de 37,5 ans à  40 ans de la durée de cotisation des fonctionnaires afin de les aligner sur le régime général. Ce projet engendre rapidement une vive réaction des employés du secteur public, en particulier des cheminots. Le 10 décembre, devant l'ampleur de la contestation, la réforme des régimes spéciaux est abandonnée. La conjonction des réformes des régimes de retraites des cheminots et de l'élaboration d'un nouveau contrat de plan entre la SNCF et l'Etat qui faisait craindre des licenciements, ajoutée au plan de réforme de la Sécurité sociale, va provoquer une gigantesque mobilisation autour des employés de la SNCF. Les défilés des mois de novembre et décembre montrent par leur ampleur une mobilisation quasi générale dans certaines villes et régions, notamment dans le Sud-Ouest et le Midi dans lesquelles l'emploi est très dépendant des services publics et des aides de l'Etat et dans lesquelles existe aussi une tradition de mobilité sociale qui passe par l'investissement personnel dans les études et l'entrée dans la fonction publique. Le mouvement de décembre 1995 n'a pas entraîné de mobilisation générale dans le monde ouvrier ou dans les populations des catégories sociales les plus faibles qui sont restées largement à  l'écart, même si les sondages ont révélé que l'opinion a fortement sympathisé avec les grévistes : le mouvement a pris la signification d'un vaste refus face à  des changements se traduisant par l'affaiblissement du rôle de l'Etat et alimentant la crainte de la désintégration sociale.

    Le statut et l'identité. Les conflits sociaux et la protestation collective., B. Hérault et D. Lapeyronnie, Armand Colin, 01/01/1998
  • n°53 : Le conflit de 1995: deuxième interprétation.
    Le conflit de 1995: deuxième interprétation.

    Face à  l'offensive déclenchée par le gouvernement, nous estimons qu'il est de notre responsabilité d'affirmer publiquement notre pleine solidarité avec celles et ceux qui, depuis plusieurs semaines, sont entrés en lutte ou s'apprêtent à  le faire. Nous nous reconnaissons pleinement dans ce mouvement qui n'a rien d'une défense des intérêts particuliers et moins encore des privilèges mais qui est, en fait, une défense des acquis les plus universels de la République. En se battant pour leurs droits sociaux, les grévistes se battent pour l'égalité des droits de toutes et de tous : femmes et hommes, jeunes et vieux, chômeurs et salariés, travailleurs à  statut, salariés du public et salariés du privé, immigrés et Français. C'est le service public, garant d'une égalité et d'une solidarité aujourd'hui malmenées par la quête de la rentabilité à  court terme que les salariés défendent en posant le problème de la Sécurité sociale et des retraites. C'est l'école publique ouverte à  tous, à  tous les niveaux et garante de solidarité et d'une réelle égalité des droits au savoir et à  l'emploi que défendent les étudiants en réclamant des postes et des crédits. C'est l'égalité politique et sociale des femmes que défendent celles et ceux qui descendent dans la rue contre les atteintes aux droits des femmes. Tous posent également la question de l'Europe : doit-elle être l'Europe libérale que l'on nous impose ou l'Europe citoyenne, sociale et économique que nous voulons ? Le mouvement actuel n'est une crise que pour la politique gouvernementale. Pour la masse des citoyens, il ouvre la possibilité d'un départ vers plus de démocratie, plus d'égalité, plus de solidarité et vers une application effective du Préambule de la Constitution de 1946 repris par celle de 1958. Nous appelons tous nos concitoyens à  s'associer à  ce mouvement et à  la réflexion radicale sur l'avenir de notre société qu'il engage ; nous les appelons à  soutenir les grévistes matériellement et financièrement.

    Le statut et l'identité. Les conflits sociaux et la protestation collective., B. Hérault et D. Lapeyronnie, Armand Colin, 01/01/1998, Le mouvement de décembre 1995, appel de soutien aux grévistes, le 4 décembre 1995., Collectif, Le Monde, 05/12/1995

Activite n°335 : La nature du conflit de 1995 en France. - Etape : page 1

D'après les auteurs de chaque texte, le conflit de 1995 est-il plutôt conservateur ou vise-t-il à imposer un changement ?

  1. Dans le texte 1, le conflit de 1995 est présenté comme plutôt conservateur.               

  2. Dans le texte 2, le conflit de 1995 est présenté comme plutôt conservateur.               

  3. Dans le texte 1, le conflit de 1995 est présenté comme imposant un réel changement.               

  4. Dans le texte 2, le conflit de 1995 est présenté comme imposant un réel changement.               

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  1. Dans le texte 1, le conflit de 1995 est présenté comme plutôt conservateur.

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  2. Dans le texte 2, le conflit de 1995 est présenté comme plutôt conservateur.

    vrai faux     
  3. Dans le texte 1, le conflit de 1995 est présenté comme imposant un réel changement.

    vrai faux     
  4. Dans le texte 2, le conflit de 1995 est présenté comme imposant un réel changement.

    vrai faux     
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